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RÉTRÉCISSEMENT ET OBSTRUCTION DES POINTS LACRYMAUX

A. Rétrécissement. — Le point lacrymal n'a pas le même calibre chez tous les individus. Tantôt il est large et béant; son anneau cartilagineux est bien rigide, de sorte qu'on peut voir h travers cette ouverture l'intérieur du canalicule lacrymal. Dans d'autres cas, ces orifices sont tellement petits et affaissés, qu'on ne les retrouve qu'avec la plus grande peine.

Chez beaucoup de personnes dont les yeux sont tout à fait sains, on trouve pourtant, en les examinant avec soin, que, bien que leurs points lacrymaux soient excessivement fins, leurs yeux ne sont point larmoyants. Il y a évidemment une sécrétion minime des larmes qui sont aspirées par ces petits orifices. Au contraire, chez d'auires individus dont les yeux sont toujours humides et larmoyants, on rencontre souvent des orifices lacrymaux très-larges. Dans ce cas, le larmoiement est dû >ans nul doute à une altération située dans d'autres parties des voies lacrymales, et non au relâchement et à l'atonie des points lacrymaux, comme on l'a prétendu.

Les points lacrymaux, en se rétrécissant et se rétractant, peuvent amener un resserrement tellement considérable que la plus petite sonde d'Anel ne peut y entrer. Alors il suffit que les yeux soient un peu plus sensibles que de coutume à l'action delà lumière, qu'ils soient irrités par le rhume de cerveau, etc., pour que

MALADIES DES VOIES LACRYMALES, les larmes deviennent abondâmes. Ne pouvant tomes passer par des ouveriu.es aussi pentes, elles stationnent entre les paupières, irritent les conjoactives, et amènent une conjonctivite et un larmoiement.

D'ordinaire ces conjonctivites sont de longue durée ; elles sont chroniques et persistent des mois et des années. Il importe de savoir que, le plus souvent, ces malades ne viennent pas consulter pour un larmoiement, mais pour la conjonctivite dont ils sont affectés (voy. Conjonctivite lacrymale).

Symptomatoiogie. — Les sjgnes fonctionnels et physiologiques sont le plus souvent ceux qui attirent les premiers l'attention des chirurgiens, comme j'ai eu 1 occasion de le démontrer le premier (4). Le malade se plaint d'une photophobie, souvent excessivement vive, surtout le soir, à la lumière du gaz. Cette sensibilité pour la lumière devient tellement prononcée, que les malades sont forcés de se priver d'aller au spectacle, au café, aux soirées, etc.

Ainsi, en 1868, le docteur Chaillou a eu l'obligeance de m'adresser un malade qui était sujet à une photophobie tellement rebelle et prononcée, qu'il était forcé de renoncera toute occupation. Il alla inutilement consulter tous les ophtalmologistes de Paris et d'Allemagne : on lui proposa d'enlever des lilhiasis des conjonctives; le malade s'y refusa, et vint me consulter. J'ai constaté le rétrécissement des points lacrymaux. J'ai fait des injections dans les points lacrymaux, et je l'ai guéri de sa photophobie.

Souvent les yeux sont chassieux le matin, et de temps en temps il y a de la cuisson et de la sensation de brûlure dans l'angle externe des yeux.

A la suite de cette affection, la vue se trouble quand le malade est au travail ; les petits objets, fins, les lettres, se doublent; souvent les malades aperçoivent des mouches devant les yeux. Tous ces symptômes de trouble de la vue peuvent faire penser à une affection plus grave, et l'on a même l'habitude de les rapporter aux congestions de la réline. Nous donnerons à ce sujet d'autres détails lorsque nous parlerons de la fatigue des yeux (asthénopie).

ÉUoiogic. — Cette affection se rencontre bien plus souvent chez les personnes nerveuses, lymphatiques, faibles, de même qu'on la trouve chez les femmes plus souvent que chez les hommes.

Les personnes nerveuses, en effet, lymphatiques ou anémiques, sont impressionnables pour la lumière du soleil et les lumières artificielles ; elles clignent et contractent constamment leurs paupières. Ces contractions font rétracter les muscles lacrymaux et les tissus voisins du point lacrymal, qui à son tour se rétrécit de plus en plus et amène les désordres dont nous nous occupons.

L'existancc d'une prédisposition héréditaire au rétrécissement des points lacrymaux est. incontestable, j'ai pu la constater chez plusieurs membres de la même famille. Les conjonctivites chroniques, granuleuses ou autres, les érysipèles des paupières, Pectropion, etc., amènent souvent ces mêmes altérations.

Traitement. — Le rétrécissement des points lacrymaux est dû à la rétraction du petit anneau cartilagineux ; la muqueuse des voies lacrymales se gonfle et les parois du canal s'appliquent l'une contre l'autre. Le passage des larmes devient alors absolument impossible.

(1) Galezowski, Essai sur la conjonctivite lacrymale cl son influence sur la rue (lia:, des hâpit., 1868, p. 430).

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