‹ Traitâe clinique des maladies du cœurChapitre 103 sur 125 · VICES PRIMORDIAUX DE CONFORMATION · texte numérisé non relu

VICES PRIMORDIAUX DE CONFORMATION

sans rien préjuger sur l'origine et les causes de cette dernière (1).

III. La détermination du mode de développement des diverses monstruosités est un des problèmes qui ont le plus occupé les anatomistes et les physiologistes, et dont la solution n'est cependant pas encore complètement trouvée.

Un examen attentif des faits relatifs aux monstruosités semble démontrer qu'elles proviennent d'une double origine, savoir, les maladies survenues pendant le cours de l'évolution du germe, et la constitution primitivement défectueuse de ce même germe , soit sous le rapport de la position de ses parties, soit sous le rapport de leur conformation. A parler rigoureusement, les monstruosités de la première classe ne sont autre chose que de véritables maladies survenues pendant la période de la vie intra-utérine ou fœtale, et l'on devrait réserver peut-être le nom de monstruosités aux défectuosités originelles ou primordiales des germes eux-mêmes. Il est vrai que cette origine des monstruosités est un peu hypothétique (2).

IV. Quant aux vices de conformation , par suite d'une maladie survenue pendant le cours de la vie intra-utérine, leur existence est un des faits les plus incontestables. Sous

(1) Histoire générale et particulière des anomalies de l'organisation. Paris , 1832, tome I", page 80.

(2) « Depuis que l'hypothèse de l'existence des germes et de leur évolution » est généralement reçue, on a aussi admis des germes primitivement défectueux, et des accidents postérieurs à la fécondation, pour expliquer les » monstruosités en général. Dans ie dernier siècle , Lémery fut le représentant de la première opinion , et Winslow celui de la seconde. Les deux » combattants finirent par se faire des concessions réciproques. Ainsi, par » exemple, Lémery admettait une disposition originaire, primitive, pour les » cas de transposition régulière des viscères d'un côté à l'autre, et Winslow » adoptait les causes accidentelles pour quelques cas. Haller avait adopté celte «opinion miite. Parmi les modernes, M. Chaussier semble n'admettre que «les causes accidentelles. Swammcrdam dit en leur faveur qu'on peut pro- »duire à volonté des monstruosités dans les insectes, en agissant sur les » chrysalides. » (Bérlard, Mém. sur les acéphales.)

ce point de vue , la classification des monstruosités se confond presque entièrement avec celle des maladies ellesmêmes, considérées en tant que simples lésions anatomiques. Cela est si vrai, que la classification lératologique de M. Isid. Geoffroy Saint-Hilaire contient au fond tous les éléments d'une classification anatomico-pathologique des maladies. Ainsi , sous le nom d'hèmitéries ( demi-monstruosités ou anomalies simples), cet auteur comprend : i°les changements de volume; 2° les changements de forme; 5° les changements de structure ; 4U tas changements de disposition; 5° les anomalies relatives au nombre et à l'existence des organes. N'est-ce pas là évidemment une classification anatomico-pathologique tout entière?

Si nous voulions appliquer rigoureusement la classification de M. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire aux anomalies du cœur, il ne nous faudrait rien moins que refaire ici, aux névroses près, toute la pathologie de cet organe. Mais laissant de côté tout ce qui, dans celte classification , se rapporte aux simples changements de position et de direction , à l'hypertrophie et à l'atrophie proprement dites , à l'induration, au ramollissement, à tous les changements de structure en un mot, nous étudierons successivement les anomalies primordiales du cœur, consistant soit dans la transposition de cet organe i soit dans la persistance du trou Botal (anomalie à laquelle nous réunirons les autres ouvertures congéniales de la cloison qui sépare les cavités droites des cavités gauches du cœur), soit dans le défaut ou la pluralité du cœur, dans l'augmentation ou la diminution de ses diverses parties constituantes, soit enfin dans un changement de connexion entre cet organe et les gros vaisseaux qui s'ouvrent dans ses cavités.

Étudiées en elles-mêmes, et indépendamment de leur mode d'origine et de leur mécanisme, les anomalies de position et de conformation du cœur rentrent parfaitement dans la classification générale de M. Isid. Geoffroy Saint-Hilaire.

La division des anomalies relatives à la disposition des organes en cinq espèces, savoir : i° les anomalies par changement de position ; 2° les anomalies par changement de connexion; 5° les anomalies par continuité de parties ordinairement disjointes ; 4° les anomalies par cloisonnement; 5° les anomalies par disjonction des parties ordinairement continues; cette division, dis-je , est parfaitement applicable au cœur. Mais comme toutes ces anomalies peuvent se manifester accidentellement sous l'influence des diverses maladies que nous avons étudiées dans les précédents chapitres de cet ouvrage , nous n'avons pas dû nous en occuper ici d'une manière spéciale (î).

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