‹ Traité pratique des maladies cancéreuses et des affections curables confondues avec le cancer [electronic resource]Chapitre 3 sur 116 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Une maladie aussi meurtrière et pourtant aussi commune que le cancer devait attirer l'attention des médecins dès la fondation scientifique de l'art de guérir. En effet, les ouvrages les plus anciens nous font clairement apercevoir que les maladies cancéreuses étaient non seulement connues dès les temps les plus reculés , mais qu'on en avait même déjà compris alors toute la gravité.

Toutefois en jetant un coup d'œil sur les doctrines qui ont régné à diverses époques sur le cancer, on est frappé de voir, sauf quelques travaux récents , combien peu ce sujet a suscité de recherches exactes et fondées sur une observation rigoureuse.

Aussi malgré le grand nombre de travaux publiés sur le cancer, il ne nous a point paru tout à fait inutile d'en faire une nouvelle monographie. Nous avons été encouragé dans cette voie par l'examen même du développement de nos connaissances sur ces affections. La science, en effet, loin d'avoir dit le dernier mot sur ce fléau de l'humanité , n'est malheureusement pas , à beaucoup près , aussi avancée qu'on pourrait le désirer dans le double intérêt de la spéculation et de la pratique.

On peut diviser en quatre périodes les phases d'évolution des opinions et des doctrines sur le cancer. La première est celle de l'antiquité , celle des remarques pratiques , de l'expérience clinique primordiale sans observation rigoureuse.

La seconde période est celle du xvme siècle , de l'ancienne Académie de chirurgie, dans laquelle la science et la pratique étaient cultivées avec un zèle égal , mais avec les ressources incomplètes des notions médico-chirurgicales de ce temps.

La troisième période est celle de l'école anatomique , du commencement de ce siècle, dans laquelle la localisation des maladies et l'étude des altérations morbides des organes ont pris un développe-

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