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Le bruit de souffle et de roucoulement de la région

(1) On diagnostique une endo-péricardiie. C'est ici un des premiers cas qui nous ont mis sur la voie île la découverte de la loi de coïncidence de l'eudocardile avec le rhumatisme articulaire aigu.

55a MALADIES DU COEUR EN PARTICULIER.

précordiale persiste; il existe à son maximum, à un pouce (28 mil/.) au-dessous et en dehors du téton; il est manifestement isochrone aux battements du cœur et ne s'entend pas à la partie postérieure de la poitrine. — Les artères carotides et sous-clavières n'offrent aucun bruit anormal.

Les membres ne sont nullement douloureux; l'état général est bon, et le malade mange le quart. (20 sangsues sur la région précordiale ; cataplasme ; bouillons. )

1 2. — Les sangsues étaient fort petites et ont peu saigné. Le bruit de souffle continue, mais le roucoulement ou cri plaintif par lequel il semble se terminer a notablement diminué ; il reste encore un sentiment de malaise et de tiraillement dans la région du coeur. Le pouls est régulier, sans fréquence. (20 nouvelles sangsues sur la région précordiale. )

i5. — Soulagement; battements du cœur plus distincts, le bruit de souffle a diminué et le sifflement musical surtout. {Vèsicatoire sur la région précordiale ; eau de Seltz; le quart,)

Du 14 au 25, le malade va de mieux en mieux chaque jour; ce n'est que par intervalles et après un certain nombre de pulsations, qu'on entend le cri de roucoulement, et le bruit de souffle diminue sensiblement; la matité est presque rentrée dans les limites de l'état normal; le malade ne souffre nulle part, et peut se coucher des deux côtés ; il se lève, se promène, sanséprouverd'essoufflement; le pouls est régulier, assez développé. [La demie d'alim.)

27. — Il ne reste qu'un léger bruit de souffle en dehors du téton. Je fais marcher le malade pendant un certain temps dans la salle ; il descend et remonte l'escalier, et nous l'examinons ensuite. Il était médiocrement essoufflé, et l'on entendait alors un bruit de sifflement à la région précordiale.

Cet homme est sorti de l'hôpital se trouvant parfaitement guéri ; ses forces étaient revenues ; sa respiration était com-

plétement libre; il n'existait ni enflure, ni état violacé de la face, ni palpitations, ni irrégularité du pouls. Il ne restait rien autre chose qu'un léger bruit de souille dans la région précordiale, et spécialement vers l'orifice auriculoventriculaire gauche.

Réflexions. — Je n'ai pas revu le malade depuis sept ans qu'il est sorti, bien que je lui eussse recommandé de venir nous voir, s'il éprouvait quelque accident nouveau.

La 28e observation du traité de M. Hope offre quelques points de contact avec la précédente. (Elle a pour titre péricardite aiguë , adhérence du péricarde.) Le sujet de celte observation , âgé de 22 ans, était atteint d'un rhumatisme articulaire. Le premier bruit du cœur était un bruit de soufflet prolongé, le second ressemblait à un souffle fait avec les lèvres presque fermées . M. Hope se demande si la cause de ce second bruit était le rétrécissement inflammatoire des valvules.

Quant à notre malade, auquel je reviens encore un instant, je ne puis le regarder comme radicalement guéri; et aujourd'hui qu'une longue expérience m'a familiarisé avec le traitement des inflammations du cœur, je regrette vivement de n'avoir pas, dans ce cas, insisté avec plus de vigueur sur les émissions sanguines. En agissant ainsi, j'aurais pu me dispenser d'administrer l'émétique, et le cœur se fût plus complètement dégagé.

L'observation suivante va nous offrir un nouvel exemple de la résistance qu'offre la maladie qui nous occupe, quand elle n'est combattue que par ce dernier moyen [l'émétique). Aussi puis-je affirmer qu'il sera désormais abandonné par tout praticien qui connaîtra àjbndles effets tout-puissants de la nouvelle formule des émissions sanguines bien appliquée.

PPSERyATJON 58e (*).

Enfant de i2 ans. — Rhumatisme articulaire aigu; péricardite. — Usage prolongé du tartre stibié à haute dose, après l'administration d/un lavement purgatif et d'un vomitif. — Le malade se rétablit très lentement et sort dans un état de santé mal assurée.

Leroy, âgé de 12 ans, d'une constitution délicate, nerveuse, né d'un père rhumatisant (son aïeul paternel était également tourmenté par des douleurs rhumatismales), travaillait comme apprenti argenteur dans un atelier vaste, bien aéré, mais était fréquemment exposé à des alternatives de chaud et de froid par suite des nombreuses courses qu'il faisait en ville. Souvent , après avoir quitté ses fourneaux, le corps baigné de sueur, il a eu ses vêlements trempés par la pluie ; couchant d'ailleurs dans une soupente humide et mal aérée, il éprouvait depuis trois jours des frissons irréguliers suivis de bouffées de chaleur, de malaise et d'inappétence, lorsque dans la nuit du 9 au 10 octobre, il fut pris d'une douleur vive, intolérable, de l'articulation tibio-larsienne gauche, et de fièvre.

Le lendemain, cette articulation offre du gonflement, de la chaleur et de la rougeur : le malade est contraint de garder le lit.

Dans la nuit du 10 au 1 1 , le pied et le genou droits deviennent simultanément douloureux; la fièvre est intense. On transporte le malade à l'hôpital dans la journée du 1 1 , et il offre le lendemain l'état suivant : face pâle, portant l'empreinte de la souffrance ; rougeur, douleur et tuméfaction considérables des deux pieds; douleur sans tuméfaction apparente des deux genoux.

Le malade est couché sur le dos; il est immobile dans son lit; le plus léger mouvement des membres inférieurs lui arrache des cris; la peau est chaude, sans moiteur \ le

(1) Lancette Française (n° du 4 janvier 1834]

pouls plein, dur, à 1 12 par minute; toux légère par intervalles; respiration pure en avant; pas de dyspnée, pas de douleurs thoraciques. (Oxymel , deux pots ; bouillon aux herbes; lacement purgatif ; bain chaud ; cataplasmes recouverts de taffetas gommé sur les articulations malades; diète.)

i5. La face est très altérée, la parole est haletante, la respiration courte et accélérée, les ailes du nez se dilatent à chaque inspiration; lorsqu'on approche de son lit, il crie : Vestomacl Vestomacl II semble , dit-il , qu'on lui arrache cet organe, et il montre la région épigastrique et précordiale. La percussion du côté gauche du thorax est tellement douloureuse, qu'il est difficile de constater la sonorité de cette portion delà poitrine; l'auscultation fait entendre un bruit respiratoire pur, sans aucun mélange de râle; le pouls est petit, accéléré, et offre quelques irrégularités (gG pulsations et 4© inspirations inégales). La rougeur des pieds a disparu ; le gonflement et la douleur sont beaucoup moins prononcés. Les membres supérieurs sont toujours libres. (Ipécacuanha i5 grains ( 8 1 4 milligr.); tartre stibié 1 grain (5 centigr.) en trois doses ; tilleul deux pots ; embrocations avec le baume tranquille sur la poitrine et les articulations douloureuses.')

Cinq vomissements bilieux à la suite du vomitif; même nombre de déjections liquides.

Le malade a été moins souffrant dans le reste de la journée; mais, la nuit, les douleurs se sont de nouveau exaspérées.

14. Douleur vive, déchirante, de la région précordiale; parole haletante; face légèrement violacée; pouls petit, régulier, à 78; respiration à 48. Le côté gauche du thorax offre une saillie manifeste au niveau du cœur; le son est mat sur le sternum et les parties qui V avoisinent à gauche dans une assez grande étendue ; les battements du cœur sont tumultueux; la respiration est pure.

Les articulations des pieda sont presque entièrement li*

bres. Les genoux donnent toujours des signes de souffrance -, l'articulation du poigncl droit a été envahie. [Tilleul 2 pots ; 4 grains (2 1 7 milligr. ) de tartre stibié dans G onces (187 gram. ) d'infusion de tilleul, avec addition d'une once (3i gram.) de sirop simple; 1 once (3i gram. ) de sirop de pavot; 1 gros (4 gram.) d'eau de fleurs d'oranger à prendre par cuillerée d'heure en heure.)

iô. La potion a été prise tout entière : un seul vomissement et sept évacuations alvines ont eu lieu.

La langue reste humide et conserve son enduit; la soif est très vive, le ventre douloureux; mais la douleur paraît résider dans les muscles qui sont très tendus et forment une espèce de plan solide.

Tumétaction douloureuse du poignet droit; sentiment de gêne dans les articulations des genoux et du cou-de-pied. La dyspnée est moins intense, la parole n'est plus entrecoupée, la face est naturelle; le malade a dormi pendant une partie de la nuit; la peau est moite; le pouls bat 90 fois par minute , et n'offre pas d'irrégularité; 56 inspirations.

La région latérale gauche du thorax offre toujours une voussure très manifeste; la matité persiste. (On continue le tartre stibié; tilleul 3 pots; deux demi- lavements émoilie nt s.)

Le bien-être éprouvé ce matin par le malade n'a pas été de longue durée. Vers midi, il y a eu un brusque changement dans la température et dans l'état hygrométrique de l'air : le temps est devenu subitement pluvieux. Dans l'après-midi, les douleurs se sont réveillées; elles ont arraché au malade des cris aigus qui ont persisté pendant toute la durée de la nuit (1).

16, au matin. Dyspnée intense, 46 inspirations par mi-

(1) Le malade attribue lui-même cette recrudescence au changement de temps.

OBSERV. DE PÉRIC. TERMINÉE PAR LA GUÉRISON. 55j

nute , face altérée; les douleurs ont envahi l'épaule gauche qui jusque là était restée intacte ; le pied droit est de nouveau rouge et tuméfié; les hanches et les jambes sont également le siège de vives douleurs, ainsi que les parois abdominales et les parties génitales; envies fréquentes d'uriner, sans pouvoir satisfaire ce besoin. Pouls à 100 pulsations; peau moite ; 5 à 6 évacuations ; pas de vomissements. (Même prescription. )

17. Un vomissement et deux évacuations liquides; transpiration abondante; pouls io4, irrégulier; saillie, matité et douleur de la région précordiale ; même état des articulations que la veille. (6 grains (026 milligr.) de tartre stibié.)

18. Le gonflement et la douleur des articulations des membres ont disparu. Le malade n'éprouve qu'un sentiment d'engourdissement de ces parties; même dyspnée (6 grains (526 milligr.) de tartre stibié.)

19. 4 vomissements verdàtres ; pas de déjections; nausées continuelles (il ne prend sa potion qu'avec une extrême répugnance). Les mouvements des membres sont presque enlièrementlibres. Le malade n'éprouve que quelques douleurs vagues dans le thorax, le ventre, les lombes et les parties génitales. (4 grains (217 milligr.) de tartre stibié.)

20. Un vomissement , pas de selles ; pouls à 78 , régulier ; expression de la physionomie naturelle ; état général bon. Le malade demande à manger pour la première fois; la respiration est moins accélérée (elle est descendue a 28. (4 grains (217 milligr.) de tartre stibié.)

si. Lne selle naturelle; pas de vomissements; membres libres, légères douleurs des lombes; pouls à 80. 5 bouillons.

Dès ce moment, le malade entre en convalescence. Les douleurs rhumatismales ne reparaissent plus; mais le plus léger écart de régime ramène la diarrhée. La respiration devient parfois gênée; f auscultation fait»cntendre un bruit de soujflet très manifeste.

Le malade quitte l'hôpital le 5 novembre.

Piéflexions. — Dans ce cas, comme dans le précédent, le tartre slibié a été employé. Ce moyen, dans l'un et l'autre cas, n'a point notablement enrayé la marche de l'inflammation du tissu séro-fibreux du cœur.

Certes, je ne suis prévenu, à priori , ni pour ni contre telle ou telle méthode, tel ou tel moyen ; mais lorsque l'expérience me semble avoir prononcé, d'après le témoignage d'un grand nombre de faits bien observés , en faveur d'une méthode ou d'un moyen quelconque, j'ai pour principe de me conformera l'arrêt de ce suprême juge. Or, je ne crois pas m'écarter de ce principe, en déclarant hautement ici que les émissions sanguines, telles que nous les pratiquons aujourd'hui, l'emportent infiniment sur toutes les autres méthodes dans le traitement de la péricardile aiguë, comme dans celui de toutes les autres phlegmasies. J'ajoute que le fait qui vient d'être rapporté est bien propre à faire ressortir cette supériorité.

Toutefois, il est des cas où le cœur est si violemment pris, qu'il ne se dégage pas complètement dès les premiers jours de l'emploi des émissions sanguines coup sûr coup elles-mêmes. Tel est le suivant.

OBSEîivATlOÎV 39e.

Jeune homme de 24 ans. — Rhumatisme articulaire aigu. — Symptômes de péricardite et d'endocardite (augmentation de l'étendue et de la force des battements du cœur; malité' de près dé cinq pouces en hauteur et en travers dans la région précordiale ; bruit de soufflet). — Émissions sanguines suivant la nouvelle formule; plus tard, un purgatif et un vésicatoire à la région précordiale. — Guérison rapide du rhumatisme. — Persistance assez prolongée des symptômes de l'affection du cœur.

Un jeune homme de 24 ans, facteur d'orgues d'église, d'une constitution assez forte, un peu maigre, cheveux d'un' châtain foncé, peau blanche, mince et fine, était malade depuis la nuit du 4 au 5 octobre i854, lorsqu'il

OBSERV. DE PÉRIC. TERMINÉE PAR LA GUERISON. 55g

fut admis , le 8 du même mois , dans le service clinique (n° 22, salle Saint-Jean -de-Dieu). Ses parents n'onl jamais eu d'alTeclion rhumatismale ; son logement est sec et sain, mais il travaille clans l'es églises et y passe une partie de la journée.

Il fut pris, il y a 4 ans, pendant une tournée qu'il faisait en province, d'une douleur très vive dans le genou gauche qui le retint au lit pendant 8 jours.

Vers le milieu de septembre dernier , il éprouva d'abondantes épistaxis qui se renouvelèrent chaque jour jusqu'à la fin de ce mois.

Il raconte que le vendredi, 5 octobre, sans cause bien connue, il ressentit un malaise général, des frissons , puis de la chaleur et de la fièvre. Le lendemain, il était à peu près dans le même état ; il alla prendre un bain et se mit au lit. Dans la nuit du 4 au 5 , il eut des douleurs très vives dans toutes les articulations. Depuis lors, il cessa démanger, but de la tisane, et se fit transporter le 8 octobre à la Charité.

9. Décubitus dorsal; immobilité; douleurs vives clans presque toutes les articulations, plus fortes clans les coudes et les épaules ; le moindre mouvement arrache au malade des cris douloureux ; la peau est en sueur , très chaude , couverte de petites taches d'un rouge peu vif, avec un petit point saillant au centre, et contenant un liquide transparent. — Celte éruption est très abondante sur les parties supérieures et latérales de la poitrine et plus encore vers les flancs et les lombes ; elle existe aussi à la partie interne des bras, enfin, elle s'étend, mais rare et disséminée, sur la partie externe de l'avarit-bras et sur le clos de la main ; les cuisses et les jambes en sont dépourvues.

Autour des articulations du poignet et des coudes , il existe de l'empâtement sans rougeur notable , avec gonflement des veines ; la respiration n'est point gênée j le pouls est fort, développé.

56o MALADIES DU COEUR EN PARTICULIER.

Les battements du cœur sont très étendus , très sensibles au toucher et à la ■vue. — La niatité de la région précordiale a 5 pouces ( 1 55 millim.) transversalement et 4 pouces ( 1 08 mill.) de haut en bas : dans tout cet espace , les parois de la poitrine sont soulevées par les contractions du cœur. — Au niveau , en dedans et un peu au-dessus du sein , on entend un beau bruit de soufflet , presque sibilant , plus obscur au-dessous du mamelon. — ■ On V entend pendant le premier bruit du cœur particulièrement; cependant le second est aussi plus rude et plus sec qud l'état normal.

La respiration se fait sans souffle , sans raie; elle est seulement un peu faible.

Diagnostic. — Bhumatisme articulaire aigu, compliqué a"endo pèricardiie aiguë.

Prescription. — Deux saignées de 3 à 4 palettes ; vent, scarif. région p record. 3 palett.; violet, et bourr. édulc. Impôts; lav. émoll.; catap.; diète.

10. Le malade a éprouvé du soulagement : il a moins de douleurs dans les articulations des membres inférieurs , qu'il peut remuer ; les épaules sont douloureuses encore ; les poignets sont plus libres. — Les vésicules de la peau sont très abondantes et presque confluentes dans les flancs et sur les côtés de la poitrine , de la grosseur d'un grain de millet, entourées à leur base d'un cercle moins rouge qu'hier. (Cette éruption constitue la rniliaire des nosologistes.)

La respiration est un peu gênée ; le pouls bat 92-96 par minute ; il est plein , assez fort.

La langue est blanche , humide; pas de selles.

Les sueurs sont très abondantes.

Pas de douleurs dans la région précordiale où l'on entend le même bruit de souffle.

Le sang des deux saignées est couvert d'une forte couenne, de 3 ri 4 lignes d'épaisseur, dense et analogue à une peau de daim ou de chamois; le caillot est d'une bonne consistance.

OBSlïRV. DE PÉRIC. ÏERMlBTÉÊ PAR LA GUERÏSON. 56 1

Une saignée de 5 pal. — Le reste ut supra.

1 1. Amélioration plus marquée ; nulle douleur dans les pieds et les genoux; les épaules sont toujours plus douloureuses que les coudes, mais elles le sont à un moindre degré que la veille : c'est surtout pendant la nuit que les douleurs sont plus prononcées.

La peau est couverte de sueur.

Nulle douleur dans la région précordiale ; même bruit. — Pouls à 84 pulsations, moins fort.

Légère oppression.

Caillot dense et consistant ; couenne retroussée, un peu moins épaisse que celle d'hier. (Une saignée deh palett. 1/2 ; 'ventouses à lu région précord. 5 palelé)

12. Beaucoup moins de douleur dans les épaules ; il n'en existe plus nulle part ailleurs. — Le malade a dormi ; pouls moins fort, à 84.

Disparition de l'oppression depuis l'application des ventouses. — Le bruit de souffle a diminué.

Pas de couenne bien distincte sur le caillot, qui est ferme et résistant. Les vésicules cutanées sont extrêmement nombreuses et forment aujourd'hui de véritables et gros sudamina.

i3. Le malade continue à aller mieux : peu de gène dans la respiration ; les épaules sont encore un peu douloureuses. Constipation encore aujourd'hui (c'est le 5e jour). Pouls a 80-84 , régulier, sans plénitude.

La mat'ité de la région précordiale a diminué de moitié (2 pouces 1/2 (68 millim.) verticalement et 2 pouces (54 millim.) transversalement). — Le bruit de souffle a aussi beaucoup diminué.

Les sudamina sont très considérables, confluents sur les côtés de la poitrine et du ventre ; quelques uns ont le volume d'une grosse tête d'épingle. La rougeur de leur base a totalement disparu. (Lavem. purgat.; — 2 bouillons. )

i4- Urines d'une couleur foncée. (Un nuage épais occupe 1. 36

Ô6a MALADIES DU COEUR EN PARTICULIER,

la moitié inférieure du verre qui les contient.) — Le sommeil est bon, les douleurs des épaules sont presque nulles; 72 pulsations. (Le pouls est moins plein et moins fort qu'hier.) — Langue bonne; une selle.

Le bruit de souffle s'entend à peine. (2 bouill.; — 2 potag.) i5. Il ne reste plus qu'un peu de gêne dans les épaules; . 60 puis. — Langue bonne ; pas de selles ; le bruit de souffle a encore diminué et ne s'entend presque plus du tout. (Bouill. aux herbes; huile de ricin, 60 gram.)

16. Bien. — 56 puis. — Même état du cœur. Les articulations se dégagent chaque jour davantage. — 2 ou 5 selles par le purgatif.

17, 18, io,. Un léger bruit de souffle accompagne encore les battements du cœur.

20. L'impulsion du cœur se fait sentir dans une étendue encore considérable : on entend aujourd'hui un triple bruit imitant le rhythme du bruit de rappel. Le premier bruit est accompagné de souffle, et les deux autres d'un léger bruit de râpe. [Ventouses scarif. région du cœur (2 palett.); looch thrïd.)

2 1 . Les battements du cœur sont moins forts qu'hier. Le bruit de soufflet est moins marqué.

22. On mesure de nouveau la matité du cœur : elle est de 4 p. 1 lig- (110 mill.) transversalement, et de 5 p. ( 81 mill.) verticalement.

Les battements du cœur changent de place suivant que le malade reste couché sur le dos , ou qu'il se met à son séant, ou qu'il se penche d'un des deux côtés. Le déplacement est d'environ un pouce à un pouce et demi (27 à 4i mill.) de haut en bas, et d'un pouce à demi à deux pouces (4' à f 4 mill.) en. travers. — Le pouls est à 44-48. (Large vésicatoire sur la région du cœur.)

23. Les trois bruits du cœur sont parfaitement distincts; 44-48 puis. (3 bouill., "h pot.)

Dans les derniers jours d'octobre , j'examinai le malade

après lui avoir fait descendre et monter l'escalier. Cet exercice ne fut accompagné ni d'oppression, ni de palpitations. Le malade se trouve parfaitement bien depuis déjà plus de quinze jours, et serait sorti de l'hôpital si nous ne lui avions conseillé d'y rester encore.

Les battements du cœur ont perdu de leur étendue et de leur intensité. Depuis l'application du vésicatoire , le second bruit ne se fait plus ordinairement en deux temps , comme auparavant; cependant, il est des jours où cette circonstance a lieu , et alors une sorte de craquement ou de râclement léger accompagne le mouvement du cœur, pendant lequel s'opère le second bruit. Le bruit de souffle , pendant la contraction ventriculaire, est moins fort; une légère voussure que nous avions remarquée à la région précordiale , n'existe plus.

Les artères n'offrent aucun bruit anormal. Elles battent toujours lentement (48 fois par minute). — Le malade mange la demie.

Sortie, le 5 novembre i8$4- Le malade est gai, a repris toutes ses forces; son teint est frais, ses lèvres rosées. Cependant les mouvements du cœur sont plus étendus qu'à l'état normal (on les aperçoit dans les 2P et 5e espaces intercostaux, qui sont fort larges). La pointe du cœur continue à se faire sentir dans des lieux différents, selon que le sujet affecte la position horizontale ou verticale. La matité de la région précordiale occupe une surface d'environ neuf pouces carrés ('i44 mill.) (î).

(1) J'avais engagé le malade à venir me voir s'il éprouvait quelque accident du cùlé du cœur. Il est venu , le 25 novembre , conduisant son frère , atteint d'une maladie semblable à la sienne. Quant à lui, il se porte à merveille, est gai et ne se plaint point de palpitations. Les battements du cœur sont réguliers, sans bruit anormal, un peu forts et étendus.

OBSERVATION 40e.

Homme de 35 ans. — Six attaques de rhumatisme articulaire. — A l'époque de la dernière, symptômes de péricardite (malilé très étendue dans la région précordiale ; bruit de râpement diffus, etc.)- — Plus tard, pleurésie. — Émissions sanguines générales et locales répétées plusieurs fois; vésicatoire, etc. — Guérison complète.

Jean-Antoine Lioté, âgé de 35 ans, d'une constitution peu vigoureuse, châtain, ayant la peau fine, mince, pâle, fut admis à la Clinique (n° 1 1 , salle Saint-Jean-de-Dieu) , le 6 décembre 1804. Sa profession de saltimbanque l'expose à toutes les vicissitudes atmosphériques, et c'est à cette circonstance qu'il attribuait le rhumatisme articulaire aigu pour lequel il entra à l'hôpital , maladie dont il avait déjà eu antécédemment cinq attaques. En 1819, il fut aussi traité d'une pleurésie gauche , à l'hôpital Cochin.

La maladie qui le conduit àl'hôpital ne date que de cinq à six jours. Presque toutes les articulations ont été prises (il a été saigné trois jours avant son entrée).

Voici les symptômes qu'il présentait, le lendemain de son arrivée à la visite.

Les articulations des membres inférieurs et supérieurs sont tellement douloureuses, que le moindre mouvement est impossible ; elles sont gonflées , et la peau qui les recouvre est tendue, luisante, chaude; décubitus dorsal; physionomie exprimant l'abattement et l'anxiété ; face rouge , couverte de sueur ; fièvre vive ( pouls à io4 , plein, large et développé).

Le malade se plaint d'une douleur dans la région précordiale. Le double bruit du cœur est complètement masqué par un bruit de scie ou de râpe diffus, ayant son maximum d'intensité vers la pointe du cœur. La matité de la région précordiale est de 4 pouces (108 mill.) en travers et de haut en bas. La main appliquée sur la région où exibte la inatité ne distingue que très confusément les battements du cœur.

Diagnostic. Rhumatisme articulaire aigu , compliqué de péricardite et peut-être a endocardite.

Quatre saignées de trois palettes , trois applications de ventouses scarifiées de deux palettes chacune; des frictions mercurielles sur les articulations, un vésicatoire sur la région précordiale , les boissons légèrement diaphorétiques, et quelques potions gommeuses avec 6 à 8 grains (5 à 4 décigr. )de thridace, tels furent les moyens mis en usage.

A la fin du mois de décembre, il ne restait plus de trace du rhumatisme; la matité de la région précordiale était rentrée dans ses limites normales , et il n'existait qu'un léger bruit de frôlement diffus dans la région précordiale. Le malade mangeait le huitième d'aliments.

Le 5 janvier, il survient des signes d'une pleurésie gauche (point de côlé , souffle bronchique , égophonie , pas de respiration vésiculaire , respiration accélérée , fièvre). — l ne nouvelle saignée est pratiquée (î), et des ventouses scarifiées sont appliquées sur le côté douloureux. — Plus tard , un large vésicatoire est appliqué sur le même côté.

Les accidents ne tardent pas à se dissiper, et le malade est mis au quart , le 9 janvier. Le pouls était à 68 par minute, et le double claquement du cœur était revenu à son état normal , sans mélange d'aucun bruit de souffle ou de râpe.

Le malade obtient sa sortie le 18 janvier, six semaines environ après son entrée. Il fut examiné avec soin , et nous constatâmes de nouveau, comme nous l'avions fait tant de fois déjà, le retour du double bruit du cœur à son état normal. La matité de la région précordiale n'était plus que d'un pouce carré , c'est-à-dire la 16e partie de celle qui existait au moment où le malade fut examiné pour la première fois.

(1) Le sang fourni par cette saignée, comme celui fourni par toutes les précédentes, se recouvrit d'une couenne épaisse, ferme, élastique, résistante, polie à sa surface , et pour ainsi dire organisée en véritable membrane,

OBSERVATION 41e.

Homme de37 ans. — Rhumatisme articulaire aigu.— Symptômes d'endo-péricardite ( malilé, bruit de frottement superficiel et bruit de souffle dans la région précordiale). — Guérison par les émissions sanguines répétées, l'application d'un vésicatoire et l'administration de la digitale.

François Bailli, âgé de 07 ans, palefrenier, d'une forte constitution, fut admis à la Clinique (n° 4» salle Saint-Jeande-Dieu, le 8 novembre i834). Cinq mois auparavant, il avait eu, disait-il, une fluxion de poitrine , pour laquelle il fut saigné trois fois. A la suite de cette maladie, il éprouva des douleurs de rhumatisme, qu'il attribuait aux alternatives de chaud et de froid auxquelles il est souvent exposé. Le rhumatisme fut combattu par les sudorifiques. Le malade était à peine en état de marcher, qu'une nouvelle affection du même genre se déclara, et c'est pour en être traité qu'il est venu à l'hôpital.

Le rhumatisme occupe cette fois , et les membres supérieurs et les membres inférieurs, mais particulièrement les genoux , les coudes et les articulations des deux mains.

Une fièvre très vive accompagne la fluxion inflammatoire des articulations; le pouls est fort, régulier, à 82-88.

La région précordiale n'est pas notablement douloureuse. Elle rend un son mat dans une étendue de 2 pouces (54 mill.) en travers et verticalement. On y entend très distinctement un bruit de frottement superficiel, plus marqué dans la région des cavités droites.

Diagnostic. Rhumatisme articulaire aigu, compliqué de péricardite.

Trois saignées de 3 à 4 palettes (1), l'application de ventouses scarifiées sur la région précordiale (2 palettes); plus tard, un vésicatoire sur la même région et l'administration de la digitale, amenèrent une complète guérison.

(1) Le sang de toutes ces saignées se couvrit d'une couenne épaisse , ferme, résistante, élastique.

OBSERV. DE PÉRIC. TERMINÉE PAR LA GUÉRISON. ÔGy

Il existait encore un souffle marqué à la région précordiale, lorsque déjà tous les autres symptômes avaient complètement cessé, et que le malade mangeait la demie (ce bruit est un des signes d'après lesquels nous fûmes porté à penser qu'il avait existé une endocardite en même temps qu'une péricardite). Mais les bruits du cœur étaient revenus presque complètement à l'état normal lorsque le malade sortit de l'bôpilal , le i5 décembre, cinq semaines après son entrée (1).

OBSERVATION 42e.

Jeune homme de 30 ans. — Pleuro-pneumonie compliquée de péricardite (matité à la région précordiale; obscurité des battements du cœur, dont les bruits sont sourds et profonds ). — Abondantes émissions sanguines générales et locales, répétées coup sur coup. — Guérison très rapide (convalescence dès le quatrième ou le cinquième jour après l'entrée).

Un porteur d'eau, âgé de 3o ans, d'une taille très élevée, d'une forte constitution, éprouvait depuis quatre ou cinq jours les symptômes d'une fluxion de poitrine, lorsqu'il fut admis à la Clinique (n° i4, salle Saint- Jean-de-Dieu), le 19 décembre i854.

Le 20, à la visite , voici quel était l'état du malade :

Le visage était le siège d'un érysipèle commençant; les lèvres étaient sèches.

Le crachoir contenait une médiocre quantité de crachats vitriformes, d'une teinte rouillée , médiocrement visqueux.

Douleur vive dans le côté gauche de la poitrine ; 40 à 44 inspirations par minute.

La partie postérieure du côté gauche de la poitrine rend un son un peu obscur, depuis la base jusqu'au sommet; et l'on y entend un râle sibilant, suspirieux, avec un peu

(1) Ce malheureux a fini par succomber, en 1838, à une maladie organique du cœur. Il était alors dans le service de M. le professeur Andral. J'ai rapporté la suite de son observation dans mon Traité clinique du rhumatisme articulaire. Paris, 1840, pag. lSG.et Sulv.

de souffle dans la région de l'omoplate. — La partie postérieure du côté droit résonne passablement dans ses deux tiers inférieurs, mais ne résonne presque nullement dans la région du sçapulum où existe du râle crépitant, du souffle bronchique et une brochophonie très retentissante.

Les battements du cœur sont obscurs et profonds. La percussion donne 5 pouces (81 millim.) de matilé transversalement et 4 pouces (108 millim.) verticalement. ■ — • Les bruits du cœur sont lointains , profonds, mal dessinés (le premier bruit est très sourd et le second presque imperceptible). En faisant coucher le malade sur le côté droit, la matité s'est déplacée et le premier bruit du cœur est devenu plus distinct (il est accompagné d'un tintement métallique); dans la position assise, la matité s'est également déplacée.

Fièvre très vive. (Pouls à 120-124; peau très chaude.)

Diagnostic. Pleiiro-pneumonie au premier degré , compliquée de péricardite avec épancherrient. — Erysipéle a la face.

Prescription. 2 saignées de 4 à 5 palett.; -vent, scarif. rég. précord. 5 palett.; catapl. ; guim. viol, èdulc. — Diète.

21. Le sang des saignées est ferme et recouvert d'une couenne résistante, élastique, avec renversement des bords du caillot. Crachats fortement rouilles, plus visqueux que la veille ; respiration plus libre (82 inspirations); râle crépitant en arrière , à droite , etc. — Cessation du point de côté.

Pouls à 124, régulier, plus développé que la veille. La matité de la région précordiale a presque diminué de moitié [elle n est plus que de 2 pouces (54 millim.) 'verticalement et de 2 pouces 2 lignes (69 milli m.) transversal ement) ; les battements du cœur sont plus sensibles au toucher, et le double claquement de cet organe se fait entendre , quoique plus sourdement qu'à Vétat normal. Nul frémissement cataire à la région précordiale.

Le visage est encore rouge , gonflé.

OBSERV. DE PÉRIC. TERMINÉE PAR LA GUÉRISON. 56g

Prescription. Saignée de 5 palett. ; vent, scarîf. rég. du scapïil. droit , "h palett. — Le reste ut suprà.

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