I. Poids du cœur
Le cœur a été pesé chez les onze sujets de cette troisième
série.
( Au lieu de 262 gram. 8 (lre série'; et de s 175 gram. (2e série).
(Différences : 211 et 298.
(Au lieu de 350 gram. (lre série); et de Maximum 6S8 < 200 gram. (2e série).
(Différences: 338 et 388.
( Au lieu de 200 gram. (lre série); et de Minimum 338 135 gram. ^2e série).
(Différences : 138 et 203.
Les résultats de la comparaison ci-dessus entre les poids de cœurs hypertrophiés et ceux de cœurs à l'état normal ou atrophiés , sont réellement fort intéressants : ils nous apprennent que le poids du cœur le plus hypertrophié est plus que quintuple de celui du cœur le plus atrophié, et presque triple de celui d'un cœur à l'état normal.
(1) Comme nous l'avons fait observer dans une précédente note, les dimensions du cœur peuvent parfois être augmentées sans que son poids le soit, de même que le poids du cœur peut, au contraire, èire sensiblement accru, sans que son volume soit augmenté. Mais ce n'est pas de ces cas qu'il s'agira dans cet article.
Moyenne 473 gram. 5
Cependant ce maximum n'est que de 688 grara., tandis que Lobstein dit avoir trouvé un cœur qui pesait 2 livres, ou 5 12 gram. de plus que notre maximum. Un tel poids me parait vraiment monstrueux, à moins toutefois que le professeur de Strasbourg n'ait, ce qu'il ne dit pas, pesé le cœur avant de l'avoir débarrassé des caillots qu'il aurait contenus en grande quantité.
II. Volume et dimensions du cœur (1) ; capacité de ses cavités et largeur de ses orifices.
Circonférence. Elle a été mesurée chez six des onze sujets de celte troisième série.
/Au lieu de 8 p. 9 I. 3/7 = 225 millim. \ (I" série); et de 6 p. 9 1.1/2=1 84 millim. Moyenne 10p. l01.2/3=270mil'"»< (2* série).
) Différences: 2 p. 1 1. 1/4 = 57 millim. et \ 4 p. 1 I. 1/6 = 110 millim.
(Au lieu de 10p. 6 l.=2S4 millim. (lresér.)j Maximum 12 p. =338 \ et de 8 p. = 217 millim. (2e série).
(Différences : 1 p. 6 I. et 4 p.=41 et 108 mill.
(Au lieu de 8 p. = 217 millim. (lre série); Minimum 8 p. 10 1. =239 { et de 6 p. 2 1. = 107 millim. (2e série).
(Différences : 10 1. et 2 p. 8 l.=23 et 72 mill.
Longueur. Elle a été mesurée chez sept des onze sujets de cette série.
(Au lieu de 3 p. 71. 1/3=98 millim. (l^sér.); Moyenne 4 p. 7 1. =124miltimJ et de 2 p. 10 1. = 77 millim. (2e série).
( Différences : 1 p. et 1 p. 9 l.=27 et 47 mill.
,-Au lieu de 4 p. = 10S millim. (lre série);
»r„ . t „ , 4,a \ et de 3 p. 4 I. =90 millim. (2e série).
Maximum 5 p. 3 I. =142 Différences : 1 p. 3 I. et 1 p. 11 I. = 34 et
\ 79 millim.
: Au lieu de 3 p. 2 1. 1/2=87 mill. (1™ série); Minimum 3d 7 1 —97 ' e1 fle 1 p. 9 1. = 47 millim. (2* série).
Minimum 3 p. 7 1. -«7 Différences : 4 1. 1/2 et 1 p. 10 1. = 10 et
( 50 millim.
(1) Chez deux sujets seulement, le volume du cœur a été comparé à celui du poing du sujet: chr-z le premier sujet de cette 3e série, il était presque double du poing , et chez le septième , triple de celle même partie.
70 ANATOM1E DU COEUR.
Largeur. Elle a été mesurée chez sept des onze sujets de cette troisième série.
a Au lieu de 3 p. 7 1. 1/2=98 mill.(l'e sér.);
Moyenne 5p. 51. 1/7=1 44*^ ;«** 2 p" 7 '/ X^?\ TV"!™/ {K*f"?k J x ' I Différences : 1 p. 9 I. 1/2 el 2 p. 9 1. 1/2
V —49 et 78 millim.
(Au lieu de 4 p. 6 1 =122 millim. [V série); Maximum 8 p. 6 1. =230 et de 3 p. 1 1. =83 millim. (2e série).
! Différences : 4p.et5p.51.=135el 146mill.
!Au lieu de 3 p. 51. =92 millim. (lre série); et de 1 p. 5 1. = 38 millim. (2e série). Différences : 5 1. et 2 p. 5 1. =11 elG5mill.
Epaisseur. Elle a été mesurée chez trois des sujets de
celte troisième série.
( Au lieu de 1 p. 1 1 1. 1/6=52 millim. 1 « sér.); Moyenne 2 p. 5 1. 1/2= 67miiiimJ et de 1 p 6 1. 1/2 = 47 millim. (2e série).
(Différences: 6 1. 1/3 et 11 l.=15et25mill.
( Au lieu de 2p. 7 1. =70millim. (lrf série); Maximum 3 p. =81 et de 1 p. 11 1. = 52 millim. (2e série).
'Différences: 51.etlp. 1 l. = ll et29mill.
Minimum 2 p. = 54
(Au lieu de 1 p. 5 l.=38 millim. (1"- série);
et de 1 p. 2 I. = 32 millim. (2e série). ( Différences : 7 I. el 10 I. = 16 et23 millim.
Epaisseur des parois du ventricule gauche. Elle a été mesurée chez dix des onze sujets de cette troisième série.
(Au lieu de 61. 1/2= 15 millim. (lre série); Moyenne 10 1.1/2 = 24^'HmJ et de 6 1. 1 /6 = 14 millim. (2e série).
(Différences: 4 1. et 41. 1/3=9 et 10 millim.
( Au lieu de 8 1. = 18 millim. (lre série) ; Maximum 1 p. 1 1. =29 (1) l et de 8 1. l/2 = 19 millim. (2< série).
(Différences: 5el41. 1/2=11 et 10 millim.
*t- -m»^Ti ic ( Au lieude 51.= 11 millim. (l«et2esér.1.
M.nimam 7 1. =16 { Difft->rence . 2 1. =5 millim.
Epaisseur des parois du ventricule droit. Elle a été mesurée chez huit des onze sujets de cette série.
( Au lieu de 2 1. 3/5 = 6 millim. ( l« et Moyenne 3 1.7/8 = 9™n»n- < 2e série).
(Différence : 1 1. 1/4 = 3 millim.
(1) Nous rapporterons, dans le cours de cet ouvrage , plusieurs cas où l'épaisseur des parois du ventricule gauche a dépassé le chiffre indiqué ici.
( Au lieu de 3 1. 1/2 = 8 millim. (lre série) ; Maximum 4 1. 1/2 =10 < et de 3 I. 1/4 = 7 millim. (2« série).
(Dillerenc.es : 1 1. el 1 1. 1/4 = 2el3 millim.
' Au lieu de 1 I. 1/2 à 2 1. = 3 à 5 millim. ) Cire sériel; et de 2 f.'=5 millim. (2e sér.). j Différences : 1 1. = 9 millim. à 1 I. 1/2 et l I. = 2 à 3 millim. el 2 millim.
Minimum 3 1.
Épaisseur des parois de l'oreillette gauche. Elle a été mesurée chez trois des onze sujets de cette série. Chez deux, elle était de 2 lignes (5 mill.), et de 2 lignes et demie (6 mill.) chez le troisième, ce qui donne une moyenne de 2 1. 1/6 (5 mill.), c'est-à-dire une augmentation d'un peu plus d'une ligne (2 mill.), ou de plus de la moitié de l'épaisseur normale.
Epaisseur des parois de V oreillette droite. Elle a été mesurée chez quatre des onze sujets de cette série. Chez deux, elle était de 3 lignes et demie (8 mill.) vers la région de l'appendice; chez un troisième, elle était de h lignes (7 mill.), et n'était que d'une ligne (2 mill.) chez le dernier, ce qui donne une moyenne de 2 1. 1/4 (6 mill.), c'està-dire que cette épaisseur était double au moins de l'état normal.
Epaisseur de la cloison intetventriculaire. Elle a été mesurée chez deux sujets : elle était de 8 1. 1/2 (19 mill.) chez l'un, et de 10 1. (20 mill.) chez l'autre, ou de 9 1. 1/4 (21 mill.), terme moyen.
Capacité des ventricules. Le ventricule gauche, dans deux cas, était dilaté en même temps qu'hypertrophié. Dans un cas , il aurait pu contenir un œuf de cane ; dans l'autre , sa capacité était doublée.
Le ventricule droit était dilaté en même temps qu'hypertrophié dans quatre cas. Dans un cas, il aurait pu contenir un oeuf de cane ; dans deux cas , sa capacité était augmentée d'un tiers; dans le quatrième et dernier cas, elle n'était accrue que d'un quart.
Il y avait hypertrophie avec rétrécissementdes ventricules dans trois cas.
■y 2 ANA.TOMIE DU COEUR.
Circonférence de V orifice auriculo - -ventriculaire gauche. Cet orifice était dilaté chez trois sujets. Chez l'un , sa circonférence était de 4 P> 3 1. (i i5 mill.); chez le second, de 4 p. 1 1. (î 10 mill.) : et chez le troisième, de4p(io8mill.): ce qui donne une moyenne de 4 P- l !• */3 (m mill.), laquelle surpasse de 7 1. (16 mill.) environ la circonférence normale.
Dans deux cas où il était rétréci par suite d'une induration de la valvule bicuspide , l'orifice auriculo-ventriculaire gauche n'avait qu'un à deux pouces de circonférence.
Circonférence de l orifice auriculo-ventriculaire droit. Chez cinq sujets elle avait augmenté d'étendue.
Moyenne 5 p. 2 1.= 140 millim. (environ 2/5 de plus qu'à l'état normal). Maximum 6 p. 9 I. = 156 Minimum 4 p. 2 1, = 113
Circonférence de T orifice ventriculo-aortique. Elle avait augmenté d'étendue chez trois sujets. Chez le premier, elle était de 5 p. 51. (92 mill.); chez le second, de 3p. (81 mill.); et chez le troisième, de 2 p. 1 1 1. (79 mill). — Chez deux, elle était diminuée. Elle était, dans un de ces derniers cas, de 1 p. 10 1. (5o mil!.), et de 11 1. (26 mill.) dans l'autre : les valvules aortiques étaient épaissies dans les deux cas, mais surtout dans le dernier. Chez deux sujets, elle conservait sensiblement son étendue normale (2 p. 61. (68 mill.) chez l'un, et 2 p. 7 1. (70 mill.) chez l'autre.
Elle ne fut pas mesurée chez les autres sujets de cette série.
Circonférence de ïorijice i>entriculo-pulmonaire. Elle était plus grande qu'à l'état normal chez cinq des onze sujets de cette série.
(Au lieu de 2 p. 7 1. 3/4 = 72 millim. Moyenne 3 p. 2 1. 3/S= 87«'M™X (lre série); et de 2 p. 4 I. == 63 millim.
( (2e série.)
« •„ ~, o „ o 1 an ( Au lieu de 2 p. 101.=77 millim. (lre série);
Maximum 3 p. 61. =95 j et de 2 p. 6 1. = 68 millim. (2* série).
Al. . „..,., <<>i »* < Au lieu de2 p. 6 l. = 68 millim. (lresérie);
Minimum 2 p. 10 1. = 77 , et de 2 p. k = 59 millim. (2« série).
Hauteur et épaisseur des valvules. Dans trois cas, la valvule tricuspide n'avait pas la hauteur nécessaire pour fermer l'orifice auriculo-ventriculaire droit. Dans l'un de ces cas, cette hauteur n'était que 5 lignes (n millim.) ; dans les deux autres, il est dit seulement que la valvule était insuffisante. Dans un quatrième cas, la valvule tricuspide était épaissie, hypertrophiée (sa hauteur était de 8 lig. (18 mill.), par conséquent à peu près normale). Dans un cinquième, elle avait une demi-ligne (1 mill.) d'épaisseur.
La valvule bicuspide, hypertrophiée dans deux cas, avait, dans l'un, 1 p. 4 1. (36 mill.) de hauteur à l'une de ses lames, 4 ou 5 1. (9 à 1 1 mill.) seulement à l'autre , et 1 p. 1 1. (29 mill.) dans le second cas.
Dans un cas, elle était insuffisante.
Dans deux cas , où elle était indurée , son épaisseur avait beaucoup augmenté : elle était de 5 1. 1/2 (8 mill.) dans un cas, et d'une demi-ligne ( 1 mill. ) seulement dans l'autre.
La hauteur des valvules sygmoïdes de l'aorte a été mesurée chez deux sujets. Elle était chez les deux à peu près normale (de 6 1. (14 mill.) chez l'un, de 6 1. 1/2 (1 5 mill.) chez l'autre).
Elles étaient épaissies et indurées dans deux cas : dans le premier, l'épaisseur était d'une ligne et demie (5 mill.), et d'une ligne (2 mill.) dans le second, ce qui est énorme, si l'on se rappelle qu'à l'état normal celte épaisseur n'est qu'une très petite fraction de ligne (nous l'avons comparée, comme on sait, à celle de l'arachnoïde).
Avant de terminer cette première partie de nos prolégomènes, nous donnerons dans le paragraphe suivant la description d'un cœir de bœuf. On y trouvera la confirmation de ce que nous avons dit sur plusieurs particularités, jusqu'ici trop peu connues, de la structure du cœur chez l'homme. Sous ce point de vue, la description dont il s'agit pourra être de quelque utilité. D'ailleurs , depuis que Morgagni a comparé à un cœur de bœuf {cor bovinum) le
74 axatomte du cœur.
cœur humain, dans certains cas d'hypertrophie, il n'est pas sans intérêt de connaître le poids et le volume du premier de ces cœurs. Enfin , comme certaines parties du cœur de l'homme ont un développement beaucoup moindre que celles du cœur du bœuf, ce dernier peut nous montrer, avec des caractères bien tranchés, des éléments qui n'existaient pas, ou qui n'existaient du moins qu'à l'état rudirnen taire dans le cœur de l'homme. C'est ainsi, par exemple, qu'on trouve distinctement dans les valvules du creur de bœuf des fibres musculaires, tandis qu'on n'en aperçoit aucun vestige dans les valvules du cœur de l'homme à l'état sain. Je dis à l'êlêi sain seulement et non à l'état normal, car il ne m'est pas démontré qu'à ce dernier état, il ne puisse se rencontrer quelques fibres musculaires dans les vahules. Je viens d'examiner, il y a quelques jours, le cœur d'un jeune homme fortement constitué , chez lequel la valvule bicuspide était considérablement hypertrophiée. Or, il y avait dans l'épaisseur de cette valvule quelques fibres ou filets rougeàtres qui avaient une grande ressemblance avec des fibres musculaires très minces. Mais laissons là ces réflexions et venons à notre sujet.
£ IV. Description d'un cœur de boeuf, suivie de t'extrait des recherches de M. Leblanc sur les dimensions du cœur chez quelques animaux domestiques i,.
À sa base, en avant surtout, et plus aussi à droite qu'à gauche, le cœur est entouré d'une énorme quantité de graisse très ferme.
Le ventricule droit descend moins bas que le gauche, et c'est par celui-ci seulement que la popne du cœur se trouve formée. Les deux ventricules sont obliquement unis l'un à côté de l'autre, de telle sorte que le droit, dirigé de bas en
1 Ce cœur Tut pris chez mon boucher, et j'ignore 1 â^e . la taille el le poids du bœuf auquel H avait appartenu.
haut et de droite à gauche, tend à croiser le gauche sous un angle assez aigu.
Rien vidé et lavé de ses caillots, le cœur, séparé des
gros vaisseaux, coupés près de leur insertion, pèse : 31.12 onc.=l ,884 gmes Circonférence à la base. 18 p. =486m'|iilu-
Hauteur (de l'origine de l'aorte à la pointe du cœur). 7 p. 6 1. =203 Largeur (étendue d'un bord à l'autre). 8 p. 6 1. =230
La cavité du ventricule droit contient presque mon poing. Celle du ventricule gauche plus longue, mais bien moins large, est sensiblement moins ample. Les oreillettes sont rétractées, ce qui fait que leur cavité est d'un quart environ moins grande que celles des ventricules.
Circonférence de l'oriGce auriculo- ventriculaire
droit.
Circonférence de l'orifice auriculo - ventriculaire
gauche.
Circonférence de l'orifice ventriculo-pulmonaire.
— — ventriculo-aortique.
Épaisseur des parois du ventricule droit.
— — — gauche.
— — de l'oreillette droite.
— — — gauche, Hauteur des valvules pulmonaires et aorliqûes.
— des lames de la valvule tricuspide. Épaisseur.
Hauteur de la lame antérieure droite de la valvule
bicuspide. 1 p. 21. =32
Deux grosses colonnes charnues , nées profondément de la pointe du ventricule droit, placées, l'une à la face antérieure, l'autre à la face postérieure de la cavité ventriculaire , se terminent vers le milieu de la hauteur de celte cavité, par un gros mamelon, un pour chacune d'elles. De ce mamelon partent de nombreux tendons qui, après s'être subdivisés, vont s'insérer aux lames antérieure et postérieure de la valvule tricuspide, n'envoyant que quelques filets à la troisième lame de cette valvule. Cette dernière lame reçoit ses principaux tendons de la région ventricu-
non mesurée.
laire qui l'avoisine, sans l'intermédiaire de colonnes charnues.
La cavité du ventricule droit se partage en deux parties, dont l'une s'ouvre directement dans l'oreillette correspondante, au moyen de l'orifice auriculo-ventriculaire droit, et dont l'autre s'embouche avec l'artère pulmonaire , au moyen de l'orifice ventriculo -pulmonaire. Cette seconde portion se réunit à l'autre en formant une espèce de coude, de telle sorte que leurs axes prolongés se couperaient à angle obtus. La portion pulmonaire se distingue de la portion auriculaire , en ce qu'elle n'est pas hérissée , comme celle-ci , de colonnes charnues.
La cavité du ventricule gauche se partage également en deux régions , l'une qui a son embouchure dans l'aorte, et l'autre qui a la sienne dans l'oreillette. Ces deux divisions de la cavité ventriculaire ont pour cloison intermédiaire la lame droite de la valvule bicuspide , ses tendons et les colonnes charnues qui leur donnent naissance. Celle qui répond à l'orifice aortique est plus vaste que l'autre. C'est dans cette dernière et à la partie inférieure de l'autre, que l'on trouve les diverses colonnes charnues de ce ventricule, la moitié supérieure de la portion aortique en étant complètement dépourvue.
De ces diverses colonnes charnues , deux sont beaucoup plus volumineuses que les autres (elles ont le volume du doigt indicateur) : nées de la partie inférieure de la portion auriculaire du ventricule, elles montent parallèlement l'une à l'autre jusque vers le milieu de sa hauteur, où elles sont détachées de la paroi qui leur a donné naissance ; et de leur sommet arrondi ainsi que de leurs côtés partent cinq ou six gros tendons (d'une demi-ligne ou d'un millimètre de diamètre} qui vont, après des subdivisions multipliées, s'insérer, en divergeant à la manière d'un éventail, au bord libre et à la face ventriculaire des deux lames de la valvule bicuspide. Ainsi subdivisés, les tendons forment un cône
creux, une sorte de cornet dont la base est h l'orifice auriculo-ventriculaire gauche , et le sommet à l'endroit où ils s'insèrent aux colonnes charnues.
Ces colonnes constituent réellement les muscles moteurs ou releveurs de la valvule bicuspide. Il résulte , en effet, de leur position au centre de la portion auriculaire du ventricule gauche , que , lorsqu'elles viennent à se contracter au moment de la systole , elles tendent à ramener et ramènent à une direction perpendiculaire les rayons tendineux devenus obliques â l'axe de la cavité; or, par ce mouvement, les lames de la valvule se redressent de manière à fermer l'orifice auriculo-ventriculaire gauche.
La membrane interne du cœur (endocarde) est plus épaisse , plus opaque dans l'oreillette gauche que dans l'oreillette droite, plus mince dans les ventricules que dans les oreillettes : on la détache par de larges lambeaux dans celles-ci (dans la gauche surtout) , tandis que dans les ventricules on ne peut en enlever que de très petites portions.
Dans la duplicature que forme cette membrane autour des valvules, on ne rencontre pas seulement du tissu fibreux, mais aussi quelques fibres rouges , musculaires, qui vont se continuer, à la base des valvules, avec le tissu charnu du cœur. Ces fibres sont surtout très évidentes dans les valvules gauches.
Toutes les valvules du cœur sont plus ou moins élastiques , rétracté! es 3 en sorle que, après avoir été allongées, elles reviennent sur elles-mêmes, à l'instar des parois artérielles, mais à un moindre degré. Lorsqu'on les a enlevées par l'incision de leur bord adhérent, elles se chiffonnent, se pelotonnent pour ainsi dire, ce qui tient évidemment h leur îétractililé. Les fibres charnues qui entrent dans leur composition sont probablement pour quelque chose dans ce phénomène.
Les zones tendineuses des orifices sont très prononcées : elles crient sous l'instrument qui les divise. Dans chaque
moitié du cœur, elles sont plus apparentes à l'orifice artériel qu'à l'orifice auriculo-venlriculaire.
Au point de jonction de l'oreillette et du ventricule gauche , là où la lame droite de la valvule bicuspide semble presque se continuer avec les valvules de l'aorte, fait saillie au-dessous de la membrane interne ou de l'endocarde, une sorte de corne osseuse dont la base paraît s'enfoncer profondément dans la substance charnue du cœur, en s'y élargissant. Dégagée de la profondeur de celte substance qui lui adhère intimement par un tissu fibreux très serré, celte production ressemble parfaitement à un os de forme irrégulière, d'un peu plus d'un pouce (27 millim.) de longueur sur 4 à 5 lignes (9 à 1 1 millim.) de largeur, et 1 ligne a, 1 ligne 1/2 (2 à 5 millim.) d'épaisseur. Au centre de cette masse osseuse, on observe un tissu aréolaire, spongieux, analogue à celui d'un os plat, enveloppé de toutes parts d'un fibre-cartilage , ou d'un vrai cartilage, qui contraste avec l'enveloppe osseuse par son aspect homogène, corné, d'un blanc grisâtre, nuancé d'une teinte légèrement azurée.
Cette production ne pouvait gêner le jeu des valvules, ne rétrécissait point les ouvertures du cœur , et le tissu musculaire qui l'entourait était parfaitement sain. Elle est, d'après les recherches de M. Leblanc , que nous allons bientôt citer, un des éléments normaux de la structure du cœur chez le bœuf.
Dans un travail, intitulé : Résumé de quelques recherches relatives à V étude des maladies du cœur citez les principaux animaux domestiques , récemment publié (1840), l'un de nos plus savants et plus laborieux médecins vétérinaires, M. Leblanc, que nous avons nommé déjà tout-à-1'heure , a bien senti l'importance de la connaissance des dimensions du cœur en général et de chacune de ses diverses parties, chez les animaux. Ainsi que nous , il a fait des recherches sur ce sujet , et il en considère les résultats
comme une introduction indispensable à une étude exacte des maladies dites organiques du cœur. Nous regrettons de ne pouvoir consigner intégralement ici les recherches de M. Lebknc; en voici un extrait.
M. Leblanc commence ainsi : «J'ai cherché en vain dans » les auteurs vétérinaires des notions précises relatives aux » dimensions du cœur en masse , et de celles de ses diverses «parties. Haies, dans sa Statique des animaux , a publié » quelques résultats qui, du reste , ne sont pas très impor- » tants ; ils ne sont ni nombreux ni circonstanciés....
» La seule. description complète du cœur, que je connaisse »du moins , a été faite par M. le professeur Bouillaud, qui 0 a indiqué avec beaucoup de soin les dimensions des diverses régions du cœur d'un bœuf. ... »
Après de très judicieuses remarques sur les diverses précautions qu'il convient d'observer pour ne pas commettre d'erreurs dans l'appréciation des dimensions et du poids du cœur, sur les procédés qu'il a mis en usage , M. Leblanc a exprimé dans un tableau synoptique les résultats qu'il a obtenus. Nous nous bornerons à consigner ici ce qui est relatif au poids et au volume du cœur considéré en masse, chez le cheval et le chien, d'abord à l'état normal, puis à l'état anormal.
ANATOMIE DU COEtR.