AUGMENT. DU IVOMB. DES PART. COXST. DU COEUR
aboutit une veine azygos. Du ventricule droit part un vaisseau qui se recourbe à la manière de l'aorte , reçoit une sorte de canal artériel fourni par un vaisseau voisin, donne une branche pulmonaire, puis l'artère sous-clavière gauche d'un des fœtus , dont il côtoie le rachis pour s'unir ensuite à un autre gros tronc qui provient du coeur (A). Le ventricule gauche fournit une artère qui, après avoir donné, et la carotide gauche d'un des fœtus et la carotide droite de l'autre , se termine par l'espèce de canal artériel indiqué plus haut.
Le second cœur ou le cœur (A), plus volumineux que le précédent (B), a sa cloison interventriculaire largement perforée : ce cœur reçoit à son oreillette droite la veine cave supérieure et inférieure, à laquelle se rend la veine ombilicale. Du ventricule droit naît un vaisseau qui fournit, par un tronc commun, mais bientôt divisé, la carotide gauche de l'un des fœtus et la carotide droite de l'autre, donne ensuite l'artère sous-clavière droite de ce dernier, puis s'incline à droite en se recourbant , gagne le rachis du même individu, et là s'unit avec l'espèce d'aorte provenant du ventricule droit du cœur (B). Le canal résultant de cette anastomose suit le rachis , donne les artères ombilicales et celles des membres pelviens. Du ventricule gauche émane un vaisseau plus petit, qui, après avoir donné une branche aux poumons , et les sous-clavières gauche et droite d'un des fœtus, parvient au-devant delà colonne vertébrale du même sujet , ne fournit point d'artère ombilicale, et parait exclusivement affecté à la nutrition du cercle inférieur de ce fœtus (i).
(1) On voit par celle description combien la nature s'est en quelque sorte jouée de l'ordre normal dans l'origine, la position et la division des principaux vaisseaux de ce double foetus. La raison de celte exception aux luis normales de l'évolution organique n'est-eîle pas un de ces mystères qui se perdent dans l'obscurité des causes premières ? Vouloir expliquer ces infractions à l'ordre normal , serait fatiguer son esprit en pure perte.
II. L'augmentation du nombre des parties dont se compose le cœur est une anomalie sur laquelle on ne possède encore que peu de faits.
Chemineau [Hist. de V Acad. des se. pour 1699, pag. Zy) a fait connaître un cas dans lequel il existait trois ventricules(i).
Rerckring cite un enfant de 3 mois chez lequel le ventricule droit était bifide.
DeKaen (Rat. 7/iéd., part. IX) mentionne un appendice surnuméraire à l'oreillette gauche.
Billiard a vu chez une petite fille, morte quelques jours après sa naissance, un prolongement en pointe de l'oreillette droite long d'un pouce (28 mill.) environ; elle tombait flottante dans le péricarde au-devant du cœur (a).
Ce prolongement constituait une sorte d'appendice auriculaire surnuméraire.
Voici un exemple d'augmentation du nombre des valvules semi-lunaires, anomalie jusqu'ici non observée, du moins que je sache.
Chez un sujet, âgé de 45 ans, mort de phthisie tuberculeuse, dans les premiers jours de juin i838, et chez lequel , de son vivant, je n'avais rien noté de particulier du côté du cœur, nous rencontrâmes, à l'autopsie cadavérique, les dispositions suivantes :
Les valvules de Variera pulmonaire sont au nombre de quatre, d'inégale grandeur. Deux deces valvules présentent chacune un espace de 10 lignes (24 mill.), compris entre leurs deux points d'attache aux parois de l'artère; une autre présente un espace de 9 lignes ( 22 mill.) ; la quatrième, qui est la plus petite, et paraît rudimentaire, un espace de 3 lignes (7 mill.) seulement entre ses attaches.
(1) M. Isid. Geoffroy Sainl-Hilaire pense que le cas de Chemineau peut s'expliquer par le développement d'une cloison surnuméraire , d'ailleurs restée très incomplète , et par une modification de la forme du cœur.
(2) Traité des maladies des enfants. Paris, 1837, page 603.