‹ Traitâe clinique des maladies du cœur (volume 2)Chapitre 67 sur 142 · BATTEMENTS DU CŒUR 4 L ETAT ANORMAL · texte numérisé non relu

BATTEMENTS DU CŒUR 4 L ETAT ANORMAL

Parmi les exemples que je pourrais rapporter à l'appui de ce qui vient d'êlre dit, je choisirai le suivant : chez une femme, couchée au n° 8 de la salle Sainte-Madeleine , affeclée d'une énorme hypertrophie du cœur avec induration delà valvule mitrale , on voyait distinctement un mouvement d'impulsion communiqué à la région sus-mammaire gauche, à un pouce environ au-dessous de la clavicule (dans les 2e et 3e espaces intercostaux); le doigt appliqué sur cette région était comme repoussé par un choc très marqué. Ce mouvement, qui ne pouvait être attribué qu'à la systole de l'oreillette gauche dilatée et hypertrophiée ( î ) , alternait avec un autre qui répondait h la diastole. Ce double mouvement d'ondulation , de contraction et de dilatation, qu'on apercevait en quelque sorte h travers la région pectorale soulevée et amincie , imitait parfaitement celui que présente le cœur mis a découvert.

Plus les sujets sont maigres et nerveux , et plus, toutes choses étant d'ailleurs égales, l'impulsion du cœur est facile à sentir. Chez les personnes qui ont beaucoup d'embonpoint et le système musculaire très développé , les contractions des différentes parties du cœur en général et celles des ventricules en particulier ne sont bien souvent accompagnées que d'un choc à peine sensible.

Les battements du cœur forts et violents, lorsqu'ils sont permanents, comme dans les grandes hypertrophies, déterminent, à la longue, une voussure très évidente de la région précordiale. Cette particularité , que j'ai rencontrée plusieurs fois et que j'ai signalée particulièrement depuis environ deux ans, n'avait encore été notée , que je sache , par aucun des auteurs qui ont publié des ouvrages sur les maladies du cœur. On aurait pu l'admet Ire a priori, la deviner en quelque sorte , en réfléchissant à ce qui arrive à la suite des baltements des tumeurs anévrismales.

(l)Les battements ventrieulaires se faisaient sentir à deux pouces plus bas.

Il serait, comme on le pense bien, beaucoup trop long d'examiner ici en détail quels sont les divers états morbides dans lesquels les battements du cœur sont augmentés ou diminués. L'hypertrophie et l'atrophie de cet organe méritent, sans conlredil, d'être placées au premier rang de ces états morbides. Alors l'augmentation ou la diminution d'impulsion sont permanenles. Mais combien de fois les battements du cœur ne peuvent-ils pas être plus forts ou plus faibles, d'une manière passagère ou temporaire? Une fièvre violente, une course prolongée , un exercice fatigant, une inflammation de la membrane interne ou de la membrane externe du cœur, une affeetion purement nerveuse, certaines émotions de l'âme , etc., sont autant de causes d'accroissement delà force des battements du cœur. Des conditions opposées à celles-là entraînent une diminution plus ou moins notable dans ces battements.

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