‹ Traitâe âelâementaire de physiqueChapitre 97 sur 255 · ÉBULLITION · texte numérisé non relu

ÉBULLITION

est négligeable; il n'en est plus de même dans la vaporisation, où l'accroissement de volume est considérable. En effet, un poids donné d'eau, qui passe de l'état liquide à l'état de vapeur à 100° et sous la pression 0m,760, prend un volume environ 1700 fois plus grand (730).

Quelle que soit d'ailleurs la température à laquelle une vapeur se produise, il y a toujours disparition de chaleur. Qu'on verse sur la main un liquide volatil, de l'éther par exemple, on ressent un froid très vif, qui provient de la chaleur absorbée pour la vaporisation. Cette absorption peut ainsi devenir une source de froid très intense, capable de solidifier le mercure (711) et même les gaz, ainsi qu'il sera démontré ci-après par l'expérience (718).

705. Liquéfaction ou condensation des vapeurs. — Restitution de la chaleur de vaporisation. — La liquéfaction ou condensation des vapeurs est le passage inverse de l'état gazeux à l'état liquide. Trois causes peuvent opérer la condensation : le refroidissement, la compression et l'affinité chimique. Les deux premières causes n'agissent que sur les vapeurs à l'état de saturation (684) ; mais la dernière produit la liquéfaction des vapeurs même les plus raréfiées. C'est ainsi qu'un grand nombre de sels absorbent, en la condensant, la vapeur d'eau de l'atmosphère, en quelque faible proportion qu'elle s'y trouve.

Lorsque les vapeurs se condensent, la force vive qui avait été communiquée aux molécules pendant la vaporisation (704) est transformée inversement en une quantité équivalente de chaleur sensible. On vérifie, en effet, par l'expérience, qu'un poids donné de vapeur dégage en se liquéfiant une quantité de chaleur rigoureusement égale à celle que le même poids d'eau avait absorbée en se vaporisant. Pour cela, on fait arriver un courant de vapeur à 100° dans un certain poids d'eau froide qui s'échauffe rapidement jusqu'à 100°, et l'on constate que la chaleur cédée à Feau est exactement égale à la chaleur consommée pendant la vaporisation. En un mot, dans la vaporisation, il y alerte de chaleur et production de force vive; dans la liquéfaction, perle de force vive et production de chaleur.

706. Distillation. — Alambics. — La distillation a pour objet de séparer un liquide volatil des substances fixes qu'il tient en dissolution, ou bien de séparer deux liquides inégalement volatils.

Appareils. — Les appareils employés pour la distillation se nomment alambics. Ils se composent de trois pièces principales : 1° la cucurbitc A (fig. 732), vase de cuivre rouge étamé, qui contient le liquide à distiller, et dont la partie inférieure est maçonnée dans un fourneau ; 2° le chapiteau B, qui se pose sur la cucurbite et donne issue à la vapeur par un col latéral G; 5° le serpentin S, consistant en un long tuyau d'étain ou de cuivre étamé, enroulé en hélice, et g\not. 58

placé dans une cuve remplie d'eau froide ou réfrigérant : l'objet du serpentin est de condenser la vapeur en la refroidissant.

Opération. — Fabrication de Veau distillée. — S'agit-il de distiller, par exemple, de l'eau de puits ou de rivière pour la débarrasser des sels qu'elle tient en dissolution, et qui sont surtout du sulfate de chaux, du carbonate de

Fi-. 752.

chaux et des chlorures, on en remplit la cucurbite aux deux tiers environ, et l'on chauffe. L'eau entre en ébullition, et les vapeurs qui se dégagent vont se condenser dans le serpentin, d'où l'eau distillée provenant de la condensation se rend dans un récipient D, tandis que les matières fixes restent dans la cucurbite.

Précautions accessoires. — Les vapeurs qui se condensent échauffant rapidement l'eau du réfrigérant (705), il importe de renouveler cette eau constamment, sinon la condensation n'aurait plus lieu. A cet effet, un entonnoir, alimenté d'une manière continue par un courant d'eau froide, conduit celle-ci à la partie inférieure de la cuve, tandis que l'eau chaude, qui est moins dense, se porte à la partie supérieure, et se déverse par un tube adapté au haut de la cuve.

La distillation ne doit pas être poussée trop loin, dans la crainte que les matières organiques contenues dans l'eau ne soient décomposées sur les parois chaudes de la cucurbite et ne donnent naissance à des produits volatils.

Brûlage des vins. —C'est par la distillation, à l'aide d'alambics analogues au précédent, qu'on brûle les vins, c'est-à-dire qu'on en extrait l'alcool.

707. Essai des vins : Alambic de Salleron. — M. Salleron a construit, pour déterminer la richesse alcoolique des vins et autres spiritueux, un appareil distillatoire, qui est une modification d'un appareil de même genre dû à Gay-Lussac.

Page 1