‹ Traité pratique d'auscultation, suivi d'un précis de percussion [electronic resource]Chapitre 46 sur 81 · VOIX · texte numérisé non relu

VOIX

A l'état pathologique, tanlôl le retentissement vo- «al est seulement exagéré, tantôt il subit en même temps des modifications de nature, et la voix devient bronchique, chevrotante, caverneuse, amphoriqiœ.

Ou décrit en outre, sous le nom de pectoriloquie aphone, la transmission anomale de la voix chucholée à travers la paroi tlioracique.

A. — Le retentissement exagéré de la voix, ou bronchophonie légère, est caractérisé par une résonnance de la voix un peu plus forte que la résonnance naturelle, et n'est qu'un degré de moins de la voix bronchique [bronchophonie vraie). 11 se lie à des altérations ordinairement semblables, mais moins étendues ou moins marquées.

B. — La uoia; broncidque est une résonnance beaucoup plus forte que le retentissement normal: elle est remarquable par son intensité, son étendue, sa fixité, sa permanence. Elle coïncide presque toujours avec la respiration bronchique.

On peut la constater dans la dilatation des bronches, dans la pleurésie, et surtout dans Vinduration du poumon. — Mais, en raison de la rareté de la dilatation des bronches, c'est presque toujours une induration pulmonaire qu'annonce la bronchophonie : or, de toutes les altérations oii, la densité du poumon est augmentée, la pneumonie et les tubercules sont incomparablement les plus communes. Les conditions de la voix bronchique étant mieux remplies dans Ut pneumonie que dans les tubercules, elle est plus prononcée dans cette première maladie que dans la seconde ; elle n'existe que dans un petit nombre de cas de pleurésie, et si alors elle est forte et étendue, elle peut faire penser que Tépanchemenl pleurétique est compliqué d'induration pneumonique ou tuberculeuse.

C. — La voix chevrotante [égophonie) est une résonnance particulière de la voix, qui prend un timbre plus aigre, el devient tremblotante el saccadée. Ou dirait paifois que le malade parle avec un jelon placé entre les dents et les lèvres {voix de Polichmelle). — Elle s'enlend d'ordinaire d'un seul côté, dans la moitié inférieure de la fosse sous-épineuse, et quand elle occupe une étendue plus considérable, c'est encore en ce point qu'elle est le plus prononcée; elle peut changer de siège dans les positions différentes du malade. Elle coïncide presque toujours avec la faiblesse ou l'absence du murmure vésiculaireà la base de la poitrine.

Végophonic vraie annonce un ôpanchcmenl 'pleurai, presque toujours séreux. — Si elle est perçue cVun côté seulement, avec coïncidence de fièvre, il y u pleurésie ; .si des deux côtés, sans fièvre et avec hydropisie générale, il y a hydrothorax. Si elle apparaît dam le cours d'une phlegmasie du parenchyme pulmonaire, et si de plus elle se déplace par les changements de position du malade, elle indique une pleuropneunionie.

D. Voix caverneuse {pectoriloquie). — Il y a voix caverneuse, s'il semble, en auscultant un malade qui parle, que les vibrations vocales sont concentrées dans un espace creu.x, dont les parois renvoient à l'oreille les sons plus ou moins distinctement articulés. — Elle est en général circonscrite à la partie supérieure de la poitrine, et coïncide soit avec le ràle caverneux, soit surtout avec la respiration caverneuse.

La voix caverneuse indique, comme le soufP.e caverneux, l'existence d'une dilatation bronchique en ampoule ou d'une excavation inberculeusc, ou purulente, apoplectique, gangréneuse.

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