CANCER DES VOIES CRINAIUES
qui entourent la veine cave et l'aorte , première vertèbre lombaire; 5° foie et poumons ; 6° poumons, veine cave et mésentère ; 7° foie , poumons et huitième côte. Ainsi le foie, le mésentère, les ganglions abdominaux et les poumons, sont le plus fréquemment atteints, et le système osseux Ta été en tout 2 fois sur sept.
Les altérations secondaires non cancéreuses que l'on constate quelquefois sont l'état inflammatoire de la substance rénale autour des dépôts cancéreux , l'inflammation de la muqueuse du bassinet, la péritonite avec des épanchements séreux ou purulents, l'entérite.
Nous notons enfin dans 2 autopsies la coexistence accidentelle de la cirrhose du foie dans l'un des cas , et d'une hypertrophie du cœur dans un autre.
2° Pathologie. Avant d'aborder les symptômes qui caractérisent le cancer rénal idiopathique , il nous faut insister sur le fait que plusieurs ou même la plupart des symptômes caractéristiques peuvent manquer. Nous admettons, en un mot, avec MM. Rayer et Walshe, la forme véritablement latente du cancer rénal. Ceci posé, nous allons analyser les symptômes que l'on observe dans les cas non latents.
Au début, des douleurs abdominales vagues attirent d'abord l'attention sur cette cavité. Bientôt cette douleur se fixe davantage et occupe plus particulièrement la région rénale proprement dite, et plus souvent celle du côté droit que l'autre. Ces douleurs s'étendent souvent vers l'hypochondre droit et peuvent atteindre l'épigastre. Elles sont tantôt sourdes, tantôt plus vives et lancinantes. Lorsqu'on explore avec soin l'abdomen , les flancs et la région vertébrale qui correspond aux reins, on découvre, après quelque temps de durée des douleurs , une tumeur occupant la région du rein. Mais le plus ordinairement on ne trouve cette tumeur que lorsqu'elle a déjà pris un assez grand accroissement, et c'est dans le flanc surtout, dans l'espace qui sépare les fausses côtes de la fosse iliaque , qu'il faut chercher avec le plus de soin, et qu'on découvre le plus aisément le rein cancéreux. Ordinairement la tumeur ne présente qu'une masse molle, fluctuante, bosselée, qui, une fois qu'elle est volumineuse, va se perdre en haut près du foie, si le siège du cancer est à droite. Cependant on parvient presque toujours à distinguer la tumeur rénale d'une tumeur hépatique, vu qu'en explorant avec soin, on trouve un espace libre entre la limite supérieure du rein malade, l'hypochondre et les fausses côtes, espace non occupé par une masse solide, à moins que ce mal ne soit propagé au foie. En outre, la percussion fait toujours découvrir lasonorité dans un espace assez notable entre l'hypochondre.
l'ombilic et le flanc, ce qui n'est pas le cas lorsque le foie a subi un engorgement notable. Lorsque les deux reins sont devenus successivementmalades, on peut constater l'existence d'une tumeur de chaque côté. Les urines restent rarement naturelles jusqu'à la. fin et seulement dans l'état franchement latent. Ordinairement elles sont de bonne heure troubles , sédimenteuses , mais elles ne deviennent caractéristiques qu'à une période avancée de la maladie.
Il y a un symptôme qui a alors une grande valeur lorsqu'il coïncide avec l'existence d'une tumeur rénale, c'est l'hématurie, qui dans quelques cas ne survient que de loin en loin, tandis que dans d'autres elle est fréquente, quelquefois très abondante. Et comme une partie du sang se coagule clans la vessie, elle donne lieu à une émission difficile des urines et quelquefois à une véritable rétention. Une fois que la maladie est arrivée à ce point, les urines deviennent habituellement fétides, offrent volontiers un dépôt purulent , et leur émission est difficile. L'hémorrhagie rénale peut devenir si abondante, que dans un cas nous avons noté l'émission de sang pur. Ces symptômes du côté des urines sont les plus fâcheux de tous, parce que d'un côté ils démontrent un état avancé de la maladie , et d'un autre côté ils nécessitent un cathétérisme fréquent qui peut irriter la vessie sans pouvoir souvent triompher des amas de sang que renferme cet organe.
Dans la seconde période de la maladie, lorsque les douleurs et l'altération des urines dénotent la maladie confirmée, les fonctions digestives se troublent, l'appétit diminue, la digestion devient laborieuse, et chez plusieurs malades on voit survenir la diarrhée. Bientôt les membres inférieurs s'infiltrent , et l'on ne tarde pas à constater la fluctuation de l'ascite , sans compter les symptômes de péritonite qui se manifestent. La fièvre, lorsqu'elle existe, tient plutôt à des inflammations secondaires. On observe parfois des frissons intermittents. L'état général s'altère constamment, les malades maigrissent, ils perdent les forces et l'embonpoint, leur teint prend l'aspect jaunâtre qui caractérise les affections cancéreuses avancées , et la mort ne tarde pas à survenir après un degré avancé de marasme.
La marche de ce cancer est assez rapide. Nous ne trouvons malheureusement dans nos observations que des données fort peu complètes sur la durée totale de la maladie. Walshe (1) l'a déterminée d'après 6 observations dans lesquelles il l'a trouvée de 8 mois seu~
(1) Op. cit., p. 184.