CARACTÈRES PHYSIOLOGIQUES ET DIAGNOSTIC
mande, les caractères anatomiques certains, incontestables, soit d'une péricardile , soit d'une endocardite, si l'on ne connaissait pas les modifications qu'éprouve alors la sérosité sécrélée par le péricarde, sous le double rapport de sa quantité et de sa qualité, celles que subit aussi la sécrétion de la membrane interne du coeur et le sang qui circule dans les cavités de cet organe?
Au reste, nous ne pourrions donner ici les préceptes méthodiques auxquelson doit se conformer pourrecueillir les faits d'anatomie pathologique en ce qui concerne les lésions du cœur, sans entrer dans des considérations de pathologie générale qui dépasseraientles limites de cet article, et qui s'y trouveraient d'ailleurs déplacées. Les observations particulières dont cet ouvrage abonde et la description générale qui les suit, satisferont, nous osons l'espérer, les plus exigeants en pareille matière (1).
ARTICLE DEUXIEME
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LES CARACTERES PHYSIOLOGIQUES ET LK DIACN0ST1C DES MALADIES DU COEUR.
La détermination des signes divers (physiques , anatomiques ou dynamiques), au moyen desquels on peut reconnaître les diverses maladies du cœur, est un de ces problèmes dont la gravité n'échappe à aucun médecin vraiment digne de ce nom , et à l'examen desquels on ne saurait apporter trop d'attention. Les inconnues dont il se compose sont si nombreuses, qu'il importe beaucoup de ne négliger aucune des données propres à en faciliter la solution.
(1) Nous renvoyons aussi à ce que nous avons dit dans la première partie de nos prolégomènes.
2g \ MALADIES DU CŒUR EN GENERAL.
Nous tâcherons de vider d'une manière satisfaisante la fameuse question du diagnostic anatomique et du diagnostic médical , ce qui ne sera pas très difficile quand celte question aura été réduite à ses véritables termes.
Nous devons puiser dans plusieurs sources les caractères physiologiques ou les signes des maladies du cœur; et d'abord, ils doivent être partagés en deux principales séries, dont l'une comprend ceux qu'on étudie ordinairement sous le nom de locaux , et dont l'autre est affectée aux signes que l'on connaît sous le nom de généraux , de sympathiques ou de réaction.
I. Entre toutes les méthodes que l'on peut mettre en usage pour recueillir les signes locaux des maladies du cœur, 1' 'auscultation et la percussion tiennent assurément le premier rang. Après elles viennent le loucher ou ]apalpation et l'inspection. J'ai trop longuement, pour ne pas dire trop minutieusement , insisté sur cette catégorie de signes, dans les Prolégomènes de cet ouvrage, pour qu'il ne me soit pas défendu d'y revenir ici. Je me contenterai donc d'ajouter que les signes dont il s'agit étant ceux qui nous fournissent les données les plus précises , les plus directes sur l'état physique , anatomique et matériel du cœur, ils ont une immense valeur pour le diagnostic absolu et différentiel des nombreuses lésions de cet organe; que combinés avec les signes généraux ou réactionnels , et avec la connaissance des causes qui onl fait éclater les maladies , ils nous éclairent suffisamment pour que, dans l'immense majorité des cas, nous puissions passer du diagnostic anatomique au diagnostic médical (je me sers du langage de quelques modernes).
Mais les méthodes d'exploration au moyen desquelles on se procure les signes locaux, et spécialement la percussion et l'auscultation, ne deviennent fidèles, et pour ainsi dire dociles à celui qui les emploie , qu'après un long et laborieux exercice. Jusque là, l'observateur peut , à la lueur même de