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paroi extérieure est collée une feuille d'étain B, qui recouvre aussi le fond, mais qui doit laisser le verre à nu jusqu'à une assez grande distance du goulot (fig. 901). On adapte au col un bouchon de liège dans lequel passe, à frottement dur, une tige de cuivre

recourbée en forme de crochet, et terminée par un bouton A ; à l'intérieur, cette tige communique avec les feuilles d'or qui remplissent la bouteille. Ces feuilles constituent Y armature intérieure ou interne, et la feuille d'étain B Yarmature extérieure ou externe. Elles correspondent aux deux plateaux, collecteur et condenseur, du condensateur d'JEpinus.

Charge. — On charge la bouteille de Leyde, comme le condensateur d'/Epinus et le carreau fulminant, en faisant communiquer Tune des armatures avec le sol, et l'autre avec une source électrique. Pour cela on la tient à la main par l'armature extérieure, et l'on présente l'armature intérieure à la machine électrique : l'électricité positive s'accumule alors sur les feuilles d'or, et l'électricité négative sur rétain. C'est le contraire qui aurait lieu si, tenant la bouteille par le crochet, on présentait l'armature extérieure à la machine.

Décharge, — Elle peut être lente ou instantanée. Pour décharger

Fig. 902.

la bouteille instantanément, on la tient à la main, et l'on met en communication les deux armatures à l'aide de l'excitateur simple. Il faut avoir soin de toucher d'abord l'armature qu'on tient à la main, sinon on reçoit la commotion (fig. 902). Pour la décharger lentement, on l'isole sur un gâteau de résine, et l'on touche alternativement, avec la main ou avec une tige de métal, l'armature intérieure, puis l'armature extérieure, et ainsi de suite : on tire ainsi, à chaque contact, une étincelle de plus en plus faible.

Expérience. — Pour rendre plus sensible la décharge lente, on dispose la bouteille de Leyde comme le représente la figure 903. La tige est droite et munie d'un timbre d; près de la bouteille est une tige métallique portant un timbre e semblable au premier, et un pendule électrique formé d'une boule de cuivre suspendue à un fil de soie. La bouteille n'étant point fixée à la planchette m, on la prend à la main par l'armature externe, et on la charge en la présentant à la machine électrique ; puis on la remet sur la planchette. L'armature interne contenant alors un excès d'électricité positive, le pendule est attiré et vient heurter le timbre de la bouteille; repoussé aussitôt, il va choquer le timbre e et lui cède son électricité; mais, revenu à l'état neutre, il est attiré de nouveau par le timbre d, et ainsi de suite pendant plusieurs heures, si l'air est sec et la bouteille un peu grande.

966. Bouteille à armatures mobiles. — La bouteille à armatures mobiles, due à Franklin, sert à démontrer que dans la bouteille de Leyde, comme dans tous les condensateurs, ce ne sont pas seulement les deux armatures qui sont électrisées, mais aussi les faces du plateau de verre qui les sépare. Cette bouteille est ainsi nommée, parce que ses différentes pièces peuvent se séparer. Elle se compose d'un vase conique de verre B (fig. 904), d'une armature extérieure de fer-blanc C, et d'une armature intérieure de même matière D. Ces pièces, étant placées les unes dans les autres (fig. 904, A), constituent parleur assemblage une bouteille de Leyde complète. Après l'avoir électrisée comme la bouteille ordinaire, on l'isole sur un gâteau de résine; alors, avec la main, on enlève l'armature intérieure, ensuite le vase de verre, puis l'armature extérieure, et l'on disposé ces pièces les unes à côté des autres. Or les deux armatures ont été évidemment, par suite du contact

avec la main de l'opérateur, ramenées h l'état neutre. Cependant, si Ton reconstitue la bouteille de Leyde, on peut en tirer une étincelle presque aussi forte que si l'on n'avait pas déchargé les deux armatures.

Cette seconde étincelle est une décharge secondaire, analogue à

Fi- 901.

celles du condensateur dVEpinus, et l'explication que nous avons donnée de celles-ci est confirmée par cette expérience.

967. Jarres et Batteries électriques. — Une jarre est une grande

Fi£. 905.

bouteille de Leyde (fig. 909) à goulot assez large pour qu'on puisse coller sur sa paroi interne une feuille d'étain qui sert d'armature

intérieure. La tige qui traverse le bouchon est droite et terminée, à la partie inférieure, par une chaîne métallique qui la met en communication avec la feuille d'étain formant l'armature intérieure.

Une batterie est une réunion de plusieurs jarres placées dans une caisse de bois (fi g. 905 et 906), et communiquant ensemble, intérieurement, au moyen de tiges de métal, et extérieurement par une feuille d'étain qui revêt le fond de la caisse et se trouve en contact avec les armatures externes des jarres. Cette feuille se prolonge latéralement jusqu'à la rencontre de deux poignées métalliques fixées sur les parois de la caisse. Elle constitue une sorte de bouteille de Leyde à très grande surface.

Charge. — On fait communiquer les armatures internes avec la machine électrique, et les armatures externes avec le sol par le bois même de la caisse et de la table sur laquelle elle est placée, ou mieux par une chaîne fixée à l'une des poignées de la caisse. Un électromètre à cadran, placé sur l'une des jarres, indique la marche de l'opération. Malgré la grande quantité d'électricité accumulée dans l'appareil, l'électromètre ne diverge que lentement et d'un petit nombre de degrés, parce que l'écart n'a lieu qu'en vertu de la différence de potentiel qui s'établit entre les armatures. Le nombre des jarres est, en général, de quatre, six ou neuf. Plus elles sont grandes et nombreuses, plus il faut de temps pour charger la batterie, mais aussi plus ses effets sont puissants.

Décharge. — On fait communiquer entre elles les deux armatures au moyen de l'excitateur, en ayant soin de toucher d'abord l'armature externe. On doit faire usage ici de l'excitateur à manches de verre, et prendre toutes les précautions nécessaires pour éviter la commotion; car, avec une forte batterie, la décharge peut entraîner de graves accidents.

Excitateur universel. — Quand on veut faire passer la décharge par le corps d'un animal ou à travers un objet quelconque, on fait usage de Y excitateur universel de Henley, dessiné sur le premier plan de la figure 906. C'est une petite caisse de bois portant deux colonnes de verre sur lesquelles sont fixées à charnière des tiges de cuivre. Entre ces colonnes est un pied de bois qui porte un petit plateau où se place l'objet ou l'animal sur lequel on veut expérimenter. Les deux tiges de cuivre étant dirigées vers cet objet, on fait communiquer l'une d'elles avec l'armature extérieure de la batterie, et l'autre avec l'une des boules de l'excitateur à manches de verre. Si l'on approche alors la seconde boule vers l'armature intérieure, une étincelle part entre cette boule et l'armature, et une autre entre les branches de l'excitateur

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