‹ Traitâe d'hygiáeneChapitre 30 sur 160 · LIEUX D'AISANCES. V · texte numérisé non relu

LIEUX D'AISANCES. V

soient complètement désagrégées. Le passage d1un compartiment à l'autre s'effectue par de petites ouvertures longitudinales placées

Coupe

Eaux pluviales Water-closets ca' ei ménagères

Nii/ea Hc/uidç

Evacuait

Fig. 11. — Fosse septique automatique Bezault.

sous la surface du liquide, à une distance qui varie avec le volume de la fosse.

Lits bactériens. — La fosse septique Bezault a le même inconvénient que la fosse septique Mouras. Elle solubilise bien les matières; mais l'effluent est toujours un liquide fermentescible, qui contient encore des microbes pathogènes. Pour achever sa transformation, cet effluent a besoin de subir sur des lits bactériens une autre fermentation, aérobie celle-là, qui, oxydant les composés azotés produits par la première transformation, les change en nitrates.

Il est curieux que ces deux modes de fermentation, appelés à se compléter l'un Lautre, aient d'abord reçu séparément des applications pratiques : le premier, par Mouras en France, le second par Dibdin en Angleterre. Dibdin cherchait à épurer les eaux d'égout de Sutton, près de Londres. Ces eaux étaient décantées pour les séparer des impuretés solides et conduites sur un sol artificiel composé de scories de mâchefer. L'arrivée des eaux d'égout était réglée de manière à laisser aux matières organiques déposées dans la masse filtrante le temps de s'oxyder au contact de l'air. Dibdin montra que ces phénomènes d'oxydation étaient dus à des microbes aérobies, les mêmes qui

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agissent, mais d'une façon beaucoup plus lente, quand les eaux à épurer servent à irriguer le sol arable d'une manière intermittente.

On s'aperçut bientôt, cependant, que le lit de scories se colmatait assez rapidement, surtout lorsque les eauxd'égout n'étaient pas assez diluées. C'est alors que Donald Gameron eut l'idée de combiner la fermentation anaérobiekla fermentation aérobie. La première attaque et désagrège les matières solides en suspension dans les liquides usés; la seconde achève leur transformation en un liquide imputrescible d'où les microbes pathogènes ont à peu près disparu. La fermentation anaérobie se passe dans la fosse septique, le septiclank des anglais; la fermentation aérobie exerce ses effets dans le lit bactérien. Le liquide qui sort de ceux-ci est incolore et inodore. 11 ne contient plus que des sels minéraux.

Épurateur biologique Degoix. — Avant de quitter les fosses septiques et les lits bactériens, nous dirons un mot d'une combinaison d'appareils qui peut trouver son application dans une petite usine : c' est Y épurateur biologique pour habitation, que le Dr Calmette a eu l'occasion d'expérimenter à l'Institut Pasteur de Lille et qui a été imaginé et construit par M. Degoix, ingénieur.

Cet appareil se compose (1) de deux compartiments étanches d'égale capacité, placés l'un à côté de l'autre. L'un F (fig. 12) constitue la fosse septique qui solubilise les matières brutes (déjections, papiers, eaux ménagères, restes d'aliments, liquides de lavage divers). Ce compartiment est semblable au compartiment A déjà décrit de la fosse Mouras.

L'autre compartiment est constitué par un récipient métallique. Il renferme un lit bactérien en mâchefer qui repose sur un faux fond métallique perforé 0 et reçoit à sa partie supérieure, au moyen d'un distributeur à égouttage intermittent IH, le liquide à épurer qui arrive de la fosse septique par le tuyau GG'.

Le récipient LB porte sur son couvercle un tuyau K, chargé d'amener l'air extérieur.

Au-dessus du fond métallique perforé O existe un espace vide par lequel s'écoule l'eau qui a traversé le lit de scories en s'épurant et par lequel s'échappent, d'autre part, au moyen du tube SS, les gaz provenant de la fermentation. Par suite de l'élimination rapide et constante de ces gaz, qui sont aspirés jusque sur le toit de l'immeuble par la cheminée à girouette G, les phénomènes d'oxydation de la matière organique dissoute s'opèrent avec une grande énergie dans les scories. L'air y est incessamment renouvelé, et aucune odeur ne se perçoit.

Après trois mois de fonctionnement, dit le Dr Calmette, cet appareil, qui reçoit chaque jour une moyenne de quinze chasses de water-clo-

(l) Dr Calmette, Recherches sur l'épuration biologique et chimique des eaux d'égout, 1907, p. 72.

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