‹ Traitâe clinique des maladies du cœurChapitre 109 sur 125 · BICARDIE. — AUGMENTATION DO NOMBRE DES PARTIES CONSTITUANTES DU COEUR · texte numérisé non relu

BICARDIE. — AUGMENTATION DO NOMBRE DES PARTIES CONSTITUANTES DU COEUR

I. La pluralité du cœur, dit Meckel, est excessivement rare dans les cas où il n'y a pas duplicité fœtale. Cette anomalie suppose une si profonde aberration dans les lois de l'évolution en général, qu'au premier abord on doit la considérer comme incompatible avec une certaine durée de

depuis vingt minutes. Les assistants affirmèrent que cet enfant avait fait beaucoup d'efforts quelques minutes après sa naissance , et avait respiré plusieurs fois... Les deux clavicules, le sternum et les cartilages costaux manquaient; tout l'intérieur de la cavité thoracique était à découvert... l'abdomen était aussi ouvert jusqu'à l'ombilic... le foie et la rate manquaient... le diaphragme fendu ne se reconnaissait qu'à la présence de deux bandes étroites situées de chaque côté... les poumons manquaient... La trachée se terminait dans une nodositéde substance celluleuse et parenchymaleusede la grosseurd'une noix. Au côté gauche du rachis, et un peu plus haut qu'à l'ordinaire, on voyait le cœur sans péricarde, et situé si obliquement, que sa pointe n'aurait pas pu frapper au-dessous de la troisième côte. Il battait avec une force et une régularité surprenantes, de GO à 70 fois par minute , et semblait communiquer son impulsion àtoule la circulation, car l'aorte offrait des pulsations très distinctes.

Ici M. Robinson décrit avec complaisance les mouvements du cœur, tels qu'il les a observés chez un fœtus qui respirait sans poumons, sans trachée,

PRESQUE SANS DIAPHRAGME ET SANS CLAVICULES, NI STERNUM , NI CARTILAGES COS- TAUX. Après avoir observé le cœur dans sa position pendant quinze à vingt minutes , et l'avoir palpé fréquemment , pour s'assurer de sa force de dilatation , M. Piobinson le sépara du corps ; ses mouvements n'en furent altérés, ni dans leur fréquence , ni dans leur énergie! /.'

Les valvules et la cloison furent trouvées à l'état normal ; le trou ovale était béant ; les veines et l'artère pulmonaires, la veine-cave et l'aorte avaient leur calibre ordinaire (*). Dans cet état , les oreillettes et les ventricules étant ouverts, le cœur, après avoir été manié par plusieurs personnes, fut jeté dans un bassin d'eau froide. Après avoir examiné les autres viscères pendant quelque temps , le docteur Robinson fut étonné de lui retrouver encore des mouvements, faibles il est vrai, mais parfaitement réguliers (**).

(") L'artère pulmonaire et les veines de même nom avaient leur calibre ordinaire, et l'auteur nous dit qu'il n'y avait pas de poumons I I I

(""] Quoil c'est un médecin qui ose dire qu'il a enlevé un cœur encore palpitant chez un fœtus humain , et que cet organe , après avoir été ouvert et jeté dans un bassin d'eau froide , a montré encore des battements purfailemetil réguliers! I ! Est-il permit de te jouer • un tel point do la crédulité de. lecteur» i

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la vie extra-utérine. Que penser donc des faits de Plazzoni , de Baudelocque et de Collomb, relatifs à des adultes, d'ailleurs bien conformés , chez lesquels il existait deux cœurs? Que penser, à plus forte raison, de ces histoires d'individus à trois cœurs , dont les Ephéméridês des curieux de la nature contiennent deux exemples ? Nous pensons avec M. Isid. Geoffroy Saint-Hilaire que de tels faits sont inadmissibles, et qu'ils seraient plus dignes de figurer dans les contes merveilleux des Mille et une Nuits que dans des recueils consacrés aux sciences (1).

Quant aux histoires de fœtus, chez lesquels l'anomalie qui nous occupe a été observée, il en est dont on ne saurait nier l'authenticité : telles sont celles que nous allons consigner ici.

On lit dans les Bulletins de la Faculté, pour l'an xm , l'extrait suivant d'un rapport fait par J.-L. Baudelocque et Dupuytren , sur un fœtus monstrueux , présenté par M. Lavialle.

« Il paraît que le fœtus était mort en venant au monde. «(L'accouchement fut très laborieux : il dura plusieurs «heures.)

»Ce fœtus était formé par la réunion de deux individus. d Presque toutes les parties supérieures sont doubles, tan- » dis que les inférieures sont simples. Il existe deux têtes et «deux cols, parfaitement séparés, et de volume ordinaire. • Ces deux cols se rendent à une seule poitrine très large , «et du sommet de laquelle s'élève verticalement, entre les «deux têtes, un bras terminé par huit doigts... tandis que «sur les côtés de cette poitrine pendent deux autres bras «bien conformés...

» Il y a quatre poumons... Ces quatre poumons ont cha- » cun une plèvre ; mais il n'y a qu'un seul diaphragme.

(1) Uisl. générale et particulière des anomalies de V organisation. Paris, 1832, toma I, page 724.

«Il existe deux cœurs et deux péricardes renfermés dans «la poitrine : chacun de ces cœurs reçoit deux veines caves, »et donne naissance à une artère pulmonaire; chacun >> d'eux reçoit quatre veines pulmonaires et donne naissance «à une artère aorte. Les deux artères aortes se réunissent » au bas de la région dorsale des colonnes vertébrales pour »ne former qu'un seul tronc, d'où partent les artères des «viscères abdominaux, celles du bassin et des membres » inférieurs.

» Toutes les veines qui reviennent des deux membres in- «férieurs, du bassin et des parois de l'abdomen se réunis- » sent pour former une veine cave inférieure droite, laquelle «s'ouvre avec les veines hépatiques dans le cœur du même «côté. L'oreillette droite du second cœur ne reçoit point de «sang des membres inférieurs; elle reçoit seulement celui » qui est rapporté du foie par les veines sur-hépatiques , et « celui des parties supérieures du corps, ramené par la veine «cave supérieure (l).., »

OBSCRVVTION 192'.

Dans ses recherches ai m to iniques sur deux monstres doubles monocéphales , M. Gintrac rapporte l'observation suivante :

Après un travail long et difficile, une femme mit au monde deux fœtus réunis ensemble , qui vécurent pendant une heure environ , mais ne poussèrent aucun cri.

uéutopsie cadavérique.

Il y a deux cœurs, dont l'un (A) est un peu plus développé que l'autre (B) . Ce dernier a le septum des ventricules perforé. Son oreillette droite ne reçoit point de veine ombilicale, mais une veine cave supérieure à laquelle

(1) De la dissection de ces fœtus réunis en quelques points de manière à ne former qu'un seul individu, BnuJelocque et Dupuylren conclurent que chacun d'eux possédait en propre presque tous les organes essentiels à la vie, tandis qu'ils avaient en commua un certain nombre d'organes moins importants.

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