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MALADIES CAUSÉES PAR LES POUSSIERES

Peigneurs. Cardeurs. Cordiers. Ouvriers des filatures. Fabricants

Lin. Chanvre, .

I d étoupes.

Pailles. Balles ( Vanneurs, batteurs en granges. Déchargeurs de navires. Jaugeurs

et glumelles. ( et mesureurs de blé.

4o Poussières filamenteuses.

Coton (byssinosis) I Batteurs. Cardeurs. Ouvriers des filatures.

Poils végétaux | Équarrisseurs de platane. Fabricants de cordes d'alfa.

Ouate | (Fabriques d'). Effilocheurs.

Déchets de vieux linges. | Chiffonniers. Trieurs de chiffons des papeteries.

3° Poussières d'origine minérale.

1° Poussières pierreuses.

1 Tailleurs de meulières, remouleurs, aiguiseurs, retail-

' Silice, grès et quartz ( leurs, retoucheurs et riffleurs de meules, épointeurs

(chalicose) \ d'aiguilles, ponceurs de glaces, mouleurs en métaux,

(silice et fer 1 ponceurs de plaques métalliques, peigneurs de lin et

ou ! chanvre ou séranciers, carriers, terrassiers, canton-

sidéro-chalicose). [ niers, tailleurs de pierre, broyeurs de cailloux, ouvriers

\ en ciment.

Argile ( Briquetiers. Tuiliers. Faïenciers. Porcelainiers (brossage

(silice et alumine). } des pièces). Potiers (retoucheurs et useurs de grains).

Ardoise | Ardoisiers. Couvreurs (découpeurs etraboteurs d'ardoises).

te \ r> 1 • , \ Ouvriers des carrières. Marbriers. Sculpteurs. Ornema-

5 ualcaire , . .

-3 j ' nistes.

i Broyeurs et tamiseurs de plâtre. Stuqueurs. Maçons.

Plâtre (gypsose).. . < Lustreurs et apprêteurs de peaux et crins (dégraissage

( et battage). Brossiers.

j, „ ( Extraction du soufre. Tritureurs et bluteurs de soufre.

' ' f Soufreurs de vignes et végétaux malades.

^, ^ Dégrossisseurs de glaces. Ponceurs de nacres, agates,

' ' ) camées, acier. Ponceurs de métaux (dérochage à sec).

Verre | Diamanteuses de fleurs. Fabricants de papier de verre.

2° Poussières métalliques.

/ i Tailleurs de limes. Aiguiseurs. Fabricants d'aiguilles (silice et

<S / • , - \ i fer). Affûteurs. Serruriers. Couteliers. Aiusteurs. Fondeurs.

-S [ (sidérose . f ^ c 1 l Forgerons.

Jj* < ( Fondeurs de cuivre et bronze. Limeurs de cuivre. Polisseurs

S F Cuivre ] à sec. Taraudeurs. Tourneurs. Ciseleurs. Scieurs. Planeurs

'c ' (de cuivre. Polisseurs de ressorts de montres.

I"H Zinc | Ficeleurs. Tréfileurs. Marteleurs de fils galvanisés.

( Horlogers. Épingliers (empointeurs d'épingles). Bronzeurs

Laiton } (poussières de laiton). Fabricants de tarlatanes imprimées

f (poussière de cuivre appelée Brocard, cuivre frisé ou diamant).

j Lapidaires (taillage et polissage des pierres fines et camées

1 avec une roue en plomb). Tisserands (usure des poids en

j plomb). Potiers d'étain. Tailleurs de lime (usure de l'enclume

x 1 Plomb <; en plomb). Ajusteurs (usure des lamelles de plomb sur les-

£ I 1 quelles on appuie les pièces délicates). Plombiers. Marteleurs

et lamineurs de plomb (roulage et pliage des feuilles de

plomb).

,,. i Compositeurs (poussière des casses),

d imprimerie.. ) '

3° Poussières salines.

Sels

de fer

indifférents.

Sels de plomb (toxiques).

Sels

d'arsenic

(toxiques).

Sels de mercure (toxiques).

Sels de cuivre (toxiques).

Sels

de zinc

(toxiques).

Chaux.

Sels

de chrome

(caustiques).

Miroitiers. Polisseurs de glaces. Ponceùrs

~ . , - \ et décapeurs de tôle avec le rouge d'An- Oxydes de 1er . , , , , , , , , , °

J I gleterre (derochage a sec des plaques mé-

talliques).

~ . . , , ... , , , i Broyeurs et tamiseurs de cristal pour

Cristal (suicate double S . -, ^ -,, , , x rr> -n

. ; i i in i email. Emanleurs saupoudrage), lailleurs

de potasse et plomb)./ de cristal>

i Cérusiers. Dentellières. Satineurs de pa-

Céruse < piers peints et cartes glacées. Dessinateurs

' sur drap.

M. ... ( Fabricants de minium. Saupoudreurs et

înium < , ... , , . r

( emanleurs de céramiques.

Litharge | Fabricants et ponceùrs de cuirs vernis.

Acétate de plomb | Satineurs de papiers moirés.

n. iiiu ( Fabricants de chromate, de mèches à bri-

Chromate de plomb.. .. < .. .

( quet, tisserands.

Oxychlorure de plomb. | Fabricants d'oxychloimv.

o ,n ,, . ( Extraction des minerais. Teinturiers en

Sullures d arsenic 1 ,, „ ..

( cuirs. Corroyeurs. Potiers.

, Fabricants et broyeurs de couleurs arseni-

i cales (vert de Scheele et Schweinfurt).

.... , , . . * Fabricants de papiers peints. Fleuristes. Arsenites et arseniates. { ^ ... . . '/, . v . „ , .

i freuillagistes. Fabricants d abat-jour.

f Couturières. Ouvriers en étoffes arsenicales.

. . , , . \ Chapeliers. Mégissiers. Empailleurs. Ver- Acide arsenieux .' ~ -,v \>

/ riers. Ouvriers des hauts-fourneaux.

Arséniures | Tréfileurs de zinc (poussières de zinc impur).

Cinabre ) Mineurs d'Almaden.

Acétate de cuivre ou ( Fabricants de verdet (raclage des plaques,

verdet ( embarillage).

f Chaudronniers (décapage et nettoyage des Oxyde et carbonate de \ vieux cuivres (grattage et martelage).

cuivre y Fondeurs en cuivre (travail des retou-

( cheurs et ébarbeurs).

Oxyde et carbonate de ( Fa^ric,ants (embarillage du blanc de zinc). *• < lordeurs de fils galvanises. Ficeleurs de

' bouteilles de Champagne. Tonneliers. Chlorure de zinc | Décapeurs de zinc.

( Lustreurs. Apprêteurs de peau. Batteurs Chaux ) de laine chaulée. Chaufourniers Chau-

' leurs de grains.

Bichromate de potasse. \ Ouvriers chromateurs.

PNEUMOCONIOSES.

poussières, le premier

Parmi les maladies professionnelles dues aux les lésions pulmonaires, ou pneumoconioses, tiennent rang.

Les pneumoconioses, d'après le nom qu'a donné Zenker à ces altérations pulmonaires, se présentent surtout sous trois formes : anthracose due aux poussières de charbon, sidérose à celles de fer, chali-

ANTHRACOSE. 9—393

cose à celles de silice. Layet a décrit sous le nom de bronchorvhée professionnelle une affection caractérisée par de la simple bronchectasie sans pénétration de poussières dans le poumon. Cette lésion serait surtout le fait de poussières végétales peu dures.

1° Anthracose.

L'anthracose existe à l'état physiologique ; on sait que le poumon de l'adulte et surtout celui du vieillard est sillonné de traînées noirâtres qui ne sont que des dépôts de charbon le long des lymphatiques. Ce charbon provient des fumées qu'envoient les appareils de chauffage et d'éclairage. Jusque-là il n'y a rien de pathologique.

Il n'en est pas de même chez les mineurs, où elle a été depuis longtemps décrite par les auteurs anglais sous le nom de phtisie noire, chez les charbonniers, chez les mouleurs en métal, qui saupoudrent du charbon pour empêcher le moule de faire corps avec le métal en fusion.

SYMPTOMATOLOGIE. — Voici résumée, d'après l'excellent article de Marfan (1), la symplomatologie de cette pneumoconiose anthracosique.

Les signes en sont tardifs, ne survenant qu'après une imprégnation de dix à vingtans, souvent à l'occasion ou d'une bronchite ou d'une pneumonie accidentelle.

On peut, avec Tardieu, distinguer trois périodes. D'abord il y a une sensation inusitée de fatigue, des malaises, de la dyspnée d'effort ; la toux se montre quinteuse, bientôt avec une expectoration noire, qui a fait dire que « le poussier s'était attaché à l'homme ». Le crachat noir (black spit) à l'état permanent est le signe caractéristique de cette période. A l'auscultation, on trouve le murmure vésiculaire diminué, le retentissement vocal exagéré, des râles de bronchite disséminés.

A la deuxième période, l'état général s'est altéré. Le malade amaigri a un teint terreux, se plaint de dyspnée continue, rend des crachats muco-purulents, quelquefois un peu sanguinolents.

Enfin, à la dernière période, l'anémie et la consomption font des progrès. C'est bien alors la phtisie noire avec des signes cavitaires. Le malade meurt comme un phtisique ou par asystolie. Oliver a étudié récemment (2) la phtisie des mineurs. Il conclut qu'elle ne résulte pas de l'inhalation des gaz du sol ou de ceux dégagés par les explosifs, qu'elle est causée par les poussières, qu'elle n'est pas tuberculeuse au début et peut ne pas le devenir ; la tuberculose y est chose surajoutée. C'est une affection locale non héréditaire, qui peut

(1) Marfan, in Traité de médecine de Bouchard et Rrissaud, 2e édition.

(2) Brit. med.Journ., 1903, p. 568, et Bull, de l'Inspection du travail, 1905, p. 52.

être évitée en grande partie par une bonne ventilation, comme on Ta vu en Grande-Bretagne.

2° Chalicose.

Connue sous divers noms [cailloute des piqueurs de meules de la Touraine et de l'Anjou, mal de Saint-Roch, phtisie des tailleurs de pierre), la chalicose a été ainsi appelée par Meinel. On la rencontre chez les tailleurs de pierre, de grès, de marbre, les aiguiseurs, les verriers, faïenciers, potiers, qu'il s'agisse de l'un quelconque des temps de l'industrie faïencière (ébaucheurs qui pétrissent la terre à faïence, surtout mouleurs et tourneurs, enfourneurs, épousseteurs, useurs de grains).

SYMPTOMATOLOGIE. —La symptomatologie est très analogue à celle de l'anthracose. Au début, le malade tousse, crache des particules de silice ou d'acier, ce dont souvent il se rend compte. Puis le poumon s'indure, l'expectoration devient muco-purulente, sanglante. Enfin peut s'installer la phtisie avec son cortège habituel ; d'autres fois, la lésion reste à l'état de bronchectasie.

3° Sidérose.

Décrite d'abord par Zenker, la sidérose est rare et mal connue. Elle se voit chez les ouvriers se servant d'oxyde rouge de fer ou rouge anglais (miroitiers, batteurs d'or, polisseurs de glaces), chez ceux qui nettoient avec du sable les plaques de tôle rouillées.

Les symptômes semblent ceux de l'anthracose, quelquefois avec expectoration rouge.

4° Pneumoconioses mixtes.

Souvent il y a association de ces diverses poussières ; ainsi il est remarquable que la chalicose montre à l'autopsie des poumons noirs, alors que les poussières inhalées sont blanches ou grises. C'est que la chalicose coexiste souvent avec l'anthracose. Charcot croyait même que, comme les scléroses, elle appelait l'anthracose. Letulle a vu chez un broyeur d'émeri un poumon avec noyaux durs, gris noir, composés de silice, alumine, peroxyde de fer.

La plus importante de ces pneumoconioses mixtes est la sidérochalicose des aiguiseurs, étudiée d'abord en 1796 par Johnston, puis en 1860 par Knight. Depuis elle a été l'objet de plusieurs travaux en Angleterre. On l'observe chez les tailleurs de meules, aiguiseurs de fourchettes, très exposés par suite de leur travail à sec, les polisseurs d'acier qui emploient l'émeri et le rouge d'Angleterre, les ouvriers qui fabriquent les aiguilles, et surtout, parmi eux, les empointeurs.

PNEUMONIES A SCORIES. «î— 395

5° Formes plus rares.

Chez les verriers, il peut y avoir des accidents dus aux poussières de verre ; ces poussières, nocives par leur teneur en plomb, le sont aussi par simple action mécanique, sans parler ici de l'emphysème, que peut engendrer le soufflage.

Notons la fréquence des accidents pulmonaires chez les plâtriers, carriers, ouvriers des fours à chaux. La nocivité des poussières argileuses se manifeste chez les briquetiers, tuiliers, potiers, porcelainiers. Parmi ces derniers, sont surtout exposés les liseurs de grains, qui, lorsqu'une pièce sort du four, ont à gratter la silice qui y adhère.

La fabrication du bleu d'outre-mer, obtenu avec de la soude caustique saturée de silice additionnée d'alumine, produit sur lequel on fait agir du sulfure de sodium fondu, dégage des poussières abondantes.

Assez rares sont les accidents développés dans l'industrie cotonière et dénommés byssinose. Villermé a signalé comme particulièrement exposés les débourreurs et les aiguiseurs de cardes, qui nettoient les planches des tambours à carder. L'évolution, analogue comme périodes à celle des autres pneumoconioses, se ferait en seize à vingt-deux mois. La fabrication de V ouate est assez nocive.

Le travail de la laine développe moins de poussières que celui du coton, à cause de l'huile dont on l'imbibe avant de la faire passer dans les métiers. Par contre, le travail de la soie est assez nocif au point de vue qui nous occupe. La partie dangereuse est l'opération qui consiste à extraire la soie du cocon, en la débourrant, c'est-àdire en débarrassant sa surface de la bourre ou frison qui la garnit ; c'est le cardage des frisons qui est particulièrement malsain. Rappelons encore, dans cet ordre d'idées, Y épuration des plumes et duvets, ainsi que le travail au tour de la nacre de perles.

Pneumonies à scories.

Onaenfindécritsouslenom de pneumonie à scories une pneumonie grave, observée chez les ouvriers qui pulvérisent les scories provenant de la déphosphoration de l'acier. Cette poussière riche en phosphate de chaux, de fer, de manganèse, en magnésie, silice, et qui contient un peu d'acide sulfurique, est transformée en engrais. Ces pneumonies se comportent comme des pneumonies lobaires ordinaires, sauf que les crachats ne seraient pas rouilles, mais gris noir, que l'albuminurie serait fréquente (Attimont, de Nantes); mais elles n'ont en somme rien de caractéristique.

Si les pneumoconioses préparent le plus souvent à l'infection secondaire tuberculeuse, on les a accusées aussi de pouvoir devenir cancéreuses. Chez les ouvriers des mines de cobalt arsenical du

Schneeberg, Haerting et Hesse ont constaté des tumeurs cancéreuses avec adénopathies. Pour Cohnheim et Weigert, cesseraient là des lymphosarcomes.

PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUE. — Arrêtées d'abord et pendant longtemps par les barrières naturelles que constituent les voies aériennes supérieures avec leurs poils, leurs cils vibratiles, les poussières finissent par pénétrer, grâce à l'irritation qu'elles provoquent à la longue et grâce à des inflammations aiguës intercurrentes (coryza, angine, laryngo-bronchite), qui momentanément amoindrissent la résistance des tissus. La respiration par la bouche au lieu du nez facilitera la pénétration. Ces poussières pénètrent parles lymphatiques, qui en sont bourrés. Prises par des leucocytes migrateurs au niveau de l'alvéole, les poussières sont transportées par le courant lymphatique aux ganglions qui les retiennent; mais à la longue ces ganglions irrités deviennent incapables de fonctionner, et les poussières vont former entre les lobules des noyaux qui, à leur tour, agissant comme corps étrangers, amèneront la sclérose du poumon, souvent avec peu de dilatation bronchique (Marfan). Mais ce qui semble amener la transformation de l'anthracose physiologique en anthracose pathologique, c'est l'intervention d'une infection, comme l'ont montré les expériences de Claisse et Josué (1), qui, chez les animaux, n'ont vu ni inflammation, ni troubles vasculaires. De sorte qu'il n'y a pas à vrai dire de lésions anthracosiques, mais des infections diverses évoluant chez des anthracosiques. Aussi a-t-on dit que « l'anthracose houillière n'est qu'un signe d'identité professionnelle et n'est pas une maladie ».

Récemment Calmette (de Lille) a soutenu Yorigine intestinale de l'anthracose pulmonaire comme d'autres infections du poumon (pneumonie, tuberculose). Si on fait absorber à des cobayes des cultures de pneumocoque additionnées de noir de fumée, on trouve, dit il, les poumons farcis d'amas anthracosiques (2). Par contre, d'autres expérimentateurs, Remlinger (3), Kùss et Lobstein (4) soutiennent l'origine pulmonaire de l'anthracose. — Ces derniers auteurs sont arrivés aux conclusions suivantes :

1° L'anthracose pulmonaire expérimentale peut être réalisée à coup sûr et facilement chez le cobaye, en plaçant l'animal pendant quelques heures dans une atmosphère de fumée relativement peu dense, contenant par mètre cube 1 à 15 centigrammes de noir de fumée à l'état de poussière impalpable;

2° L'anthracose se produit alors par inhalation et non par dégluti-

(1) Claisse et Josué, Arch. exp. 1897, p. 20b.

(2) Calmette, Presse meU, 1er sept. 1906. {'■i) Remlinger, Soc. biol., 3 nov. 1906.

(4) Kuss et Lobstein, Bull, méd., 21 nov. 1906.

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