ARTÈRES ET VEINES
Eu général, plus les bruits soni rudes et circonscrits, plus certainement ils annoncent une lésion matérielle de Vartbre : rétrécissement de sa cavité, rugosités de sa surface interne, dilatations anévrysmales, compression par des tumeurs, etc. ; le bruissement continu se rencontre plus particulièrement dans les communications artério-veineuses. Plus, au contraire, les souflles sont doux et généralisés, plus ils annoncent une altération de l'économie tout entière, une maladie du sang, et en particulier la chlorose et Vunéinie.
Les bruils que Ton perçoit par l'auscultation des veines sont en général continus, et ofl'rent des nuances variées de force, de timbre et de caractère. C'est tantôt un murmure sourd, dilîus, semblable à celui qu'on entend lorsqu'on approche de son oreille un gros coquillage univalve (murmure continu simple). Tantôt c'est un murmure plus intense, continu comme le précédent, mais renforcé à chaque systole du cœur. Assez semblable au bruit d'un soufflet de forge, il devient parfois ronflant et sonore, au point d'imiter le bruit que l'on produit en fouettant le jouet en bois connu sous le nom de diable, et il constitue alors le bruit de diable. D'autres fois enfin, on entend, soit seul, soit combiné avec l'une des deux variétés précédentes, un bruit sibilant el musical formé d'une succession de sons diversement modulés.
Ces trois espèces de bruits sont très variables dans leur intensité et dans leurs caractères : ils se modifient, croissent, diminuent, par les moindres chan-
gemenls dans la tension des parties ou dans la pression du stéthoscope. Ils se montrent principalement dans les vaisseaux du cou, plus fréquemment adroite qu'à gauche, et beaucoup plus souvent chez la femme que chez l'homme.
Ces bruits vasculaires se lient presque exclusivement à des maladies du sang ; ils sont l'indice le plus certain de la chlorose avancée et de Vanémieavec diminuiion notable des globules sanguins.