BUÉES
où il s'échauffe à 50° et en conduisant cet air par une canalisation au-dessus de chaque bac contenant l'eau chaude.
Chez M. Mauchauffié à Troyes, chez M. Hubault à Amiens, le même procédé a été employé, mais la canalisation ne s'approche pas autant des points de formation des buées. L'air usé est évacué par des ouvertures convenablement disposées dans la toiture, et certains ateliers ont en outre des ventilateurs aspirants à faible débit, pour faciliter cette évacuation.
Le procédé par refoulement d'air sec et chaud paraît avoir résolu la question si importante de la ventilation dans les filatures de lin au mouillé, où il est nécessaire, tout en faisant disparaître les buées, de maintenir une température et un degré hygrométrique déterminés. Dans l'une des plus grandes filatures de Lille, l'air atmosphérique est aspiré, réchauffé par un aéro-condenseur et envoyé au moyen de deux puissants ventilateurs dans une chambre à air occupant tous les combles d'un bâtiment à trois étages. Cet air s'écoule ensuite sous un léger excès de pression par une multitude d'ouvertures dans l'atelier de dévidage qui occupe le troisième. De là, il passe par des orifices semblables percés dans le plancher dans un premier atelier de filage placé au second. En même temps qu'il entretient une température convenable, il absorbe l'excès d'humidité provenant des bacs et des projections des ailettes, et le degré hygrométrique se maintient dans des limites convenables. Le même air arrive au premier étage, qu'il traverse de haut en bas, comme les autres ateliers. Là se trouvent encore des métiers à filer, les numéros sont plus gros, et la température et le degré hygrométrique doivent être plus élevés. Enfin il s'échappe dans l'atmosphère, après avoir traversé le magasin et le paquetage situés au rez-de-chaussée.
L'air de tout le bâtiment se renouvelle dix fois par heure; la température des salles de filage ne dépasse pas 27° ni le degré hygrométrique 80 p. 100.
Une autre filature importante, sise à Pérenchies, s'est contentée de distribuer l'air sec et chaud au moyen d'un large tuyau en tôle, muni d'un grand nombre de bouches. L'air se déverse en nappe et entraîne l'air usé de haut en bas, comme dans l'exemple précédent (1).
Aspiration et refoulement d'air chaud combinés. — MM. Gillet, teinturiers à Lyon, ont réalisé la disparition des buées de la façon suivante : tous les bacs à eau chaude ont été réunis dans un même local qui a été isolé autant que possible de l'atmosphère extérieure : murs épais, double toiture vitrée, etc. Quatre ventilateurs refoulent de l'air dans un conduit rectangulaire en bois, assez large, adossé à l'un des murs latéraux. Dans ce conduit circulent des tubes de vapeur munis de valves de réglage. Sur la face du conduit qui regarde
(1) Rapports annuels des inspecteurs divisionnaires du travail, 1905, p. 119-120.
l'atelier, sont ménagées des ouvertures en forme de rectangles allongés dans le sens horizontal, par où s'échappe Pair. Celui-ci traverse la salle en passant un peu au-dessus des bacs et gagne l'autre façade latérale, où se trouve à un niveau un peu plus élevé une autre série de ventilateurs aspirants à moindre débit.
AIR COMPRIMÉ
LES CAISSONS. — Pour établir les piles d'un pont, pour creuser les fondations d un bassin, pour percer des tunnels, il est souvent nécessaire de travailler à une certaine profondeur au-dessus du niveau de l'eau. On se sert alors d'appareils dits« caissons », que Ton descend au point où doivent être exécutés les travaux etdans lesquels la pressionde l'air est élevée de façorià équilibrer la pression du liquide. Les ouvriers qui travaillent dans les caissons se donnent le nom de « tubistes ».
Ainsi que le montre la figure 54, le caisson destiné à une pile de pont, par exemple, consiste essentiellement en une vaste caisse de tôle, assez grande pour contenir la pile, ouverte par en haut, et assez haute pour que son bord supérieur s'élève de 2 ou 3 mètres au-dessus de l'eau, quand son bord inférieur ou couteau repose sur le lit de la rivière. A une certaine hauteur au-dessus de ce bord inférieur, lu,,80 environ, se trouve un solide plancher de fer traversé par un
certain nombre de cheminées qui se terminent par des écluses ou sas à air.
Les unes servent au passage des ouvriers, les autres à l'entrée des matériaux et à l'évacuation des déblais. L'espace compris entre le fond du caisson et le sol sur lequel il repose s'appelle la chambre de travail. C'est là que les ouvriers se tiennent; on les voit sur la figure 55.
On échoue le caisson à l'endroit qu'il doit occuper, son bord inférieur ou couteau reposant sur le lit du fleuve ; puis on envoie de l'air comprimé dans une des cheminées. L'eau est chassée de celle-ci et de la chambre de travaille sorte que les ouvriers peuvent y pénétrer.
Fig. 55. — Caisson à air comprime (1).
(1) Les figures 55 à 58 ont été obligeamment communiquées par le Dr Oliver et sont extraites de son intéressant travail : Compressée! air illness or caisson disease. Trad. franc, in Annales d'hygiène publique et de méd. léç/., 1906, p. 398, et Bull, de V Inspection du travail, 1907, n°* 3 et 4, p. 646.
AIR COMPRIME
Au fur et à mesure qu'ils creusent le sol sous le couteau, le caisson s'enfonce par son poids, et on aide sa descente en le remplissant de maçonnerie ou de béton, entre les cheminées et les parois, au-dessus de la chambre de travail, jusqu'à atteindre et dépasser le niveau de l'eau.
On continue à maçonner la pile au-dessus du caisson et au-dessus de l'eau, au fur à mesure qu'il descend, jusqu'à ce qu'il atteigne la profondeur considérable fixée pour la fondation, 20 à 30 mètres audessous du lit de la rivière par exemple.
Suivant la profondeur atteinte parle caisson, la pression nécessaire