‹ Traitâe âelâementaire de physiqueChapitre 216 sur 255 · EFFETS LUMINEUX DES COURANTS VOLTAÏQUES · texte numérisé non relu

EFFETS LUMINEUX DES COURANTS VOLTAÏQUES

charbon qui sont volatilisées, puis transportées d'un pôle à l'autre. Elles forment une chaîne continue qui suffit pour fermer le circuit; mais cette chaîne, présentant une grande résistance, s'é-

Fig. 1008.

chauffe, jusque produire le vif dégagement de lumière qui caractérise l'arc.

En résumé, l'arc voltaïque est dû à l'incandescence d'un conducteur gazeux très résistant, dont l'éclat est considérablement augmenté, comme celui de toutes les flammes, par la présence de

GÂ\OT ol

lc282 ÉLECTRICITÉ A I/ËTAT DYNAMIQUE.

particules solides de charbon. Matteucci a démontré que, sjmi l'énorme différence de conductibilité, il y a identité entre Tare voltaïque et les autres parties du circuit.

Remarques. — 1° C'est par suite de cette résistance qu'on ne peut obtenir l'arc qu'avec un grand nombre de couples, 40 Bunsen au moins, disposés en une seule série. C'est par la même cause que l'écart entre les deux charbons a une limite au delà de laquelle l'arc s'éteint.

2° La figure 1008 représente la projection d'un arc voltaïque au moyen d'un microscope photo-électrique (expérience de Foucault).

COURANTS THERMO-ELECTBIQUES.

1097). Définition. — Expérience de Seebeck. — Les effets calorifiques des courants sont réciproques, c'est-à-dire que, de même que les courants engendrent de la chaleur, celle-ci, dans certaines conditions, peut engendrer des courants. Ces courants, dont on a déjà parlé plus haut, sont appelés thermo-électriques, pour les distinguer des courants, dits courants hydro-électriques, qui sont dus aux actions chimiques.

On savait déjà que plusieurs cristaux naturels, comme la tourmaline, la topaze, acquièrent des propriétés électriques lorsqu'on

Fig. 1009.

élève leur température, et Volta avait découvert qu'une lame d'argent chauffée inégalement à ses extrémités constitue un élément électromoteur; mais c'est Seebeck qui le premier, en 1821, démontra nettement que le mouvement de la chaleur dans un circuit métallique donne naissance à des courants électriques.

Il prenait pour circuit une lame de cuivre mn dont les extrémités sont recourbées et soudées à une lame de bismuth op

COlfRANTS THERMO-ÉLECTRIQUES. 1/283

(fig. 1009). Dans l'intérieur du circuit ainsi formé est une aiguille aimantée a mobile sur un pivot. On place l'appareil dans la direction du méridien magnétique et l'on chauffe l'une des soudures : on voit alors l'aiguille prendre une déviation qui indique le passage d'un courant qui va de n vers m, c'est-à-dire de la soudure chaude à la soudure froide, en passant par le cuivre. Si, au lieu de chauffer la soudure /?, on la refroidit avec de la glace, en conservant à l'autre soudure sa température, il se produit encore un courant, mais de sens inverse, c'est-à-dire allant de m vers n. Dans les deux cas, le courant est d'autant plus intense que la différence de température des deux soudures est plus grande.

Enfin, si l'on chauffait également les deux soudures, il n'y aurait pas production de courant.

Cette expérience réussirait également avec un circuit d'autres métaux, tels que le platine et le fer; mais la déviation du galvanomètre changerait de sens et de grandeur.

109i. Série thermo-électrique. — Pouvoirs thermo-électriques des métaux.— Ces variations de sens et d'intensité du courant thermo-électrique ont été étudiées par plusieurs physiciens, entre autres par Becquerel. Il mesurait l'intensité dans chaque cas, au moyen d'un galvanomètre. 11 a déterminé d'abord le sens des courants obtenus par l'association des différents métaux. Il est parvenu à les ranger dans un ordre tel, que chaque métal de la série, étant associé à l'un quelconque des suivants, donne un courant qui va du premier au deuxième, en passant par la soudure chaude. Cette série de métaux, dite série thermo-électrique, est la suivante :

Bismuth.

Étain.

Argent.

Antimoine.

Platine.

Cuivre.

Fer.

Plomb.

Or.

Zinc.

Becquerel détermina ensuite le pouvoir thertno- électrique d'un métal accouplé à un autre dans un circuit fermé, c'est-à-dire l'intensité relative du courant qu'on obtient en chauffant un des points de contact à une température donnée, tandis que l'autre est maintenue à zéro.

Ayant soudé à la suite les uns des autres une série de métaux différents, et mis les deux bouts en communication avec le galvanomètre, il chauffa successivement chacune des soudures jusqu'à 20°, toutes les autres étant maintenues à zéro. La conductibilité restant sensiblement la même, le pouvoir thermo-électrique était mesuré par la déviation du galvanomètre. Il a obtenu les nombres suivants :

Page 1