LIEUX D'AISANCES. V
sets de 10 litres, et dont la capacité est de lme,5, donne un effluent qui, prélevé aux diverses heures de la journée dans le petit regard d'échantillonnage E, renferme une proportion de nitrates variant de 25 à 110 milligrammes. Cet effluent est inodore, imputrescible et légèrement opalescent; il pourrait donc être déversé avantageusement dans
Fig. 12. — Épurateur biologique pour habitation (système Degoix).
un jardin potager ou sur des gazons; la culture en tirerait un immédiat et large profit.
D'après le directeur de l'Institut Pasteur de Lille, les dispositifs de ce genre représentent, pour les maisons et pour les établissements collectifs isolés des réseaux d'égout ainsi que pour les petites agglomérations rurales, le meilleur système d'assainissement qui soit actuellement connu.
L'épurateur biologique Degoix pourrait être modifié dans ses dimensions et adapté à des établissements industriels; néanmoins il peut se faire qu'il soit insuffisant, dans le cas d'un personnel nombreux ou de déchets importants tels que ceux des abattoirs, tanneries, boyauderies, etc. ; pour ces cas-là, il est utile de connaître une installation un peu différente qui a fait ses preuves. Nous voulons parler de celle du sanatorium de Montigny-en-Ostrevent, qui a été disposée d'après les indications du Dr Galmette.
L'installation de Montigny est destinée à épurer automatiquement
un volume d'eau d'égout d'environ 50 mètres cubes par jour. Le système d'égout employé est du type séparé, et les eaux se composent d'un mélange de déjections et d'eaux ménagères.
Ces eaux arrivent dans une chambre de décantation dont les dimensions sont modestes, parce que les matières solides ne sont pas abondantes (1) (0m,75 sur 0m,75) avec une profondeur assez grande (lm,10) pour permettre le rassemblement des dépôts qu'une vanne placée à la partie inférieure permet d'évacuer.
De la chambre de décantation, le sewage passe dans une fosse septique, qui mesure 6 mètres de long sur 2m,50 de largeur et 3m, 10 de
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Fig. 13.— Siphon de chasse intermittent du type Doulton, adopté à Montigny-en- Ostrevent, près de Lille.
profondeur. Cette fosse est pourvue d'une chicane de fond et de deux chicanes de surface. Deux larges trous d'homme permettent au besoin de descendre dans la fosse pour y effectuer des réparations, et une vanne de fond peut servir soit à la vider complètement, soit à évacuer les boues lorsque le volume de celles-ci devient trop considérable (2).
L'effluent de la fosse septique est déversé par un tube de tropplein dans un canal ouvert qui le répartit à son arrivée dans trois réservoirs de chasse contenant chacun un siphon du type Doulton et desservant un tiers du lit bactérien que nous allons décrire. Chaque chasse amène 400 litres de liquide dans une nochère percée de fentes correspondant aux rigoles d'irrigation du lit.
Le lit bactérien repose sur une sole imperméable en ciment et est enfermé entre quatre murs ayant 2m,25 de hauteur. La base des
(1) Dans certaines installations, il sera nécessaire de donner à cette chambre de décantation des dimensions plus grandes, suivant la composition des eaux usées, afin d'assurer le dépôt des débris de charbon, des cendres, des graviers, des scories de cuisine, de l'argile, des poils, des déchets de laine, de coton, des fragments de cuirs ou de tissus, etc.
(2) Après une année entière de fonctionnement régulier, le volume de ces boues a été insignifiant.
murs porte des ouvertures destinées à assurer l'évacuation de l'eau épurée dans une rigole qui la conduit dans un petit bassin. Le tropplein de celui-ci est utilisé pour l'arrosage des jardins potagers.
La sole du lit est légèrement inclinée de chaque côté du grand axe, et on y a disposé, en rangées parallèles, à 1 mètre de distance les uns des autres, des drains constitués par des tuiles faîtières, dont la concavité est tournée vers le sol. Ces drains sont recouverts d'une couche de grosses scories mesurant 32 centimètres de hauteur et, audessus, d'une couche de scories en fragments de plus en plus petits, jusqu'à ce que l'ensemble atteigne la hauteur de lm,75.
La surface du lit est creusée de rigoles garnies, sur une partie du parcours seulement, de tuiles faîtières à concavité tournée vers l'extérieur. C'est dans ces rigoles d'irrigation qu'arrive l'eau de la nochère.
L'installation est construite en briques et ciment et ne reviendrait pas, dans les conditions ordinaires de construction, à plus de 5000 francs. Elle ne nécessite aucune surveillance ni aucun frais d'entretien. L'effluent contient une proportion élevée de matières fertilisantes (1).
Fonctionnement des fosses septiqnes. — De nombreuses fosses septiques, plus de 1500, ayant été établies dans le département de la Seine, une commission de son Conseil d'hygiène a été chargée d'enquêter sur les résultats obtenus. Du rapport du professeur Laveran (2), il résulte que dans ce cas particulier les résultats constatés ont été mauvais. Au sortir des fosses septiques examinées, le liquide était malodorant et rempli de microbes. Dans cet état il ne doit être envoyé ni dans des puisards absorbants, ni dans des cours d'eau.
Pour qu'il devienne inoffensif, il faut que son épuration biologique soit achevée sur des lits bactériens d'oxydation.
Quelques-uns des appareils examinés par la Commission étaient munis de soi-disant lits bactériens ; mais ceux-ci étaient absolument insuffisants, et leurs effluents contenaient autant de microbes et autant d'azote ammoniacal qu'à la sortie des fosses septiques ordinaires.
Faut-il conclure de là que l'épuration biologique soit inefficace? Aucunement, mais il faut savoir qu'elle donne de mauvais résultats si les opérations ne sont pas bien réglées. « Il faut, dit le professeur Laveran (3), que les eaux séjournent tant d'heures dans les septic tanks, tant d'heures sur les lits bactériens d'oxydation et que ces lits puissent s'aérer convenablement entre deux amenées d'eau. Dans les
(1) Pendant ces dernières années, diverses tentatives d'épuration biologique des eaux résiduaires de sucreries, de distilleries de betteraves, d'amidonneries, ont été tentées dans le nord de la France.
(2) Comptes rendus du Conseil d'hygiène publique et de salubrité du département de la Seine (séance du 2 août 1907).
(3) Ibidem.
fosses septiques de petites dimensions construites pour recevoir les vidanges d'un immeuble, la rapidité de l'écoulement des liquides est très variable, surtout si les fosses reçoivent, outre les matières de vidange, les eaux de lavage et les eaux de pluie: l'appareil fonctionne tantôt comme une fosse septique, tantôt comme un simple dilueur. »
Si la fermentation anaérobie est trop courte, son rôle n'est pas terminé quand le liquide arrive aux lits bactériens, et ceux-ci s'encrassent. Si, d'autre part, les lits bactériens sont noyés, s'ils ne sont pas aérés régulièrement et suffisamment, eux non plus ne peuvent pas remplir leur office.
Urinoirs. — Le décret ou 29 novembre 1904 dispose qu'il y aura au moins un cabinet par cinquante personnes et un nombre suffisant d'urinoirs.
Les urinoirs construits actuellement sont à plaque, à auge, ou à bassin.
Les urinoirs à plaque sont en général mal entretenus dans les établissements industriels et répandent une odeur infecte par suite de l'urine qui fermente sur la plaque et aux abords, cette plaque n'étant généralement ni lavée par un courant d'eau, ni enduite d'huile de houille.
Les urinoirs à auge collective valent mieux, la surface sur laquelle l'urine fermente étant moindre. Mais le meilleur système est, sans contredit, l'urinoir à bassin, dont l'extrémité antérieure s'avance en forme de bec et recueille les dernières gouttes d'urine. On lui reproche d être d'une grande fragilité. Nous l'avons vu néanmoins employé dans un grand nombre d'établissements commerciaux et de bureaux. A Denain, des urinoirs à bassin ont été installés dans l'atelier de modelage de la Société de constructions; ils n'ont subit jusqu'à maintenant aucun dégât. D'ailleurs nous avons pu constamment observer, en visitant les ateliers de l'industrie, que, là où un certain caractère de propreté et même de luxe était donné aux installations mises à la disposition des ouvriers, ceux-ci se montrent toujours plus soigneux qu'ailleurs.
Les liquides provenant des urinoirs doivent naturellement aller rejoindre les matières fécales dans la fosse septique, là où elle existe.
Fosses perdues. — Au point de vue de la pollution des eaux souterraines, la disposition connue sous le nom de fosse perdue, fosse filtrante, puits absorbant est encore plus inadmissible en matière de vidange que pour les autres eaux usées. Elle avait été inscrite éventuellement au troisième alinéa de l'article 4 du décret du 10 mars 1894 (devenu le décret du 29 novembre 1904), à une époque où cette disposition pouvait être considérée comme inévitable dans certains cas. L'autorisation ministérielle visée dans cet article ne serait certainement plus accordée aujourd'hui.