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CHAPITRE III

DE L'ENDOCARDITE (INFLAMMATION DE LA MEMBRANE INTERNE ET DES VALVULES DU COEUr) ET DE SES SUITES.

CONSIDÉRATIONS ?r>ÉLÎMIKAIRE5.

I. La maladie dont il s'agit de tracer ici l'histoire est une des plus communes : elle est aussi fréquenta au moins que la péricardite ou la pleurésie , et cependant elle était avant nous si peu connue, qu'elle n'avait pas même encore reçu de nom particulier. Celui d'endocardite, que j'ai assigné à l'inflammation de la membrane interne du cœur en général, me paraît, sous tous les rapports, conforme aux principes de nomenclature universellement adoptés aujourd'hui. Je proposerai celui de cardivalvulite pour désigner spécialement l'inflammation des valvules du cœur, lesquelles sont, comme chacun sait, essentiellement formées par un tissu fibreux, sur lequel se réfléchit Y endocarde ou membrane interne du cœur. On peut aussi donner à cette phlegmasie partielle le nom d' 'endocardite vahndaire.

En 1824 et en 1826, je possédais déjà un assez grand nombre de faits pour entrevoir l'importance de l'inflammation de la membrane interne du cœur et des gros vaisseaux. Mais ils n'étaient pas relatifs à la plus importante des 11. 1

espèces de l'endocardite, à cette endocardite rhumatismale que nous avons eu le bonheur de découvrir plus tard, et qui tient aujourd'hui une si grande place dans le cadre nosologique. Aussi ces premiers faits, d'ailleurs incomplets, ne me permettaient-ils pas encore de traiter avec tous les développements convenables celte riche et féconde matière. Quoi qu'il en soit , les premières idées que je proposai furent considérées , par beaucoup de médecins d'une grande autorité, comme purement systématiques. Mais les objections de ces médecins nous convainquirent d'autant moins de notre prétendue erreur systématique , que la plupart d'entre elies portaient évidemment à faux. C'est ainsi, par exemple, que l'on nous accusa d'avoir admis que toutes les rougeurs de la membrane interne du cœur et des gros vaisseaux étaient le résultat exclusif de l'inflammation, tandis que nous avions déclaré, de la manière la plus expresse, que, parmi ces rougeurs, il en était de purement cadavériques, ou par imbibition sanguine après la mort (i). C'est encore ainsi qu'on nous accusa de rapporter toutes les maladies du cœur et de l'aorte à l'inflammation , parce que nous avionsmis au nombre des terminaisons de cette inflammation les productions fibro-celluleuses , fibro-cartilagineuses ou calcaires , comme l'avaient fait eux-mêmes, pour l'inflammation de la plèvre, les auteurs qui nous adressaient des reproches aussi peu fondés.

Depuis nos premières recherches, nous n'avons perdu aucune occasion de recueillir de nouveaux faits sur le sujet qui nous occupe. En 1828 et 1829, nous avons examiné la membrane interne du cœur et des vaisseaux chez plus d'une centaine de malades qui succombèrent dans les différents

(l)J"ai même rapporté, dans mon Traité des fièvres, publié en 1 820, des exemptes de rougeurs que j'avais produites en faisant macérer des artères dans du sang altéré.

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