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RÉTRÉCISSEMENT ET OBLITÉRATION DES CANALICULES LACRYMAUX

risque de déchirer le canalicule, et de pénétrer ensuite avec la sonde dans le tissu cellulaire qui entoure le sac.

Étlologfe. — Ces rétrécissements sont évidemment produits par des contractures musculaires chez des personnes nerveuses, faibles, chélives et anémiques, dont Les yeux sont sensibles à la lumjèrc. Les yeux, ne pouvant pas supporter facilement la lumière, cherchent à s'en garantir par les contractions et le rapprochement des paupières. Quelquefois celle oblitération ou rétraction survient d'une manière assez soudaine par la seule action de l'atropine. L'année dernière, j'ai donné mes soins à deux malades, chez lesquelles l'instillation d'une seule goutte d'atropine dans l'çeil produisait une obstruction subite de cette ouverture, suivie d'un larmoiement et même d'une inflammation de la muqueuse du sac.

Macnamara (1) décrit aussi des rétrécissements spasmodiques, qui, selon lui, affectent le caractère intermittent.

Les inflammations chroniques de la muqueuse oculaire prédisposent aussi à ces rétrécissements.

La cause héréditaire doit être aussi signalée; elle tient très-probablement à une conformation particulière de cet orifice.

Pronostic. — Le traitement de ces rétrécissements est très-difficile et souvent hérissé d'obstacles. Pourtant la guérison est la règle générale; mais on éprouve des insuccès, dus en grande partie à une sensibilité excessive de ces canaux, qui ne peuvent supporter l'introduction des sondes.

Traitement. — Le meilleur procédé est celui qui consiste à inciser le canal lacrymal jusqu'à une petite distance du sac, et à franchir ensuite l'obstacle, d'abord avec un petit stylet cannelé, puis à dilater progressivement avec des sondes graduées, dont on trouvera plus bas la description.

Quelquefois le cathétérisme par le point inférieur est difficile ou presque impossible. Alors on cherche à passer dans le sac par le point lacrymal supérieur, dont le trajet est plus direct; puis on revient au canal inférieur, par lequel on introduit une autre sonde fine qui se rencontre dans le sac avec la précédente.

Bovvman employait différents instruments dilatateurs qui sont reproduits par AVarlomont et Testelin (2). Nous nous sommes servi aussi de notre dilatateur, que nous glissions jusque dans le sac; mais aujourd'hui nous avons renoncé à ces différents instruments, qui ne nous ont procuré que de rares succès.

Si le rétrécissement ne cède pas à l'action des sondes, on peut faire une scari-

Fig. 57. — Lacrymotome caché de Galezovvski (*). fication interne à l'aide de mon lacrymotome caché (fig. 57). Dans quelques cas rebelles, j'ai obtenu de bons résultats avec cet instrument.

(1) Macnamara, .1 Manual of ike Diseuses of the Eye. London, 1808, p. 120.

(2) Mackenzie, Traité '/es maladies des yeux, t. III, supplément de Warlomont et Testelin, p. 112 et 113. * ' 1

{*) <■, l'édalc servant à faire sortir la lame ; D, lome saillante ; E, lame eacliée.

Le lacrymotome caché est un instrument très-lin; ses dimensions ne dépassent pas celles de la sonde n° 3 de Bowman. On le glisse le long du canal lacrymal incisé jusque dans le sac, puis le manche est remonté en liant, et, après avoir enfoncé l'instrument d'un demi-centimètre, on fait saillir la lame cachée en pressant sur la pédale; en retirant le lacrymotome, on incise l'ouverture du sac. Une somle ordinaire est introduite et laissée pendant une demi-heure. Tous les deux jours on renouvelle son introduclion pour empêcher la coarciaiion de se reproduire.

B. OBLITÉRATION DU CONDUIT LACIIYMAL DANS SON TU A JET. — Le canal

lacrymal inférieur ou supérieur, quelquefois tous les deux en même temps, peuvent être complètement oblitérés. L'injection exploratrice revient alors par le même point lacrymal. Quelquefois cette pratique est très-douloureuse; j'ai vu une fois l'injection d'eau revenir mêlée à du sang. Les causes de ces oblitérations sont*:

1° Les granulations conjonclivales qui se développent dans ces canaux; j'ai pu les constater assez souvent.

2° Les inflammations et les gonflements érysipélateux des paupières et du bord libre.

o° Des polypes des conduits, observés et décrits par Desmarres et .Toberl.

k° Des concrétions calcaires, des kystes sébacés, observés par Desmarres (1), Critchell, Bowman et Wallon (2).

5° Des corps étrangers, tels que les cils, qui sont quelquefois entraînés avec les larmes.

Traitement. — Il est indispensable de fendre dans toute sa longueur le canal lacrymal oblitéré. A cet effet, on se sert d'une petite sonde cannelée, qu'on essaye d'introduire avec une certaine force jusque clans le sac. Si je n'y réussis pas, je fends la partie du canal qui se trouve au devant de l'obstacle, puis je cherche à enlever le corps étranger et à rétablir le canal.

Bowman se sert pour cela d'une petite lancette à canule, qu'on fait saillir au moyen d'un ressort du côté du rétrécissement.

Bibliographie. — Desmarres, Ann. d'oculisf., t. VII, VIII et IX. — Jobcrt, Gnzetlc des hùp., 1845. — Aramon, Atlas, pl. IX, 2e" partie, fig. 3, 4 et 5.— Graefe, Archîv f. OphiKaltrik, Bd. I, S. 284, elBd. II, Abth. 1, S. 224. — Weber, Archiv f. Ophthalm,, Hd. VIII, Abtii. 1 , S. 352. — Walton, Traitement de la déviation des conduits lacrymaux [Med. Times and Gazette, 16 oct. 1853). — Teale, Med. Times and Gazette, 7 janv. — Voillemier, 1h: l'inflammation des conduits lacrymaux (Gaz. hebd., 1855, p. 71). — StefTan, OeberzOldiger ('«runculus lacrymalis (Klinische Monatsbl., Bd. VI, S. 44). — Zehcnder, Atresie der Thranenpunkte (Klinische Monatsbl., Bd. V, S. 131). — Zshender, Klinische Monatsbliittrr, 1863, S. 394. — Streatfield, Opération for the Hccovery of an obliterafed punctum (Ophthalm, Hosp. Reports, 186G, t. III, p. 4).

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