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PROFESSIONS EXPOSANT AUX VAPEURS CHLOREUSES

— Le chlore est utilisé dans la fabrication de Veau de Javel, préparation du chlorure de chaux par électrolyse du chlorure de sodium: le blanchiment de la pâte à papier, où les accidents se montrent malgré l'emploi d'appareils hermétiquement clos, surlout dans les fabriques de papier à écrire, de papier à tenture, où on jette dans la pile la pâte, le chlorure alcalin, l'acide sulfurique, d'où dégagement abondant de vapeurs de chlore qui verdit l'atmosphère.

PHYSIOLOGIE PA THOLOGIQUE. — Les expériences de Hirt suides lapins lui avaient montré que ces animaux, mis dans une atmosphère contenant 20 p. 1000 de chlore, présentaient de l'irritation laryngo-broncho-pulmonaire et mouraient en un à trois jours. Une proportion de 5 p. 10 000 lui semblait inoffensive.

Des expériences plus récentes de Lehmann (de Munich) montrent la nocivité du chlore à doses encore plusfaibles. Dans ses expériences sur des chats, lapins, cobayes, il a vu d'abord de la salivation, des respirations lentes, puis de la bronchite purulente, de la pneumonie catarrhale avec des doses de 15 à 30 p. 10000; la vie de l'animal sérail en danger au bout de trois à cinq heures avec des doses de 45 à 60 p. 100 000; il y a une congestion intense avec œdème du poumon; à des doses plus fortes, on voit de la bronchite pseudo-membraneuse fibrineuse. Chez l'homme, pourqu'il n'y aitpas d'accidents, il faut accoutumance et une dose de moins de 1 p. 100 000, soit 0,01 p. 1 000..D'aprèsMatt, cité par Lewin dans son Traité de toxicologie, le travail ne serait possible que dans uni3 atmosphère de 0,001 p. I 000, et impossible s'il y en a 0,004 p. 1000 (2).

(\) Montagne, Thèse de Paris, 1901.

(2'i Happort de Le Roy des Barkes, in Maladies professionnelles, p. 70.

SYMPTOMATOLOGIE. — La symptomatologie des accidents du chlore revêt deux formes : aiguë, chronique.

Forme aiguë. — La forme aiguë peut être foudroyante, le sujet succombant avec une dyspnée intense, des hémoptysies, de la cyanose, des vomissements; le pouls est petit, il y a de la prostration; la mort peut même survenir avant les lésions sanguines de l'asphyxie (Layet). Lewin cite sept cas ainsi terminés; c'est ainsi que sont morts les chimistes Pelletier et Roë. Cependant, si l'individu est soustrait à temps à l'influence du chlore, il peut guérir; alors la congestion se dissipe.

Plus légère, la forme aiguë peut n'être marquée que par du coryza, du gonflement de la face, de l'épiphora, de la conjonctivite, de la gêne de la gorge, de la toux sèche, de la dyspnée, des hémoptysies, des vomissements. Même dans cette forme, malgré la bénignité plus grande des symptômes, la mort peut finir par survenir (Lewin). Chez les ouvriers qui, dans la préparation du chlorure de chaux par électrolyse, réparent les fuites aux conduites de chlore et recueillent le chlorure de chaux, on peut voir, comme l'a signalé Fumouze (1), delà conjonctivite, de la laryngo-bronchite, de la gastrite, de l'amai grissement.

Forme chronique. — Si les ouvriers finissent par échapper par l'effet de l'accoutumance à l'irritation aiguë des voies respiratoires, ils n'en souffrent pas moins dans leur nutrition générale. Dans cette forme chronique, il y a de la pâleur, de l'amaigrissement, de la sénilité précoce (Christison) ; de ces sujets, la moitié tombent malade tous les ans de catarrhe aigu du poumon et de gastralgie avec pyrosis (Lewin). Notons enfin qu'ils sont sujets à des troubles cornéens.

4° VAPEURS HYDROCHLOREUSES.

PROFESSIONS EXPOSANT AUX VAPEURS HYDRO- CHLOREUSES.— Il y a dégagement d'acide chlorhydrique au cours de la fabrication du chlore, de celle de Y acide chlorhydrique, des chlorures alcalins, de la soude artificielle, du blanchiment des fils et tissus de chanvre, lin ou jute, de celui des toiles de coton par trempage successif dans un bain de chlorure de chauxet d'acide sulfurique, dans la glaçure des poteries, lorsque le sel est projeté dans les fours, le décapage des coquilles de nacre par l'acide chlorhydrique, Ye'tamage des métaux, la galvanisation du fer, les tréfileries.

PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUE. —A la suite du séjour déplus d'une minute dans une atmosphère contenant 1 p. 1 000 d'acide chlorhydrique, la mort surviendrait. La limite de tolérance serait, d'après Lehmann, de 0,10 à 0,15 p. 1000. Les vapeurs hydrochloreuses seraient moins énergiques que les vapeurs chloreuses, parce que, selon

(!) Fumouze, Thèse de Paris, 1901.

Bonis, leur grande solubilité serait un obstacle à leur entrée dans les voies respiratoires. Aussi constate-t-on surtout en clinique l'intoxication chronique.

SYMPTOMATOLOGIE. — La symptomatologie de cette intoxication lente est marquée par la pâleur, l'amaigrissement, l'anhélation, la gastralgie, les troubles intestinaux, accidents surtout notés chez les ouvriers des fabriques de soude artificielle. Les dents ont une lésion spéciale; elles sont ramollies, translucides par disparition des éléments calcaires; souvent elles cassent au collet en laissant un chicot qui noircit. Môme chose, quoicfue à un degré moindre, a été notée chez Jes ouvriers des autres professions, qui sont plus sujets à des accidents aigus, dyspnée, hémoptysie.

5" VAPEURS BROMIQUES.

Les vapeurs de brome ont à peu près la toxicité de celles du chlore. A dose massive, ces vapeurs produisent une intoxication ainsi retracée par Lewin : coloration brune péribuccale, conjonctivite, coryza, salivation, suffocation, toux, bronchite, voix rauque, asthme bronchique, troubles de la déglutition, troubles gastriques, exanthèmes prurigineux, grincements de dents, secousses musculaires; puis dyspnée angoissante, palpitations, soubresauts tendineux, convulsions, perte de connaissance. Ce tableau peut aboutir à la mort.

A doses faibles, on note des corrosions locales, de la dyspnée.

6° VAPEURS IODIQUES.

A haute dose, ces vapeurs produisent des empoisonnements aigus rares, presque jamais mortels (fièvre iodique), marqués par la céphalée, les vertiges, l'ivresse iodique, le coryza, la conjonctivite.

h" empoisonnement chronique consiste en une cachexie avec altération de la nutrition.

7° VAPEURS FLUORHYDRIQUES.

Ces vapeurs causent des ophtalmies avec kératite ulcéreuse, du coryza, delà dyspnée, de la toux spasmodique. On note ces accidents chez les graveurs sur verre, dans le traitement des phosphates minéraux par V acide sulfurique, où les acides chlorhydrique et fluorhydrique produits sont dus aux chlorure et fluorure associés aux phosphates naturels.

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