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EFFETS DES MACHINES ELECTRIQUES

ciable la durée de l'étincelle électrique par la méthode du miroir tournant employée par Foucault à la recherche de la vitesse de la lumière. Il trouva qu'avec une vitesse de rotation suffisante les étincelles donnaient des images allongées dans le sens de la rotation, ce qui rendait la durée de l'étincelle appréciable.

Plus tard, Arago, voulant rendre sensible la durée des éclairs, fit usage d'un disque métallique qui tournait autour d'un axe perpendiculaire à son plan. Ce disque était divisé, dans le sens des rayons et à des intervalles égaux, par des ouvertures longitudinales très étroites qui laissaient passer la lumière. En regardant les éclairs à travers ce disque qui tournait avec une vitesse connue, on voyait les traits d'autant plus larges que la durée de l'éclair était plus grande.

En 1870, MM. Lucas et Cazin ont imaginé un instrument, le chronoscope à étincelles électriques, qui permet de mesurer la durée de l'étincelle en millionièmes de seconde. Ils expérimentaient en établissant une distance de 5 millimètres entre deux boules, chargées par les armatures d'une batterie électrique (961); ils trouvèrent des durées différentes suivant la puissance de la batterie. Voici quelques-uns de leurs résultats numériques.

Nombre Durée en millionièmes

des jarres. de seconde.

4 Al

On voit que la durée de l'étincelle croit avec le nombre des jarres, qu'elle augmente aussi avec la distance des deux pôles, mais qu'elle est indépendante du. diamètre des boules entre lesquelles l'étincelle éclate.

Dans les machines électriques, la durée de l'étincelle est tellement petite, qu'on ne peut même pas l'apprécier avec le chronoscope.

Distance explosive. — On appelle ainsi la distance maximum à laquelle peut se produire l'étincelle entre deux conducteurs électrisés. La distance explosive entre deux conducteurs électrisés est sensiblement proportionnelle à la différence de potentiels de ces deux conducteurs.

958. Expérience du tabouret électrique. — L'étincelle électrique se présente sous un aspect remarquable lorsque c'est du corps humain qu'on la fait jaillir*. On place la personne qu'il s'agit d'électriser sur un tabouret à pieds de verre, nommé tabouret électrique ; puis cette personne ainsi isolée pose une main sur l'un des conducteurs de la machine. Le corps humain conduisant bien l'électricité, à mesure que la machine se charge, l'électricité se distribue sur le corps de la personne en même temps que sur les conducteurs, en sorte que, si on la touche sur les mains, sur la figure ou sur les vêtements, on en tire des étincelles comme de la machine elle-même. Tant qu'on n'approche pas la main de la personne isolée, elle n'éprouve aucune commotion, quoiqu'elle soit fortement électrisée; mais ses cheveux se hérissent et se dirigent vers les corps qu'on leur présente, et elle ressent, sur les mains et sur la ligure, un souftie léger, qui est un effet de la répulsion de l'air, à mesure qu'il s'électrise par contact.

On peut encore électriser une personne, isolée sur le tabouret à pieds de verre, en la battant avec une peau de chat; elle attire alors le pendule

1. C'est Dufay, physicien français, qui le premier, en 1754, tira une étincelle du corps humain.

Fig. 895.

électrique et donne des étincelles à l'approche de la main. Si la personne qui tient la peau de chat monte elle-même sur un second tabouret isolant, les deux expérimentateurs sont électrisés, l'un positivement, l'autre néo-ativement (888).

959. Carillon électrique. — Le carillon électrique est un petit appareil composé de trois timbres métalliques suspendus à une tringle horizontale

qu'on met en communication avec la machine électrique (fig. 895).

Les timbres A et B pendent par des chaînes métalliques qui établissent la communication avec la tringle, tandis que le timbre du milieu pend par un fil de soie qui l'isole de la machine; mais il communique avec le sol au moyen d'une chaîne. Enfin, entre le timbre du milieu et les deux autres sont deux petites boules de cuivre suspendues par des fils de soie. Lorsqu'on charge la machine, les timbres A et B, s'électrisant positivement, attirent les boules, puis les repoussent dès qu'il y a eu contact. Or celles-ci, se trouvant alors électrisées positivement, se portent vers le timbre C, qui, quoique en communication avec le sol, est chargé d'électricité négative par l'influence des deux autres. Aussitôt après le contact, les boules sont donc repoussées vers les timbres A et B, et exécutent un mouvement de va-et-vient rapide et des chocs successifs qui font résonner les trois timbres tout le temps que la machine est chargée.

9G0. Tourniquet et vent électriques. — On nomme tourniquet électrique un petit appareil composé de cinq ou six rayons métalliques recourbés tous dans le même sens, terminés en pointe et fixés à une chape commune, mobile sur un pivot (fig. 894). Cet appareil étant posé sur la machine électrique, aussitôt que celle-ci se charge, les rayons et la chape prennent un mouvement de rotation rapide dans la direction opposée aux pointes. Ce mouvement n'est point un effet de réaction comparable à celui du tourniquet hydraulique (157), comme l'ont admis plusieurs physiciens : c'est un effet de répulsion entre l'électricité des pointes et celle qu'elles communiquent à l'air. L'électricité, s'accumulant vers les pointes, s'écoule dans l'air, et comme celui-ci se trouve chargé de la même électricité que les pointes, il les repousse en même temps qu'il en est repoussé lui-même. En effet, le tourniquet n'entre point en mouvement clans* le vide, et si l'on approche la main tandis qu'il tourne dans l'air, on sent un souffle léger, qui est dû au déplacement de l'air électrisé, et qu'on désigne sous le nom de vent électrique.

Quand l'électricité s'écoule ainsi par une pointe, l'air électrisé est assez for-

Fig. 894.

tement repousse pour donner naissance à un courant qui non seulement est sensible à la main, mais peut souffjpr et même éteindre la flamme d'une bougie, du moins avec une puissante machine électrique. La ligure 895 montre comment se dispose cette expérience. On obtient le même effet en posant la

Fig. 895.

bougie sur l'un des conducteurs et en lui présentant une pointe métallique qu'on tient à la main (fig. 896). Le courant provient, dans ce dernier cas, de l'électricité contraire qui se dégage de la pointe métallique par l'influence de la machine.

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