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EFFETS LUMINEUX DES COURANTS VOLTAÏQUES

miné, équivalent à la chaleur qui disparaît dans le circuit. En effet, M. Fabre ayant placé, dans un des mouffles du calorimètre à mercure, une petite pile, et dans l'autre un tout petit moteur électromagnétique qu'on pouvait faire marcher à volonté, a trouvé que, tant que la machine était en repos, la chaleur dégagée dans tout le circuit était constamment de 18 796 calories par équivalent de zinc dissous, mais que le nombre de calories diminuait dès que la machine fonctionnait, et que la chaleur disparue était proportionnelle au travail effectué.

1090. Effets lumineux. — Les effets lumineux des courants sont des conséquences directes de leurs effets calorifiques. Dès que le dégagement de chaleur est assez intense, il y a un dégagement de lumière, qui se manifeste soit par des étincelles, soit par l'incandescenee des rhéophores, soit par un arc voltaïque.

Les pôles d'une pile possédant peu de tension, sauf dans le cas d'un nombre de couples considérable, il ne se produit point d'étincelle quand on les réunit par un fil de cuivre; mais, à la rupture du circuit une étincelle apparaît, d'autant plus forte que les couples sont plus nombreux. Quand les pôles d'une pile puissante sont réunis par un fil de fer ou de platine, assez fin pour être très résistant, mais assez gros pour n'être pas fondu, ce lil devient incandescent et jette un vif éclat pendant tout le temps que le courant passe. Si le fil est enroulé sur lui-même en hélice, l'effet lumineux est augmenté.

1091. Arc voltaïque. — C'est surtout en faisant communiquer les électrodes avec deux cônes de charbon de coke bien calciné qu'on obtient un bel effet de lumière électrique (1007). Le charbon b est fixe, tandis que le charbon a s'élève ou s'abaisse plus ou moins à l'aide d'une crémaillère à laquelle il est fixé, et d'un pignon qu'on fait tourner à la main par un bouton c. Les charbons étant mis en contact, le courant passe et les rend aussitôt incandescents. Si on les écarte alors, il se produit de l'un à l'autre un arc lumineux, d'un éclat éblouissant, auquel on a donné le nom d'arc voltaïque.

La longueur de l'arc varie avec la force électromotrice de la pile. Dans les expériences de Despretz, l'arc atteignait, dans l'air, une longueur de 7 centimètres, quand le charbon positif était en haut ; s'il était en bas, l'arc était plus court de près de 2 centimètres. Lorsque les charbons sont disposés horizontalement, ils doivent être plus rapprochés, l'arc s'éteignant plus facilement : ce qui résulte de ce que le refroidissement par l'air est augmenté.

Expériences de Davy. — C'est Davy qui le premier, à Londres, en 1801, fit un arc voltaïque à l'aide de deux cônes de charbon de bois léger, et d'une pile h auges de 2000 couples dont les plaques avaient près de 11 centimètres de côté. Comme ce charbon brûle très vite à l'air, on était obligé d'opérer dans le vide. Foucault

utilisa, pour produire Tare, un charbon de coke provenant des résidus des cornues à gaz. Ce charbon, qui est dur et compact, peut être taillé en baguettes; il ne brûle que lentement à l'air, ce qui dispense d'opérer dans le vide.

Fig. 1007.

1092. Transport par l'arc voltaique, sa constitution. — On constate que, même dans le vide, le charbon positif décroit lentement, et se creuse, tandis que le charbon négatif augmente. Dans l'air la différence est beaucoup plus sensible : le charbon positif s'use deux fois plus vite que le charbon négatif (fig. 1008). On a d'abord admis pour expliquer ce fait qu'il y a transport des molécules de charbon du premier pôle au second. Mais si, au lieu de former l'arc entre deux charbons, on prend deux métaux différents, cuivre et argent par exemple, comme électrodes, on reconnaît, par les dépôts qui se produisent, qu'il y a transport dans les deux sens. C'est ce qui a lieu également avec les charbons; mais comme c'est du pôle positif au pôle négatif que le transport est plus abondant, on ne constate que l'effet résultant.

La haute température qu'atteignent les charbons au moment où on les met en contact, et le transport qui se produit lorsqu'on les sépare, montrent que l'arc voltaique est dû aux molécules de

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