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Pôles et ligne neutre. — Points conséquents. — Les

aimants ne possèdent pas en tous leurs points la même force magnétique. En effet, si Ton roule un bareau aimanté dans de la limaille de fer, on en voit une grande quantité adhérer vers les extrémités sous la forme de houppes hérissées (fig. 814) ; mais l'adhérence de la limaille décroît rapidement à mesure qu'on

Fig. 814.

s'éloigne des extrémités, jusqu'à la partie médiane du barreau, où elle est nulle. La région de l'aimant où la force magnétique est insensible a reçu le nom de ligne neutre, et les deux régions voisines des extrémités, où se manifeste le maximum d'attraction, se nomment pôles.

Points conséquents. — Tout aimant, naturel ou artificiel, présente deux pôles et une ligne neutre; toutefois, dans l'aimantation des barreaux, il se produit parfois des pôles contraires alternés entre les pôles extrêmes. C'est ce qu'on appelle des pôles secondaires ou points conséquents. Tantôt ils sont en nombre pair, tantôt en nombre impair. Nous supposerons toujours que les aimants n'ont que deux pôles : c'est ce qui arrive ordinairement lorsqu'on a soumis aux procédés usuels d'aimantation des masses d'acier ayant la forme, soit de barreaux prismatiques, soit de tiges cylindriques.

840. Aiguilles aimantées. — On donne aussi fréquemment aux aimants la forme de lames minces, découpées en losanges très allongés : on les appelle alors aiguilles aimantées (fig. 815). Une aiguille aimantée est destinée à servir d'aimant mobile ; aussi porte-t-elle, en général, en son centre de gravité, une petite cavité garnie d'une chape, par où on peut la poser et la faire osciller sur un pivot vertical ou horizontal.

1. C'est là le magnétisme proprement dit, qui n'a rien de commun avec le mesmérisme, improprement appelé magnétisme animal.

MAGNETISME

841. Distinction des pôles. —Si Ton pose une aiguille aimantée sur un pivot vertical et qu'on l'abandonne à elle-même, on la voit, après une série d'oscillations, se fixer dans une position d'équilibre qui sera invariable, du moins pendant la durée de l'expérience. Si on l'écarté de cette position, elle y reviendra d'ellemême. On remarque, en outre, que c'est toujours la même extrémité de l'aiguille qui se dirige vers le même point de l'horizon. L'une se tourne sensiblement vers le pôle nord géographique, et l'autre vers le pôle sud. Si l'on marque la première d'un A et la seconde d'un B, de manière à les distinguer, on a beau faire tourner l'aiguille d'un angle quelconque, on la voit toujours

Fig. 815.

Fig. 816.

prendre la même position d'équilibre, A vers le nord, et B vers le sud.

Quelle que soit la cause de cette orientation constante, cette propriété suffit pour distinguer nettement les pôles l'un de l'autre. Dans les dessins, le premier pôle sera toujours représenté par les lettres A ou a, et le deuxième pôle par les lettres B ou fr, et l'on appellera pôles de même nom ceux qui sont désignés par la même lettre dans des aiguilles différentes.

842. Actions mutuelles des pôles. — Les deux pôles d'un aimant paraissent identiques entre eux quand on les présente à la limaille de fer; mais cette identité n'est qu'apparente. En effet, qu'on suspende une aiguille aimantée ab (fig. 816) à un fil fin, et qu'on approche de son pôle a le pôle A d'une autre aiguille, on remarque une vive répulsion; qu'on approche, au contraire, le même pôle A

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