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Système d'humidification Hall et Kay

ajoutent aux calories dégagées dans la salle d'autres calories ; de plus la vapeur vive produit de l'électricité nuisible au travail. Ce système a été cependant très employé en Angleterre, et on l'y trouve encore.

Pulvérisation d'eau. — Les pulvérisateurs d'eau sont très nombreux : appareils Vortex, Mertz, Drosophore, Kôrtjng, Trentler et Schwartz, Aérophore, Clad, etc. ; les uns fonctionnent par pression d'eau, les autres par l'air comprimé. Ces appareils sont impuissants à transformer en vapeur toute l'eau qu'ils pulvérisent, et un certain nombre d'entre eux crachent.

Enfin ils exigent de l'entretien et des nettoyages fréquents, même avec les systèmes pourvus de dispositifs de chasse.

VENTILATION ET HUMIDIFICATION COMBINÉES. — Les pulvérisateurs-injecteurs entraînent de l'air en même temps qu'ils pulvérisent de l'eau. Si cet air est pris dans la salle même, on évite la dépense qu'il faudrait faire en hiver pour le chauffer ; mais ce brassage de l'air de la salle ne contribue en rien à maintenir sa pureté. Si, au contraire, on prend l'air en dehors du local, on réalise une ventilation combinée avec l'humidification et on peut la réaliser suivant deux types différents selon qu'on prend l'air directement à travers la toiture au-dessus du pulvérisateur et qu'on le distribue au même point après l'avoir humidifié, ou bien selon que l'air est amené aux pulvérisateurs par une canalisation provenant d'une prise d'air unique.

Injecteurs-ventilateurs sans canalisation d'air. — Dans ce système, l'air est pris à l'extérieur par un tube qui traverse la toiture juste au-dessus du pulvérisateur, et il en sort humidifié. En

hiver, cet air tombe comme une douche glacée sur les métiers et sur les ouvrières, à moins qu'on ne ferme l'orifice d'admission, auquel cas le pulvérisateur aspire l'air de la salle et ne ventile plus rien. Les systèmes en usage sont nombreux ; ils ne doivent être employés que là où un système de ventilation canalisée serait trop onéreux à installer, dans les petits établissements. Citons entre autres l'appareil Mertz ; le Vortex, où l'appel d'air se produit par le fonctionnement d'un pulvérisateur, et de ventilateurs Blackman, placés sur le côté opposé de la salle. Dans l'appareil Hartde Blackburn, l'air s'échappe par un grand nombre de petites ouvertures percées dans la paroi d'un cylindre vertical en zinc. Cet air absorbe la vapeur qui se dégage, à la pression atmosphérique, d'un large anneau placé au-dessous du cylindre.

On reproche à ces installations de ne pas assurer un état hygrométrique suffisamment élevé en été; mais elles rafraîchissent l'air d'une manière notable. Si on continue d'introduire l'air extérieur en hiver, elles exigent une dépense de combustible élevée pour combattre la déperdition de chaleur créée par leur fonctionnement.

Ces criliques ont amené le Congrès de Rouen à adopter à l'unanimité le vœu suivant : « Le Congrès ne peut recommander les installations de pulvérisateurs montés dans les salles mêmes ; elles nécessitent une ventilation directe, impraticable en hiver parce qu'elle produit des courants d'air froids nuisibles à la santé des ouvriers et au travail. Le Congrès préconise le traitement préalable de l'air, qui doit servir à la ventilation, avec sa distribution par canalisation dans l'atelier, ce principe permettant d'effectuer la répartition uniforme de l'air de ventilation, de la température et de l'état hygrométrique. Ce traitement préalable devra réaliser les conditions nécessaires de chauffage en hiver et de rafraîchissement en été (1). »

Injecteurs ventilateurs avec canalisation d'air. — Un des premiers systèmes de ce genre a été décrit par Mehl dès 1872.

L'appareil Scoufietti aspire de l'air à l'extérieur et lui fait traverser d'abord une batterie de tubes à circulation d'eau, puis une chambre où il rencontre de l'eau pulvérisée ou de la vapeur. Cet aitest ensuite refoulé dans les ateliers et distribué comme l'indique les figures ci-contre (fig. 52 et 53).

\J appareil Lambert, employé dans un certain nombre de filatures de la région du Nord, se compose d'un tube de distribution dans lequel l'air, refoulé par un ventilateur centrifuge, rencontre des tuyères qui pulvérisent de l'eau par l'air comprimé. Un dispositif de réglage permet de pulvériser la quantité d'eau nécessaire. Le ventilateur puise l'air directement à l'extérieur ; il est pourvu d'un œillard dont .un registre permet de modifier la section et, par suite, le débit. L'air de ventilation sort de la canalisation par des orifices en forme de

(1) Comptes rendus du Congrès d'hygiène de l'Industrie textile de Rouen (1882), p. 127.

pomme d'arrosoir, afin de diviser les filets d'air; ces pommes se

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Fif>. 52. — Système de ventilation et d'humidification Scoufictti.

trouvent immédiatement au-dessous des tuyères de pulvérisation. Dans ce système, l'humidification et la ventilation sont indépen-

Fiy. 53. — Vue d'ensemble du système de ventilation et d'humidification

Scoufietti.

dantes, ce qui est un avantage en hiver. Le dosage de la pulvérisation d'eau se fait très facilement et permet de régler à volonté le degré

hygrométrique. Par contre, l'appareil Lambert nécessite l'emploi dune compression d'air dont l'entretien ne laisse pas d'être onéreux. L'air comprimé atteint facilement une température de 40° et même 50° ; à cette température, il entraîne des gouttelettes de l'huile utilisée pour lubréfier le compresseur jusque vers les tuyères, qui s'obstruent de temps à autre. Enfin, comme pour tous les appareils de pulvérisation, la transformation de l'eau en vapeur est incomplète.

\: appareil Kestner est assez simple; malheureusement, en hiver, il ne constitue qu'un appareil d'humidification, le même air faisant constamment retour par raison d'économie. Dans sa forme la plus simple, cet appareil se compose d'un ventilateur centrifuge qui aspire de l'air et le refoule par un tube dans la salle, d'où il revient à son point de départ.

L'eau pénètre dans le circuit de la ventilation sous la forme d'un filet que la vitesse de l'air dans le tube suffit à pulvériser ; cette pulvérisation s'achève d'ailleurs par l'action des palettes du ventilateur. L'eau en excès est retenue par un séparateur. L'eau du robinet est généralement froide, mais en hiver on peut faire usage d'eau chaude, surtout au début du travail, pour amener rapidement l'état hygrométrique nécessaire sans supplément de chauffage.

En été, et lorsque la température et l'état hygrométrique de l'air extérieur le permettent, on ouvre un registre; alors l'air de retour n'est pas simplement constitué par de l'air vicié lavé, mais par un mélange de cet air et d'air pur.

^isr. 54.

Appareil d'humidification, dit climatogène, système Bontemps.

Vappareil Bontemps, dit « climatogène », comprend essentiellement une pompe de compression portant l'eau à pulvérisera une pression d'eau moins 12 kilogrammes et un ensemble de tuyères de pulvérisation disposées de façon à former trompe d'aspiration pourl'air du dehors ; une canalisation distribue l'air humidifié et saturé dans le local .

Le climatogène Bontemps assure un renouvellement d'air d'environ 4 000 mètres cubes à l'heure et se prête très bien à la solution du problème de la ventilation, du chauffage et de l'humidification combinés. Il est très robuste, d'une installation rapide et ne comprend pas d'autre organe mécanique qu'une pompe de compression d'eau.

Celle-ci est certainement plus maniable qu'un compresseur d'air.

A côté de tous ces avantages, il faut signaler quelques inconvénients. L'air circule lentement dans la canalisation (environ 4 mètres à la seconde), et il faut recourir à des tuyaux d'un grand diamètre, ce qui est encombrant et diminue la lumière dans les ateliers bas de plafond.

Malgré ces critiques (auxquelles on peut remédier), l'appareil Bontemps est un des meilleurs systèmes connus de ventilation combinée à l'humidification.

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