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ment que des éléments épithéliaux. Les ulcères montrent les caractères des ulcères simples. Les tumeurs gommeuses se composent de tissu cellulaire et fibro-plastique ; dans L'affection des os vous trouvez une ostéite simple ou un travail hypertrophique. Par conséquent , on n'a affaire dans ces investigations qu'à des altérations consécutives aux effets du principe syphilitique constitutionnel , et la nature du venin vénérien, sa transmission à la masse entière du sang, sa persistance dans celle-ci, les modifications qu'il éprouve en ce sens que l'iodure de potassium guérit mieux ses effets tardifs que le mercure , tous ces faits , dont la déduction logique montre la réalité , se passent complètement à l'insu de l'anatomie pathologique. Nous pourrions multiplier beaucoup ces exemples; mais cela nous éloignerait trop du sujet que nous avons à démontrer.
Voici à présent pourquoi nous admettons l'infection générale dans le cancer, dans sa période terminale , là où les dépôts secondaires manquent : 1° Nous voyons le cancer conduire aussi bien à la terminaison funeste, lorsque l'autopsie ne révèle aucun cancer secondaire, que lorsque ceux-ci existent en masse ; 2° on nous objectera peut-être que cette mort peut survenir pour des causes étrangères à l'infection générale, telles que les troubles fonctionnels considérables d'un organe indispensable à l'entretien de la vie , du cerveau, de l'estomac, du poumon; on nous objectera de plus que, dans d'autres circonstances , des pertes considérables de substance ou de sang entraînent la mort, telles que les hémorrhagies répétées dans un cancer utérin , une suppuration abondante dans un cancer du sein. Mais ces objections, nous avons commencé par nous les faire nous-même, et nous n'avons pas laissé échapper une seule occasion, lorsqu'un individu avait succombé aux progrès d'un cancer unique qui avait suivi sa marche naturelle , sans examiner attentivement si la mort était due à une altération locale ou à une maladie intercurrente. Eh bien ! nous avons rencontré un si grand nombre de cas dans lesquels il n'y avait ni suppuration suffisante, ni hémorrhagie répétée , ni troubles fonctionnels très graves qui auraient pu entraîner la mort , que nous sommes arrivé à cette conviction , que le cancer tuait après une certaine durée , par une mort générale et non par une affection purement locale, par X infection de toute ï économie et non par des troubles accidentels de quelque organe important. Le cancer tue par l'impossibilité dans laquelle il met le sang d'entretenir la vie, et non par la déperdition du sang en nature ou du sang altéré par l'exsudation. Ce que nous avançons ici ,
nous en trouvons la preuve dans les cas même d'infection matérielle ; car celle-ci est souvent si insignifiante et placée dans des parties si peu importantes , que réellement elle n'est pas capable de rendre compte de la mort. La réaction du cancer secondaire, même grave, est souvent si peu patente, que quelle que soitl'attention qu'on ait mise à étudier le malade pendant la vie , on constate souvent à l'autopsie des dépôts secondaires dans des organes où l'on ne se serait pas attendu à en trouver. Prenez ensuite deux cadavres d'individus qui l'un et l'autre auront succombé à un cancer non troublé dans sa marche naturelle, l'un offrant un cancer unique, l'autre de nombreux dépôts multiples , et certainement vous ne trouverez pas une grande différence dans les deux corps , quant à la décoloration , à l'émaciation, à l'atrophie des tissus et à l'appauvrissement du sang.
En un mot , pour nous , le cancer conduit toujours à l'infection , et c'est à l'infection, et non au mal local, qu'est due la fin funeste.
Nous avons ici une autre question à débattre : c'est d'indiquer de quelle façon nous nous rendons compte du mécanisme et de l'action de cette infection. Malheureusement nous nous trouvons ici de nouveau sur un terrain où la démonstration et les preuves directes nous manquent.
Nous avons vu que le cancer, dans sa propagation locale et irradiante, pouvait entrer directement par érosion, ou indirectement par absorption de la partie non encore globuleuse de son blastème, dans le système lymphatique et veineux. Cette dernière absorption veineuse lui ouvre infailliblement la porte de l'économie tout entière, tandis que les lymphatiques ne charrient ordinairement le blastème cancéreux que dans le proche voisinage, et surtout dans les glandes lymphatiques. L'absorption du cancer localement déposé est donc un des éléments de la généralisation. Ajoutez à ceci que la prédisposition première est toujours agissante, prédisposition en vertu de laquelle la première goutte de blastème cancéreux a été exsudée, en vertu de laquelle à cette première goutte sont venues s'en ajouter beaucoup d'autres, pour former finalement une tumeur volumineuse ; prédisposition en vertu de laquelle, enfin, après chaque opération, même la mieux faite, le cancer s'est toujours reproduit : et vous avez d'un côté, dans le sang, l'agent cancéreux primitif qui très probablement est quantitativement augmenté à mesure que la maladie a duré plus longtemps ; d'un autre côté, il s'accroît par l'absorption qui, à une certaine époque, verse journellement de nouvelles quantités de blastème can-
PROPAGATION LOCALE ET GÉNÉRALISATION DU CANCER. 81 céreux dans le torrent de la circulation. Il faut donc admettre que l'altération primitivement peu notable du sang qui a donné lieu au cancer primitif peut faire de grands progrès sous le rapport quantitatif. N'observons-nous pas journellement un phénomène analogue dans l'infection purulente? A la suite d'une phlébite, quelques gouttes de pus sont mêlées avec le sang, et chez ce même individu qui quelques jours auparavant n'avait peut-être pas un seul point en suppuration dans l'économie, nous voyons les foyers purulents se multiplier rapidement , le foie et les poumons en être farcis , les articulations en être remplies, des demi-litres de pus s'épancher dans les cavités séreuses : et que s'est-il passé alors? L'explication de ces foyers parles globules purulents restés stagnants dans les capillaires, est trop absurde pour mériter la moindre attention. Il n'y a qu'une seule manière de s'en rendre compte ; c'est que le mélange direct du pus avec le sang dans la circulation a communiqué à celui-ci une étonnante disposition à la formation du pus, une véritable diathèse pyogénique. Quelque chose de semblable existe dans l'infection cancéreuse, avec cette différence toutefois que l'altération cancéreuse du sang a été primitive et préexistante ; mais toutefois il paraît que cette matière primitivement absorbée agit comme une espèce de ferment, et multiplie d'une manière extrêmement notable la disposition cancéreuse générale. Est-ce à cette absorption ou à la multiplication de l'altération cancéreuse primitive dans le sang, en vertu de sa durée prolongée, ou à la combinaison de ces deux causes qu'est dû le fait que le liquide circulatoire se détériore au point que la nutrition devienne impossible, car c'est ainsi que nous entendons le mot de dépérissement? voilà une question qu'il serait difficile de résoudre. Mais l'effet matériel, l'incapacité du sang à servir à la nutrition n'en est pas moins incontestable.
Après ces remarques générales sur l'infection, nous allons passer à un mode d'infection plus directement appréciable, l'infection par des dépôts secondaires. Nous la suivrons très rapidement dans les divers organes , vu que la partie spéciale de cet ouvrage s'occupera avec beaucoup de détails de ce sujet. Nous donnerons ensuite, dans un tableau général , le résultat de nos recherches sur la fréquence comparative de l'infection cancéreuse matérielle, selon l'organe primitivement atteint.
L'utérus est un des organes où l'on trouve proportionnellement le moins grand nombre de cas d'infection. Nous ne l'y avons constatée que dans un tiers des cas ; sans compter que dans cet organe on con-
fond souvent des ulcères rongeants non cancéreux et des cancroïdes épidermiques avec le véritable cancer. Le carcinome de la matrice tue souvent avant que l'infection ait pu s'effectuer, car non-seulement il donne lieu à ces cloaques infects qui rendent ces pauvres femmes si malheureuses , mais en outre il provoque des pertes fréquentes de sang , et consécutivement un état d'anémie et de faiblesse qui fait succomber les malades avant le terme naturel qu'aurait eu la maladie sans cet accident. Mais c'est justement dans le cancer de l'utérus que nous avons rencontré de ces cas indubitables dans lesquels la mort est survenue sans que les pertes aient été abondantes, sans que l'ulcère ait été étendu, et plusieurs fois sans ulcération, et sans que, en un mot, les altérations anatomiques aient pu nous rendre compte de la mort. A part l'irradiation, les dépôts secondaires se font dans le voisinage de l'organe malade, dans le vagin, dans la vessie, dans les glandes lymphatiques, dans les ovaires ; plus tard, dans les organes plus éloignés, dans les poumons, le foie, la rate, la partie supérieure du péritoine, les reins, etc. Dans plus de la moitié de ces cas, les cancers secondaires étaient multiples, se rencontrant dans plus de deux organes. Du reste, après tout ce que nous avons dit sur l'infection , nous n'attachons pas une grande importance au nombre des affections secondaires.
Le cancer de la matrice est en outre ordinairement primitif ; les dépôts secondaires y sont rares , et ne s'y trouvent surtout point , comme le cancer primitif, dans le col de l'organe. Nous les avons plutôt rencontrés , sous forme de petits tubercules cancéreux , à la surface péritonéale du corps de cet organe.
Nous ferons observer, à cette occasion, que, dans tout le courant de ce livre , nous mettrons un soin tout particulier à distinguer le cancer primitif d'un organe de celui qui ne constitue qu'un dépôt secondaire. On trouve non seulement des différences anatomiques faciles à constater, mais surtout une marche clinique totalement différente ; car, tandis que le cancer primitif donne lieu aux accidents les plus graves et aux symptômes les plus caractéristiques, le cancer secondaire passe bien souvent presque inaperçu dans ses manifestations symptomatologiques.
Le cancer du sein est bien autrement infectant que celui de l'utérus. Nous avons noté l'infection générale dans les cinq septièmes des cas , et pourtant ici encore nous avons été frappé plusieurs fois de l'absence de tout dépôt secondaire chez des malades qui avaient suc-
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combé dans le marasme , avec tous les signes de l'infection cancéreuse, et sans que le mal local du sein fût suffisant pour rendre compte de la mort. Nous ne parlerons pas ici des glandes lymphatiques voisines, ni de l'infiltration cancéreuse du muscle pectoral, ces altérations appartenant à la propagation directe; mais voici les organes dans lesquels nous avons rencontré l'infection : le système osseux avant tout , avec une grande fréquence et une grande variété de manifestations ; les glandes lymphatiques superficielles de tout le corps , les voies respiratoires , le foie, les muscles, la peau et les parois thoraciques. Le cancer de l'autre sein appartient à l'infection tardive , tandis que l'infiltration cancéreuse du sternum et les tumeurs de la partie supérieure de cet organe apparaissent de meilleure heure. Les fractures cancéreuses sont la conséquence de l'infection dans le squelette. Nous y avons observé des cancers secondaires sur le névrilème du nerf médian , à la surface externe de l'artère brachiale, et dans l'intérieur même de la veine cave.
Pour le testicule, lorsqu'il est l'organe primitivement cancéreux , l'infection a lieu dans la moitié des cas. En premier lieu, les tumeurs secondaires apparaissent le long du cordon spermatique , dans le bassin et dans la cavité abdominale. On y rencontre un mélange, pour ainsi dire , des phénomènes de l'infection et de l'irradiation , les premières tumeurs nées de l'irradiation cancéreuse pouvant à leur tour porter plus loin cette irradiation, et former ainsi une chaîne non interrompue entre des tumeurs très éloignées dans la cavité abdominale et la tumeur primitive. Le dépôt cancéreux dans les glandes lymphatiques de l'aine appartient aussi à l'irradiation, tandis que les dépôts secondaires dans les poumons, le foie, les reins et le cerveau, sont plus franchement dus à l'infection.
En thèse générale, les organes parenchymateux riches en vascularité, le foie d'abord et les poumons ensuite, sont des foyers fréquents d'infection de ces dépôts secondaires. Le système lymphatique et les os y sont aussi fortement disposés. Mais comme il y a dans ce rapport de grandes différences selon les organes primitivement atteints , nous en parlerons avec détail dans les chapitres spéciaux.
Le cancer de l'estomac est également presque toujours primitif, et ce n'est que rarement et exceptionnellement que le cancer d'un autre organe l'atteint de dehors en dedans. L'infection générale de l'économie existe dans les quatre cinquièmes des cas. Les parties ambiantes de l'estomac en ressentent les premières atteintes. Ainsi, les premiers dépôts secondaires se trouvent dans le foie, dans les
glandes mésentériques , clans les épiploons. Viennent ensuite les glandes lymphatiques de l'abdomen, le péritoine, le pancréas. Le système osseux, les poumons, le cerveau, les glandes lymphatiques superficielles et les autres organes éloignés en général, ne se prennent que par l'infection tardive ; car on pourrait distinguer encore dans cette infection générale celle qui est précoce et qui se fait dans le voisinage de l'organe malade, et celle qui est tardive et se montre dans les points plus éloignés de l'économie.
Le cancer des intestins a présenté l'infection aussi dans la moitié des cas. Elle a été généralement bornée aux organes abdominaux, à la surface externe des intestins, au péritoine avec tous ses replis, aux glandes lymphatiques, aux organes du bassin. Dans le cancer du foie, l'infection a existé dans les trois quarts des cas, et quoique de prime abord multiple, il ne s'en est pas moins formé de nombreuses tumeurs dans tout son voisinage, dans le péritoine, à la surface externe de l'estomac, et dans les organes plus éloignés, tels que les ovaires , le cœur et les poumons. Dans le cancer du péritoine , l'infection existait dans la moitié des cas ; elle a été notée dans le foie, dans le pancréas, dans les glandes du bassin, à la surface et entre les tuniques de l'estomac et des instestins , et même dans les poumons. Dans le cancer primitif des glandes lymphatiques, nous avons également vu la multiplicité dans les trois quarts des cas, localisée presque toujours dans les diverses parties du système lymphatique. Les os, dans leur cancer primitif, nous ont offert l'infection dans les dix treizièmes des cas. Quatre fois, la multiplicité se bornait aux divers os du squelette , et six fois les os et les parties molles étaient à la fois le siège de cancers secondaires. Parmi les parties molles , c'étaient les glandes lymphatiques , les reins , le foie , la rate , les plèvres , la peau , le tissu cellulaire des cavités splanchniques et du système veineux; c'est, après le cancer du sein , la localisation dans laquelle l'infection est la plus multipliée et la plus étendue. Dans les centres nerveux, l'infection avait été constatée dans un tiers des cas ; pour l'œil , dans les quatre neuvièmes : abstraction faite des cas d'irradiation cancéreuse étendue , les organes secondairement atteints étaient également éloignés. Le cancer mélanique y était, comme pour la peau, la forme la plus infectante. Dans le cancer primitif des reins , l'infection a existé dans les sept douzièmes des cas, occupant les organes abdominaux et thoraciques. Nous allons donner le tableau comparatif de l'infection dans le cancer primitif de tous ces divers organes, et nous