PREM. CATÉGORIE D'OBSERVATIONS DE CARDITE
Autopsie cadavérique , environ 24 heures après la mort.
i° Habit, extérieure. — - Marasme ; point de traces de décomposition putride.
20 Organ. respirât, et circulât. — Les poumons , rosés , crépitants, parfaitement sains, adhéraient de toutes parts aux parois pectorales, ainsi qu'au péricarde. Ce dernier adhérait au cœur dans tous les points. Il existait entre le feuillet pariétal et le feuillet viscéral une exsudation albumineuse , jaunâtre, de la consistance de blanc d'œuf à demi cuit, faiblement unie à la surface du cœur, dont on la détachait à l'instar d'une fausse membrane de formation récente, bien qu'elle fût évidemment déjà assez ancienne. Cette exsudation tenait , au contraire , au feuillet pariétal par des filaments celluleux assez serrés. Enseveli, pour ainsi dire , au centre de cette masse albumineuse , dont l'épaisseur était de plus de 5 lignes (7 mill.), le cœur avait un très petit volume, comme s'il eût été atrophié par la compression. Sa surface extérieure était d'un rouge foncé , nuancé de quelques points noirâtres. Son tissu charnu était brun , ramolli et très facile à déchirer.
Introduit dans le ventricule gauche, le doigt en remplissait étroitement toute la capacité.
OBSERVATION 46e (1).
Femme de 36 ans. — Symptômes de lésion organique du cœur, à la suite de trois attaques de rhumatisme articulaire aigu. — Tout-à-coup, symptômes d'une maladie aiguë, avec dyspnée, lipothymies, etc. — Mort dix-sept jours après le début de ces accidents. — Cœur volumineux, mou et flasque. — Trois ou quatre abcès dans la substance musculaire du cœur, avec rougeur noirâtre ; pus sanieux dans l'épaisseur de l'appendice auriculaire. — Épaississement cartilagineux de la valvule mitrale, avec rétrécissement de l'orifice auriculo-ventriculaire gauche.
e Une domestique, âgée de 56 ans, fut atteinte, vers sa
(1) Cette bservation est de M. Raikem. On la trouve dans les Bulletins de In Faculté povr l'année 1R00, avec ce titre : Extrait d'une observation sur une
» treizième année , époque où elle travaillait dans des caves «humides et couchait dans des bâtiments neufs , d'un rhu- «matisme goutteux aigu. A 16 ans, il survint une récidive » du rhumatisme , à la suile de laquelle les doigts et les » orteils restèrent toujours fixés dans une direction vicieuse, » avec impossibilité d'une extension complète. Au mois de «juillet 1808, après des fatigues multipliées, il survint une «troisième attaque de rhumatisme articulaire qui sévit «successivement sur toutes les articulations des membres , » et se dissipa , au bout d'une quinzaine de jours , en lais- » sant les jambes œdémateuses , surtout le soir, pendant deux » mois.
«Le 5 novembre de la même année, cette fille se cou- /)cha bien portante, ne dormit pas, et éprouva, après «des horripilations générales, des mouvements vifs et tu- » multueux du cœur, une douleur lancinante dans la région «précordiale, de la dyspnée et une lipothymie qui dura une «heure. — Les jours suivants, les mêmes symptômes persis- » tèrent , quoiqu'avec un peu de relâche (il survint plusieurs » lipothymies).
«On administra des antispasmodiques, de l'éther; on » appliqua de la moutarde aux pieds , des vésicatoires aux » jambes.
«Tous ces moyens n'apportèrent aucun soulagement, et «la malade fut admise à l'hôpital Saint- Antoine (c'était le « quatrième jour de la maladie).
«Face abattue, teint blafard, lèvres vermeilles , gonfle- «ment extrordinaire des veines du nez et des jugulaires ; «réveils en sursaut. — Nausées et vomissements fréquents; «langue rouge, lisse, humide; douleur à l'épigastre. — »Pasdetoux, respiration petite , fréquente, diaphragma- » tique. — Palpitations du cœur véhémentes, intermitten-
cardite aiyuë, compliquée d'inflammation d'une partie du. poumon et de la membrane muqueuse de l'estomac.