‹ Traité pratique des maladies cancéreuses et des affections curables confondues avec le cancer [electronic resource]Chapitre 4 sur 116 · VIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VIII INTRODUCTION

ment aussi grand qu'elles pouvaient l'acquérir sans le secours des sciences physiques et avec le concours fort imparfait de la physiologie.

La quatrième période, que l'on pourrait désigner sous le nom de période anatomo-microscopique , a été fondée par M. J. Miïller, l'illustre professeur de physiologie à Berlin. Appliquant une nouvelle méthode à l'étude des produits morbides , il a laissé à ses successeurs la double tâche d'étendre cette application sur une plus vaste échelle , et d'en confronter les résultats avec ceux de l'observation clinique.

Cependant , malgré le progrès incontestable réalisé par cette école, l'étude du cancer doit encore entrer dans une nouvelle phase : c'est celle à laquelle nous avons consacré tous nos efforts et dont nous exposerons tout à l'heure le programme.

Nous allons passer rapidement en revue ces diverses périodes pour arriver à l'analyse du but et du contenu de cet ouvrage.

La première période comprend donc les opinions des auteurs de l'antiquité.

Hippocrate (1) s'exprime sur le cancer de façon à ne laisser aucun doute : il comprenait sa double tendance aux récidives , et à l'infection de l'économie tout entière pour se terminer par la mort. « Il vaut mieux , dit-il , ne pas traiter ceux qui ont des cancers occultes (xapxhot xpOTfrftt ) . Les malades meurent bientôt, s'ils sont traités ; s'ils ne le sont pas , ils vivent plus longtemps. »

Galien (2), dans ses Commentaires des aphorismes d'Hippocrate, donne, d'une manière conforme à ses doctrines humorales, sa théorie sur la cause immédiate du cancer, qu'il attribue à la bile noire : « Cancer ab atra bile. » [Comment. I , ad sect. i , aph. 2.) Dans son commentaire du 38e aphorisme de la vie section , il donne sa définition du cancer occulte, qui correspond au cancer non ulcéré, ou au cancer à siège profond et caché. En passant en revue le traitement, il approuve les soins palliatifs par les pansements et la propreté ; il n'admet l'opération que pour les cancers superficiels dans lesquels on peut exciser jusqu'aux racines du mal. Dans tous les autres cas, il rejette l'opération tant par le bistouri que par les caustiques.

(4) OEiwres complètes, trad. par Littré. Paris, 1 844, t. IV, Aphorismes, sect. vi, aphor. 38, p. 573.

(2) Gaîeni in aphorismos Hippocratis commentant septem. Lugduni , î 554 i p. t% et 519-11.

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