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CONCRÉTIONS POLYPIFORMES DU COEUR. -J

probablement dans les tissus environnants, et réagit, il est vrai , sur le sang.

ARTICLE SECOND

DES CAUSES ET DES DIVERS MODES DE FORMATION OU DE GENERATION DES CONCRÉTIONS POLYPIFORMES DU COEUR.

I. Dans le cœur comme clans les artères, et surtout dans les veines, les concrétions sanguines se développent sous l'influence de conditions purement physiques ou mécaniques, qui s'opposent au cours du sang, ou bien par l'effet de causes qui agissent chimiquement sur cette chair coulante. Dans le premier cas, les concrétions se forment par un mécanisme qui ne diffère pas essentiellement de celui qui préside à la coagulation du sang, après sa sortie des vaisseaux, lequel mécanisme, pour le dire en passant, n'est pas encore exactement connu. Aux approches de l'agonie, ou dans les maladies des valvules et des orifices du cœur, qui opposent un très grand obstacle à la circulation . si l'on pratique une saignée, le sang sort de la veine épais et a demi concret. C'est alors que des concrétions vont se former dans les cavités du cœur, et c'est à leur formation qu'il faut rapporter plusieurs cas de ces morts soudaines, inattendues, qu'on observe dans certaines maladies de cet organe.

II. Quant aux causes chimiques et vitales des concrétions sanguines, cette sorte de cristallisation du sang, les principales sont l'inflammation primitive ou consécutive de la membrane interne du cœur, l'introduction de diverses substances étrangères dans le torrent circulatoire, le pus, par exemple (1).

(1) On sait que la plupart des acides injectés dans le système vascu'aire des animaux coagulent le sang qu'il contient, comme il arrive lorsqu'on les fait réagir sur le sang relire de ce système. Il est dans le sang des éléments dont on détermine la coagulation par la chaleur ou l'électricité. Quel rapport peut exister entre cette coagulation artificielle et celle qui s'opère sous l'influence de certains états pathologiques? Celte question réclame de nouvelles recherches.

Jl6 MALADIES DU CŒUR EN PARTICULIER.

Notre intention n'est pas d'insister longuement ici sur le rôle que joue l'inflammation dans le développement des concrétions sanguines, attendu que nous avons exposé ailleurs les hypothèses qu'on peut proposer à cet égard. Nous ajouterons seulement que toutes les inflammations franches , accompagnées d'une violente réaction fébrile, et dans lesquelles le sang fourni par les saignées présente une belle couenne blanche, ferme, élastique, résistante, constituent une véritable prédisposition à certaines concrétions fibriueuses du cœur, lesquelles, comme nous l'avons vu, ont alors une grande ressemblance avec la couenne inflammatoire. Aussi, consultez les observations que j'ai consignées dans cet ouvrage , ainsi que dans le mémoire publié par moi dans le journal V Expérience , et vous verrez que, dans la plupart des cas où les concrétions fibrineuses ne provenaient pas d'un simple embarras de la circulation , elles coïncidaient , soit avec une inflammation idiopathique du cœur, soit avec une in- ^flammation d'un autre organe, qui réagissait vivement sur le cœur, ainsi que sur tout l'ensemble du système circulatoire et sur la masse sanguine. Que si l'on me demande maintenant de préciser cette influence d'une franche inflammation fébrile sur le développement des concrétions sanguines du cœur, d'en formuler le mécanisme , je répondrai que ce mécanisme ne m'est pas plus connu que celui qui préside à la formation des concrétions analogues dans les vaisseaux frappés idiopathiquement d'une inflammation plus ou moins violente. Ce que je me propose ici , c'est bien moins d'expliquer comment se produisent les concrétions sanguines dans les cas qui nous occupent, que de démontrer la réalité du fait. L'explication viendra plus tard. C'est là, sans contredit, un riche et magnifique sujet de recherches pour les physiologistes, qui savent appliquer convenablement les méthodes physiques et chimiques à l'investigation des phénomènes des corps vivants et des causes qui régissent ces phénomènes.

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De pareilles recherches sur les concrétions couenneuses qui se forment si souvent dans le cœur et les gros vaisseaux sous l'influence des grandes inflammations fébriles, la pleuro-pneumonie entre autres, éclaireront en même temps le phénomène si important de la formation de la couenne à la surface du caillot du sang et le phénomène non moins curieux de la glutinosité de ce caillot, telle que je l'ai signalée ailleurs. J'ai eu soin de faire bien ressortir les conditions dans lesquelles se produisent l'un et l'autre de ces phénomènes.

Eiant bien connue la tendance notable qu'a le sang à se coaguler dans les inflammations directes, idiopathiques du cœur et des vaisseaux , on aurait pu d'ailleurs , à priori, annoncer le même phénomène pour ces réactions fébriles, fortes et prolongées qui accompagnent les grandes inflammations, la pleuro-pneumonie, par exemple. En effet, que sont ces réactions, sinon un diminutif des inflammations du système sanguin, sinon des irritations sympathiques de ce système? Cela est si vrai, qu'au lieu de simples irritations sympathiques , on trouve quelquefois, comme il est arrivé chez quelques uns de nos malades, de véritables inflammations de la membrane interne du cœur ou de l'aorte. Il ne faut pas oublier de noter toutefois que dans la pleuro-pneumonie, outre la réaction dite sympathique exercée sur le sang et le système du cœur et des vaisseaux, comme dans toutes les autres grandes inflammations, la proximité qui existe entre les parties enflammées et le cœur, ainsi que les gros vaisseaux contenus dans la poitrine , est une condition qui favorise puissamment l'extension, la propagation du travail inflammatoire des unes aux autres. Des faits bien nombreux, en effet, nous ont clairement prouvé cette tendance de l'inflammation à envahir les parties voisines du foyer qu'elle occupe ,

(1) Clinique médicale. Paris, 1837, tome II, png. 1G9 et suiv.

et c'est ainsi, par exemple, que la pleurésie et la pleuropneumonie gauches rayonnent sur le cœur et ses enveloppes, souvent aussi sur la rate et son enveloppe séro-fibreuse ; quelapleuro-pneumonie droite rayonne plus spécialement sur le foie et son enveloppe ; et de là des phlegmasies, tantôt superficielles, tantôt profondes des organes indiqués, coïncidences d'une haute importance , sur lesquelles nous avons tant insisté depuis quelques années.

Quoi qu'il en soit, chez tous les malades qui, depuis trois ans, ont succombé dans notre service h la pleuro-pneumonie aiguë franche et légitime, nous avons rencontré dans le cœur et les gros vaisseaux des concrétions sanguines , évidemment formées en partie avant la mort. Nous avons aussi rencontré de semblables concrétions chez quelques autres sujets emportés par d'autres maladies franchement inflammatoires.

Nous n'hésitons point à poser en loi d'anatomie pathologique : que des concrétions fibrineuses existent constamment chez les sujets qui succombent à une pleuro-pneumonie aiguë franche, bien caractérisée et parvenue à son second ou troisième degré.

S'il se présente quelques faits bien observés dans lesquels ces concrétions auraient manqué , ce serait le cas de rappeler celte maxime : que l'exception confirme la règle au lieu de la détruire.

Je conviens que cette conclusion n'est pas conforme à l'opinion de mon savant confrère, M. le docteur Bouvier, qui, à propos de concrétions rencontrées par lui à l'ouverture d'un pleuro-pneumonique, a dit : «Leur production » serait-elle liée à l'état particulier du sang dans la pleuro- » pneumonie ?... Je ferai remarquer que ces caillots ne se «rencontrent pas dans beaucoup de cas de pleurésie et de «pneumonie aiguë, comme j'ai pu le vérifier deux jours 0 après la mort de ce malade , en ouvrant une femme de » 85 ans, qui avait succombé à la même affection. » Je con-

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