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" On couvre cette plaie avec une pièce de linge fin assez grande pour •> en dépasser les bords , et sur laquelle on entasse , en les pressant » un peu fortement les unes contre les autres, de petites boulettes de » charpie, qu'on recouvre ensuite de gâteaux ou de plumasseaux. On » remplit ensuite avec de la charpie mêlée l'intervalle qui, de chaque » côté, sépare le scrotum de la partie interne des cuisses : on en place » même du côté du périnée afin de soutenir le scrotum, et pour faire » qu'il soit plus uniformément comprimé par le bandage ; on met en- » suite par-dessus la charpie plusieurs compresses étroites et assez » longues pour s'étendre jusqu'au périnée, dans un sens et jusque sur » l'abdomen dans l'autre. On laisse la verge libre et à nu entre ces » compresses, comme entre les tours de bande dont elles vont bien- » tôt être couvertes. Un simple bandage triangulaire ou en T pour- » rait suffire pour maintenir ces différentes pièces d'appareil : ce- » pendant , pour le premier appareil , et c'est celui dont il s'agit » actuellement , mieux vaut un bandage fait avec une bande et » composé de quelques tours circulaires sur l'abdomen , au-dessus » des crêtes iliaques, d'un plus grand nombre de tours obliques, em- » brassant de chaque côté la hanche et la partie supérieure de la » cuisse, et de plusieurs jets partant des tours circulaires et appli- » qués directement sur le scrotum, de chaque côté de la verge. »
Les accidents qui peuvent survenir aprèj l'opération sont l'inflammation locale et sa propagation aux parties voisines. On la combattra par les antiphlogistiques, d'après les règles générales du traitement des phlegmasies consécutives aux opérations. S'il survenait une hémorrhagie, on ôterait l'appareil pour l'arrêter , soit en liant l'artère qui fournit du sang, soit en exerçant la compression sur l'anneau inguinal au moyen d'un bandage herniaire.
On éprouve quelques difficultés dans l'opération, lorsqu'il s'agit, comme nous l'avons vu une fois , d'un testicule qui n'a pas franchi l'anneau inguinal. Il faut alors attirer le testicule en bas et fendre le canal inguinal dans une plus grande étendue. S'il existe des dépôts cancéreux dans les glandes inguinales , on les enlèvera en même temps que le testicule malade, en a}Tant soin , toutefois , de ne pas léser les vaisseaux cruraux.
Nous avons peu de chose à dire sur le traitement palliatif médical. Il est, à peu de chose près, le même que celui que nous avons indiqué en parlant du cancer du sein. Il se compose essentiellement d'une bonne hygiène, de l'usage des bains et des calmants, du pansement méthodique si le cancer est uWré, de la position horizontale,
de F usage habituel d'un suspensoir, surtout tant que îe malade se lève ; de l'usage interne des toniques tels que le fer et le quinquina, à l'époque où le dépérissement fait des progrès rapides ; en un mot, sans pouvoir atteindre le fond de la maladie , le praticien fera tous ses efforts pour rendre au malade l'existence aussi supportable que possible.
RÉSUMÉ
1° Le cancer du testicule est ordinairement constitué par une tumeur ovoïde, allongée, à surface irrégulière. Du liquide se trouve par places ou dans toute la cavité de la tunique vaginale. Ces tumeurs sont pesantes et acquièrent de 10 à 15 centimètres de longueur sur 5 à 8 de largeur et d'épaisseur. Le tissu est d'abord lobuleux et grenu , plus tard homogène avec des intersections fibreuses d'une teinte jaune rosé ou grisâtre ; il est infiltré de beaucoup de suc cancéreux , et renferme le plus souvent des îlots phymatoïdes , des traînées xanthiques et des épanchements sanguins sur lesquels on observe des transformations analogues à celles des caillots du cerveau. Du tissu cartilagineux se rencontre assez souvent dans les tumeurs du testicule. Le cancer y débute par une portion de la glande dont les canaux demeurent d'abord diffus et disparaissent ensuite.
2° Au microscope , on reconnaît des cellules cancéreuses bien caractérisées , avec prédominance quelquefois des noyaux et développement notable des nucléoles. Ce n'est que dans l'infection rapide et étendue que les cellules sont moins marquées. Le tissu phymatoïde renferme beaucoup d'éléments gras. Les éléments fibreux sont entremêlés de tissu flbro -plastique ; la matière xanthique infiltre en jaune les noyaux et les cellules.
3° Sur 12 malades que nous avons pu suivre, nous avons observé l'infection cancéreuse 6 fois. Des tumeurs naissent le long du cordon, envahissent le bassin et ses glandes et finissent par constituer des masses volumineuses dans l'abdomen. Des dépôts secondaires peuvent avoir lieu dans les poumons, le foie, les reins, les os et les centres nerveux. Le fongus bénin, si bien décrit par M. Jarjavay , n'est autre chose que le développement fibro-plastique d'un tissu organisé, produit de l'inflammation chronique.
4° Le cancer n'occupe qu'un seul testicule. Dans les 4/5" de nos faits , c'était le droit; le début était ordinairement latent. Les
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malades s'aperçoivent , en premier lieu, d'une tumeur du testicule suivie bientôt de pesanteur, de tiraillement du cordon, et plus tard d'élancements et de douleurs assez vives. Pendant la première année, le mal est peu douloureux, il le devient de plus en plus par la suite. Cette tumeur volumineuse est pesante et offre peu ou point de transparence. Il ne se produit guère d'ulcération à la surface; deux fois nous avons vu des abcès s'y former. Les signes de l'infection générale deviennent plus tard très manifestes ; à une période avancée de la maladie', des tumeurs abdominales et inguinales , ainsi que des douleurs très vives qui peuvent s'irradier au loin , caractérisent la troisième période.
5° La durée de chaque période peut varier de 6 mois à 1 an. La durée moyenne totale est de 3 à 4 ans. Cependant nous avons vu survenir la mort au bout de 9 mois, ainsi qu'au bout de 10 ans seulement. En moyenne, les malades se présentent pour se faire opérer dans le courant de la seconde année. La réaction a le plus souvent lieu avant une année révolue après la première opération ; l'âge de la plus grande fréquence est de 30 à 40 ans. L'âge moyen de 35 ans et 2/1 7es. Nous avons constaté l'hérédité cancéreuse dans l/7e des cas. L'action des violences externes nous a paru douteuse.
6° Le pronostic est toujours mauvais, d'autant plus grave que l'individu est plus jeune. Il l'est un peu moins lorsque la marche est lente, les souffrances peu vives et les signes de l'infection générale lents à survenir. Le traitement, par conséquent , même par l'opération, ne peut être que palliatif. Dans les cas douteux , il faut tenter, avant tout, un traitement antisyphilitique.
7° L'opération est surtout indiquée lorsque la maladie est douloureuse et promptement progressive et qu'il y a encore intégrité du cordon et absence de tumeurs intra-abdominales. Tant que la marche est lente et l'affection peu douloureuse, il vaut mieux ne pas opérer. La rétraction intra- abdominale du cordon après sa section est une crainte chimérique. Le traitement palliatif médical est le même à peu près pour le cancer du testicule que pour toutes les affections cancéreuses externes en général.