THERMOMÈTRE MOUILLÉ
(Centigrade).
ÉTAT HYGROMÉ- TRIQUE.
ss
Le tableau précédent exige que l'état hygrométrique s'abaisse en même temps que la température s'élève, ce qui est parfaitement logique. On pourrait remplacer le tableau précédent par la règle suivante.
(1) Voy. la même conclusion dans une étude du Dr Henriet, Revue générale des sciences, 30 juin 1907.
(2) Schedule A of the Collon cloth Faclories Act, 1889. Ce tableau a été maintenu en vigueur dans le règlement de 1898 (Order of the secretary of state, dated 2nd february 1898, making régulations for the protection of health in cotton cloth Factories). On remarque de légères différences entre les états hygrométriques du tableau ci-dessus et ceux qui résulteraient du tableau de la page 222. Les différences viennent de ce que le tableau anglais compte les températures en degrés Farenheit et que nous les avons converties en centigrades avec des chiffres ronds, à un quart de degré près.
Règle. — Entre les indications du thermomètre sec et celtes du thermomètre mouillé, on maintiendra toujours au moins les différences ci-après :
Différence entre Indications le thermomètre sec et
du thermomètre sec. le thermomètre mouillé.
Jusqu'à 20° 1°
De 21 à 25° 2°
Au delà de 25° 3°
La température du thermomètre mouillé ne dépassera jamais 28° (1).
En France, le Règlement général du 29 novembre 1904 sur l'hygiène des ateliers déclare, dans son article 5, que l'aération sera suffisante pour empêcher une élévation exagérée de la température, et telle chaleur sèche sera supportable qui sera au contraire très pénible si elle accompagne une grande humidité. Pour apprécier si une température donnée est exagérée ou non, il faut donc considérer l'état hygrométrique (2).
SYSTÈMES D'HUMIDIFICATION. — Arrosages du sol. Rigoles. — L'humidité de l'atmosphère peut s'obtenir en arrosant le sol à des intervalles réguliers, ou en faisant circuler de l'eau dans des rigoles. L'arrosage exige une certaine main-d'œuvre; il manque de propreté et passe pour provoquer des affections rhumatismales chez les ouvriers. Bien qu'il assure une grande régularité de l'état hygrométrique, il n'est plus guère employé que dans le Lancashire. L'emploi des rigoles dans lesquelles l'eau circule au milieu de briques laissant entre elles un certain espace n'a pas même la valeur de l'arrosage, car la porosité des briques (qui favorise l'évaporation) disparaît bientôt, par suite du dépôt des matières en suspension dans l'eau. Les rigoles ont été quelquefois remplacées par des auges suspendues dans l'atelier.
(1) Il résulte, en effet, de récentes expériences de Haldane, faites sur lui-même (Journal of Hygiène, vol. V, p. 49 i, et communication au Congrès d hygiène de Berlin en septembre 1907), que l'homme peut séjourner pendant plusieurs heures immobile et le torse nu dans une atmosphère chaude, sans symptômes pathologiques marqués, tant que la température du thermomètre mouillé n'atteint pas 31 à 32° C. La température critique s'abaisse à 26 ou 27» dès que le sujet doit exécuter un travail moyen dans un air immobile. Dans un bon courant d'air, elle se relève de 2°. Dès que ces températures critiques sont atteintes, la température rectale s'élève, quelle que soit par ailleurs la température du thermomètre sec et par conséquent l'état hygrométrique. Dès que la température rectale est en excès de 2° sur la normale diurne, elle s'accompagne d'un malaise prononcé, d'un pouls fréquent et d'une dyspnée marquée au moindre effort. Un excès plus élevé cause des symptômes alarmants si le sujet doit faire un travail effectif, tel que monter une échelle. Dans les mines de Gornouailles, où régnent des températures de 30 à 38° au thermomètre mouillé, les chevaux meurent souvent de coups de chaleur. Les mineurs se défendent en travaillant très peu et en allant se reposer sous la manche à air dès qu'ils se sentent incommodés.
(2) C'est ce que le Tribunal correctionnel de Lille a fait dernièrement (12 juin 1907), en déclarant qu'une température de 29° était exagérée dans un atelier où l'état hygrométrique était de 90 p. 100, la température extérieure étant de -f 4°.
Ces procédés ont le défaut grave de ne fonctionner dans de bonnes conditions qu'en l'absence de tout système de ventilation. Cependant Hall et Kay ont repris le système des auges et y ont adapté l'insufflation d'air. L'auge est traversée par un tube de refoulement d'où l'air s'échappe de distance en distance, en rencontrant des chapeaux de tôle qui l'obligent à venir lécher la surface de l'eau. Pour favoriser l'évaporisation, l'auge est également traversée par un tube de vapeur. Ce système est assez répandu dans l'industrie du coton en Angleterre.
Injection de vapeur vive. — L'injection de vapeur vive dans les salles n'est pas recommandable. Cette vapeur et les tubes d'amenée
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