‹ Traitâe clinique des maladies du cœur (volume 2)Chapitre 128 sur 142 · PREM. CATÉGORIE D'OBSERVATIONS DE CARDITE · texte numérisé non relu

PREM. CATÉGORIE D'OBSERVATIONS DE CARDITE

«tes, irrégulières, sensibles à la vue; décubitus sur le dos, terecta cercice. Thorax résonnant bien. — Plusieurs lipo- «thymies dans la journée. {Potion fortifiante, infusion vineuse » de camomille.)

» 5 et 6. La potion parait augmenter les palpitations et «les menaces de suffocation.

» 7. Toux et crachats visqueux et sanguinolents.

» 8. Le son de la poitrine devient obscur particulièrement »en bas. (Emulsion , huit sangsues sur Vépigastre.)

«9 et 10. Vomissement des boissons , à l'exception de «l'eau sucrée.

->i2. Découragement, anxiétés extrêmes, lipothymies 1 incomplètes , palpitations toujours très vives; respiration 1 courte, fréquente, laborieuse, inégale, suspirieuse; froid » des extrémités; délire pendant la nuit.

«Jusqu'au 18, peu de changement; infiltration autour «des malléoles. [On pratique une saignée: le sang n'est pas » couenneux ).

» 19 et 20. Palpitations constantes, trouble extrême de » la circulation. Tous les symptômes d'une mort prochaine «existent ... Cependant la malade n'expire que le 22 , con- » servant toute sa connaissance.

» Ouverture du cadavre.

«Le lobe inférieur des deux poumons est compacte. Les «plèvres n'offrent d'autre altération qu'une légère adhérence » de celle du côté gauche.

«Le viscère essentiellement malade est le cœur. Il a un «volume double de l'état naturel , il est mou et flasque ; le «ventricule gauche surtout est fort augmenté de volume, «et ses parois sont amincies. — La valvule mitrale présente »de l'épaississement et un état cartilagineux. L'ouverture » auriculo-ventriculaire est rétrécie au point de n'avoir que «6 lignes au plus de diamètre.

«À la face postérieure et supérieure de l'oreillette gau- » che , à travers le péricarde qui est parfaitement sain , on

«voit le tissu musculeux du cœur recouvert de petits points «blanchâtres, injectés d'une couleur rouge noirâtre, of- •nfrant trois ou quatre petites tumeurs sphéroïdes , de deux à » trois lignes de diamètre et soulevant le péricarde. En les incisant » il en coule un véritable pus sanieux et opaque. U appendice » auriculaire de ce côté est dur, compacte , 'volumineux, et con- » tient un pus sanieux. — Dans les autres parties du cœur la «fibre musculeuse n'offre point d'altération »

Piéflexioiss. — C'est par des observations telles que celle-ci qu'il faut répondre à ceux qui osent nier les immenses progrès qu'a faits , depuis une vingtaine d'années, la médecine vraiment pratique. On prescrit une potion fortifiante et une infusion -vineuse de camomille , à une malheureuse femme qui étouffe et tombe en défaillance sous la double atteinte d'une inflammation aiguë des poumons et du cœur !

Je rappellerai aux lecteurs que l'observation présente vient encore confirmer tout ce que nous avons dit si souvent déjà sur la connexité qui existe entre les lésions organiques du tissu séro-fibreux du cœur et les affections rhumatismales antécédentes des articulations. La femme qui est le sujet de cette observation avait, en effet, été affectée, à trois reprisés différentes, d'un rhumatisme articulaire aigu (à la suite de la troisième attaque, les jambes restèrent œdé~ mateuses pendant deux mois). A l'ouverture du cadavre, outre les traces de la maladie aiguë qui a entraîné la mort, on trouve un état cartilagineux de la valvule mitrale avec rétrécissement de Torifice auriculo-ventriculaire gauche. D'après les faits si nombreux que nous avons précédemment rapportés, n'est-il pas à peu près certain que la lésion dont il s'agit a été la conséquence d'une endocardite valvulaire coïncidant avec le rhumatisme articulaire aigu dont la malade a été atteinte ? Cependant l'auteur de l'observation rie dit rien des rapports qui peuvent exister entre les affections inflammatoires du cœur et les affections inflammatoires des

PREM. CATÉGORIE d'oESERVATIONS DE CARDITE. 687

articulations connues sous le nom de rhumatismes articulaires.-

OBSERVATIO\S 47 et 48e.

Homme de 58 ans. — Rhumatisme compliqué de symptômes d'inflammation du cœur. — Mort rapide. — Foyers purulents dans les parois , les piliers et la cloison du cœur.

Dans sa dissertation inaugurale sur la car dite partielle et générale, M. Simonet rapporte le cas suivant :

Obs. 47e' — Un ancien chirurgien, âgé de 58 ans, sujet aux affections rhumatismales , en éprouvait une grave atteinte , lorsqu'il fut amené à l'hôpital Beaujon. Il avait alors les extrémités froides, une faiblesse générale, le pouls roide, serré, assez fort et irrégulier. Le cœur battait largement et tumultueusement , la respiration paraissait étouffée.

Une saignée fut vainement pratiquée. Le malade mourut quelques heures après dans une syncope.

Autopsie cadav., 24 heures après la mort.

Sous la couche graisseuse du cœur , il y avait une demidouzaine de petits foyers purulents. La membrane interne du cœur était rouge dans plusieurs endroits ; à travers cette membrane on apercevait deux points blancs jaunâtres faisant relief sur le pilier de la valvule mitrale : l'incision en fit écouler du pus. Un de ces foyers pénétrait dans l'épaisseur du pilier. Une exsudation très mince revêtait les portions enflammées de la membrane ; dans divers points de l'épaisseur de la cloison , on rencontrait des foyers de deux à trois lignes , tous pleins d'un fluide blanc-jaunâtre. Les espaces de la substance qui n'offraient point de foyers étaient gris-jaunâtre, ramollis, se déchirant sous le moindre effort.

Réflexions. — Voici encore un nouvel exemple d'une inflammation du cœur coïncidant avec un rhumatisme. Mais M. Simonet indique cette circonstance d'un rhumatisme chez un individu atteint d'une cardite, sans y attacher aucune importance. Le temps n'était pas encore arrivé où l'on

formulerait en loi ce qui n'était encore qu'un fait pour ainsi dire de hasard, une circonstance fortuite.

Obs. 48'. — A l'ouverture du corps d'un individu qui succomba en deux jours à une inflammation très aiguë du cœur, M. le docteur Lalharn rencontra l'altération suivante : a Tout »le cœur offrait une teinte d'un rouge brun ; la substance » était ramollie, et çà et là, quand on incisait les ventricules, son voyait sourdre d'innombrables gouttelettes de pus à » travers les fibres musculaires. »{Lond. med. Gaz., vol. III, pag. 118.)

OBSERVATIONS 49% 50e et 51'.

Obs. 49e.— Jeune homme de 19 ans. — Variole, suivie d'abcès, et probablement de phlébite.— Mort le cinquante-cinquième jour. — Abcès enkysté, de la grosseur d'une aveline, dans le tissu même du cœur.

Un soldat , âgé de 1 9 ans, était au 4e jour d'une variole, lorsqu'il fut admis à l'hôpital du Gros-Caillou, le 7 décembre i83i. Dans le cours de celte maladie, il survint des abcès, des escarres et une énorme infiltration du membre supérieur gauche, suite probable d'une phlébite. Le malade était tombé dans un marasme extrême , quand il mourut, le 55e jour de la maladie. La fièvre avait persisté jusqu'au dernier moment ; et bien que le malade n'accusât aucune douleur locale, son visage offrait l'expression de l'anxiété la plus profonde.

Voici ce que montra l'ouverture du cadavre. A la base du ventricule gauche, derrière la valvule mitrale, dans l'épaisseur même du tissu charnu du cœur, existait un abcès de la grosseur d'une aveline, contenant un pus blanc, bien lié, homogène, nullement caséeux, sans communication avec l'extérieur ni l'intérieur du cœur, renfermé dans un kyste assez consistant. Incisé dans toutes les directions, le cœur n'était le siège d'aucune autre suppuration... (Observ. publ. par M. Cas. Broussais dans le t. XXI des Annal, de la Mèd. Physiol. — Paris , i832.)

SECONDE CATÉG. INOBSERVATIONS DE CARDITE. 58o,

Obs. 5oc. — Chez un enfant, âgé d'environ 12 ans, affecté de péricardite, Laënnec trouva dans l'épaisseur des parois du ventricule gauche, près de sa base, un abcès qui aurait pu contenir tout au plus une aveline.

Obs. 5ir. — Chez un homme de 60 ans, qui avait présenté les symptômes d'une inflammation aiguë de quelqu'un des viscères thoraciques , Laënnec trouva du pus concret , c'està-dire, une exsudation albumineuse, de la consistance de blanc d'oeuf cuit, interposé entre les faisceaux charnus du ventricule gauche.

M. Choisy a consigné dans sa dissertation inaugurale deux faits qui se rapportent à l'inflammation suppurative du cœur. Ces faits sont malheureusement indiqués, plutôt que décrits. Voici d'ailleurs le passage que nous signalons ici :

« L'inflammation aiguë des oreillettes du cœur est, si «j'en dois juger par deux cas que j'ai pu vérifier par l'au- » topsie , une maladie bien grave et promptement mortelle : «dans l'un d'eux, l'oreillette gauche était ramollie, supputée. «J'avais remarqué pendant la vie une dilatation extrême «des pupilles, leur immobilité, un état profond de stupeur. • Chez l'autre sujet, qui nous offrit les mêmes altérations » affectant les mêmes parties, le symptôme prédominant avait «consisté en des hémoptysies peu abondantes, mais pour » ainsi dire non interrompues. Chez tous deux , nous avions » observé une extrême irrégularité de la circulation. »

Si l'on en excepte l'irrégularité du pouls , les symptômes mentionnés par M. Choisy n'ont évidemment aucune relation nécessaire avec l'inflammation aiguë des oreillettes.

Page 1