OPHTHALMIE DES NOUVEAU-NÉS
Les enfants nouveau-nés sont fréquemment atteints d'une ophthalmie purulente, qui apparaît dès le troisième jour après la naissance : c'est l'opbthalmie des nou- Yeau-nés. Giraldès (1) distingue avec raison deux formes d'ophthalmies des nouveau-nés: la forme catarrhale ou légère et la forme grave. Mois il n'est pas possible de fonder cette distinction autrement que sur la facilité plus grande de la guérison. C'est pourquoi nous donnerons la description générale de la maladie.
Syniptomatoiogic. — La maladie apparaît ordinairement vers le troisième jour après la naissance. Dans des cas exceptionnels elle se montre dès le deuxième, et j'ai vu même une fois l'enfant contracter celte ophthalmie dès le premier jour.
Au début, les cils ainsi que les deux angles de l'œil sont couverts de petites croûtes verdâtres desséchées.
Ces mucosités peuvent se former dans un seul œil, pendant que l'autre reste encore sain ; mais ce dernier ne tarde pas aussi à être envahi de la même façon 12 ou 1k heures plus tard.
Billard et Baron ont constaté les premiers sur la surface de la paupière supérieure une ligne rouge étendue d'un angle à l'autre.
Le quatrième et le cinquième jour, la paupière supérieure se gonfle et se boursoufle; une rougeur apparaît aux bords libres, surtout à l'angle interne, et si l'on examine l'état de la conjonctive, on trouve que sa portion palpébrale inférieure est déjà fortement engorgée et qu'elle présente une couleur d'un rouge jaunâtre.
Dès ce moment l'ophthalmie purulente est déclarée. Si, en entr'ouvrant les paupières, on voit sortir un liquide clair ayant une teinte jaune cilrine marquée, on est certain que l'ophthalmie est de nature purulente.
L'écoulement de ce liquide citrin est pour Desmarres père un signe patognomonique de la maladie; mais il ne se montre que pendant un ou deux jours et aussitôt il est remplacé par la sécrétion purulente ordinaire Jaunâtre ou verdàtre.
Le gonflement de la paupière devient de plus en plus prononcé, la rougeur des conjonctives palpébrales augmente d'intensité ; ces membranes sont tuméfiées, à tel point qu'on a souvent de la peine à voir la cornée. Lorsque celte difficulté existe,
Fie. 85. — Élévateur des paupières.
il faut écarter de force îes paupières, soit en éloignant leurs bords libres, avec les deux doigts indicateurs, en les appuyant contre les bords orbitaires, soit en se servant d'un ou de deux élévateurs en argent, de grandeur moyenne et de la forme représentée dans la figure 85.
(1) Wraldès, Maladies chirurgicales des enfants, 1868. Paris, p. 459.
CALEZOWSKI. ( 9
Pour bien examiner les yeux des enfants malades, il importe beaucoup de placer la lète de l'enfant sur ses genoux, et de procéder à cet examen dans la position indiquée par la ligure 86. Ce n'est que de celle manière qu'on aura la possibilité de juger avec précision de l'état de l'œil.
Fie. 86. — Manière de procéder pour examiner les yeux des enfants.
A mesure que l'ophthalmie fait des progrès, la conjonctive de la paupière inférieure devient de plus en plus boursouflée, et bientôt le mal gagne la paupière supérieure, qui gonfle d'une manière très-notable.
A ce moment, la conjonclive est tellement épaissie et engorgée, qu'elle saigne avec la plus grande facilité. Il suffit d'écarter fortement les paupières pour provoquer une hémorrhagie, qui survient souvent encore après les cautérisalions des conjonctives.
Chez les nouveau-nés, l'inflammation de la conjonclive reste très- longtemps limitée à la portion palpébrale et au cul- de-sac. La muqueuse du globe de l'œil s'injecte progressivement; mais il est rare d'y voir le chémosis phlegmoneux, ce qui lient probablement à la nature du tissu cellulaire lâche et à la densité relativement minime de la capsule de Tenon. C'est à cette dernière circonstance que j'ai rapporté aussi la résistance que présente la cornée à se détruire chez les enfants nouveau-nés, bien entendu si le traitement convenable est appliqué. Les nerfs, en effet et les vaisseaux qui se rendent à la cornée, n'étant point étranglés au pourtour de cette membrane par la capsule de Tenon, élastique à cet âge, la cornée ne subit pas d'étranglement et continue a se nourrir régulièrement. Le contraire a heu chez les personnes plus âgées, chez lesquelles celle même capsule esl moins élastique et amène par son inflammalion la compression des nerfs et des vaisseaux qui les trnvcrscn t .
La conjonctive palpébrale se couvre quelquefois de coûtes blanchâtres, res