Théorie des machines électrostatiques. — Les théories
actuelles des machines électrostatiques sont incomplètes et doivent être considérées comme provisoires, à cause du petit nombre d'expériences précises dont elles ont été l'objet. Tout ce qu'on peut dire de général, c'est que ce sont des sources d'électricité d'un potentiel élevé et d'un faible débit.
La valeur du potentiel maximum dépend de la forme de la machine, de l'isolement des conducteurs et, par suite, de l'état hygrométrique de l'air ambiant, enfin de la force mécanique mise en jeu. D'après M. Thomson, les bonnes machines à frottement, qui donnent des étincelles de 5 centimètres de longueur, ont un potentiel à peu près égal à celui d'une pile de 80 000 à 100000 éléments Daniell (1005). Ce potentiel peut même être dépassé avec certaines machines, mais on peut l'admettre, comme une moyenne, pour les machines qui servent à charger les batteries électriques.
Dans toutes les machines électrostatiques, l'électricité positive s'écoule des peignes sous la forme de houppes violettes (très visibles dans l'obscurité), qui vont à la rencontre du plateau tournant, c'est-à-dire qui s'échappent en sens inverse du mouvement de rotation du plateau. L'électricité négative se manifeste tout autrement aux pointes qui la laissent écouler : elle prend l'apparence de petites étoiles lumineuses, également violettes.
Le conducteur qui communique avec les peignes positifs est le pôle négatif de la machine ; celui qui communique avec les peignes négatifs en est le pôle positif.
1. Voir la description de la Machine de Holtz de deuxième espèce, dans Guillemin, Monde physique, t. III.