CŒUR ET GROS VAISSEAUX
main yauche, tout en explorant le cœur de la main droite; cette palpation simultanée permet de mieux apprécier le temps et le rythme des phénomènes tactiles.
Le choc précordial peut être modifié dans son siège, dans sa force ou dans son étendue; à ces altérations correspondent presque toujours des modifications corrélatives dans le siège, l'intensité et l'étendue des bruits du cœur. Les causes et les caractères de ces phénomènes pathologiques ont été étudiés ailleurs (voy. page 335) assez longuement pour que nous n'y insistions pas : rappelons seulement que le choc précordial se déplace à droite, en cas d'épanché ment liquide ou gazeux dans la plèvre gauche, et au contraire à gaucJie en cas d'adhérences pleuro-péricardiques a.vec rétraction consécutive; en haut, quand le diaphragme est refoulé par une distension exagérée de l'abdomen; en bas et e?i dehors lorsqu'il existe une hypertrophie considérable du ventricule gauche; — que le choc est renforcé en cas d'hypertrophie, et aussi d'exagération nerveuse de l'action du cœur [palpitaiioiis] ; affaibli dans la parésie cardiaque par dégénérescence graisseuse ou par toute auti'e cause (asyslolie), dans \d. péricardite avec épanchcment, dans la dilatation emphysémateuse du poumon; aboli dans les étals syncopaux
et dans les vastes épanchements du péricarde;
enfin que Vétendue anomale dans laquelle il est perçu révèle soit une hypertrophie considérable du muscle cardiaque, soit une rétraction atrophique du bord antérieur du poumon gauche.
Les frémissements rythmiques qui peuvent être perçus nu niveau du cœur sont de deux sorLos : les uns cndocardiques (frémissement cataire), les autres péricardiqucs {frémissement vibratoire du péricarde).
PALPATION
Ce dernier est très rude, limité à la partie découverte du cœur; il varie d'intensité avec les mouvements respiratoires et selon la position du malade ; il coïncide avec an bruit de cuir neuf appréciable à Tauscuitation ; il est l'indice d'une loéricardite sècheavec exsudais néo-membraneux. Au contraire le frémissement cataire, tantôt doux et vibrant, tantôt plus fort, peut siéger soit à la base, soit à la pointe du cœur; il est systolique ou diastolique; il n'est pas influencé par les mouvements respiratoires, mais il augmente d'intensité quand l'action du cœur s'exagère ; il coïncide toujours avec un fort bruit de souffle au même siège et au même temps, dont il n'est à vrai dire que la manifestation tactile : comme le souffle concomitant, il révèle une Idsion d'orifice ou quelquefois une uné mie avec spasme des vaisseaux.
A la palpalion du cœur il faut, bien entendu, associer celle des gros vaisseaux. En explorant le trajet de Vaorte ascendante, le doigt peut quelquefois percevoir dans le deuxième espace intercostal droit l'existence de pulsations rythmées indépendantes de celles du cœur : ce phénomène doit faire soupçonner un anévrjjsme de la crosse aorlique, et cetl& supposition se changera en cerlilude s'il se manifeste au même point un soulèvement léger de la paroi avec battements expansifs; ici comme ailleurs on s'aidera des signes fournis par la percussion et l'auscultation.
En appliquant fortement l'extrémité des doigts sur le trajet des carotides primitives, on se rend compte de l'intensité des battements qui les animent, de l'impulsion qu'elles transmettent au.v parlies avoisinantes. En palpant avec plus de précaution les grosses veines jugulaires, on note les-