CANCER DU COEUR
§ I. Exposition des faits particuliers.
Le cancer du cœur paraît avoir été décrit pour la première fois par M. Garcassonne , dans les Mémoires de la Société royale de médecine pour les années 1777- 1778.
Les mémoires de cette société pour l'année 1776 contiennent un cas de cette affection qui doit trouver sa place ici.
ier fait. — Lne fille de 22 ans, que sa mauvaise conduite avait fait renfermer à Y Hôpital du refuge, à Perpignan , se plaignit, à son entrée, d'une pesanteur dans l'intérieur de la poitrine, qui répondait vis-à-vis de la mamelle gauche. Elle était en même temps alteinte d'un écoulement t de chancres à la vulve, de rhagades et de condylomes près de l'anus. — Les symptômes syphilitiques cédèrent à un traitement anlivénérien ; mais les accidents du côté de la poitrine persistèrent, ei il s'y joignit une douleur pongilive qui occupait toute la région précordiale. Le pouls était petit, fréquent, irrégulier; dans les vives douleurs, il se suspendait pendant quelques secondes. Il y avait de fréquentes syncopes, Il arriva un moment où la malade ne put se coucher : elle restait assise , un peu penchée en arrière , sur le côté gauche ou sur le devant de la poitrine. La mort survint au bout de deux ans.
Ouverture du cadavre. — Une espèce de carcinome avait envahi une partie du cœur. On ne trouvait plus que quelques lambeaux du péricarde. Extérieurement, un la?ge ulcère occupait la face postérieure du cœur, dans toute F étendue des deux ventricules. Au fond de cet ulcère, on ne trouvait plus que quelques fibres musculaires, qui formaient une toile très mince, et qui furent rompues par une légère pression du doigt. Tout autour de l'ulcère, la substance