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PNEUMONIES A SCORIES

tion; elle a en effet la même intensité si, au préalable, on a lié l'œsophage ou le pylore, ou lorsque la réplétion de l'estomac empêche les poussières d'arriver au duodénum ;

3° Les (juantités de noir qui déterminent par inhalation une anthracose marquée ne donnent rien de tel par ingestion; au cours de repas anthracosiques, il peut d'ailleurs y avoir inhalation donnant lieu à une anthracose toujours très légère;

4° L'anthracose pulmonaire n'a jamais une origine intestinale;

5° Dans l'anthracose expérimentale, l'anthracose pulmonaire est plus accentuée que l'anthracose ganglionnaire ; c'est l'inverse dans l'anthracose spontanée.

Enfin, en Belgique, Herman (1), tout en admettant l'origine intestinale, admet comme possible la voie pulmonaire.

Les conclusions de Feliziani (2) ne sont pas favorables à la théorie de Calmette. Sur plus de 10 cobayes soumis à l'ingestion répétée et massive d'encre de Chine mêlée aux aliments ou introduite par la sonde, aucun n'a eu de pigmentation pulmonaire. Les particules charbonneuses étaient restées à la surface de l'intestin. Quatre cobayes injectés dans le péritoine et sacrifiés au bout de vingtquatre à quarante-huit heures n'avaient pas d'anthracose pulmonaire. L'auteur nie donc l'anthracose pulmonaire d'origine digestive, mais non la tuberculose pulmonaire de même origine.

Dans de nouvelles expériences entreprises pour réfuter ces conlradictions, Calmette, Vansteenberghe et Gryser (3) émettent les conclusions suivantes : 1° les poussières colorées assez fines, introduites dans les voies digestives, traversent la paroi intestinale et, chez le cobaye adulte, vont rapidement par les voies lymphatiques et sanguines au poumon, qui les retient plus ou moins longtemps; 2° l'ingestion de ces poussières colorées provoque chez le cobaye, au bout de six heures, des taches anthracosiques surtout sous la plèvre viscérale; 3° l'inhalation de ces poussières peut entraîner leur accumulation dans le pharynx, les bronches, les alvéoles et produire une anthracose différente de celle qu'on obtient par ingestion. Il y aurait donc à côté de l'anthracose d'origine respiratoire et mécanique dont l'existence est indéniable une anthracose physiologique d'origine intestinale.

Bien qu'on ait admis une immunité créée par l'anthracose vis-à-vis de la tuberculose, il semble bien au contraire que l'anthracose y prédispose. Les anthracosiques tuberculeux peuvent guérir s'ils cessent leur métier; le mal au contraire progresse s'ils le continuent. L'existence dans les crachats de cellules épithéliales ou de leucocytes renfermant des granulations minérales ou végétales indique l'origine pneumoconiosique de cette tuberculose. L'absence de bacille des

(1) Herman, Acad. belge, 27 oct. 1906.

(2) Feliziani, Policlinico, 1906, fasc. XII, p. 525.

(3) Acad. sciences, déc. 1906.

crachats avec des signes cavitaires est un sûr indice de pneumoconiose.

OPHTALMOCONIOSES.

On comprend facilement que l'œil soit particulièrement exposé à Faction nocive des poussières. Les professions où on rencontre les ophtalmoconioses sont celles de scieurs de long, tourneurs sur bois, droguistes, broyeurs aVécorces médicinales , ouvriers des filatures de lin ou chanvres crimers, brossiers, pelletiers, plumassiers. Souvent à Faction des poussières vient s'associer celle des germes qu'elles véhiculent; il en est ainsi dans la kératite des moissonneurs, des équarrisseurs d'arbres, des huîireurs, des nacriers, des dévaseurs, des débourreurs de cocons altérés, des scieurs d'os, des batteurs et jaugeurs de blé, des cannissiers, tresseurs de paille, vanneurs de grains, botteleurs de foin, etc. Les poussières peuvent, par traumatisme, ouvrir la porte aux germes ordinaires de l'atmosphère, comme chez les ouvriers qui manipulent le soufre, les chaufourniers, plâtriers, maçons, tailleurs de pierre, marbriers, plafonneurs.

On peut voir de la blépharile simple avec nodules furonculeux des glandules ; de la blépharile ulcéreuse avec croûtes au niveau des cils ou entre eux, comme cela se voit dans le cas de poussières caustiques (arsenic, chrome, alcalins); de la blépharile cicatriculaire, où il y a des cicatrices dues à des brûlures produites parles poussières incandescentes (forgerons, serruriers, fondeurs). Il peut y avoir de la conjonctivite hyperémique ou catarrhale granuleuse.

Les lésions les plus rebelles sont celles qui sont dues aux poussières d'origine végétale ou animale. Les poussières minérales provoquent volontiers une lésion appelée ptérygion (maçons, plâtriers, tailleurs de pierre, etc.). Les corps étrangers organiques n'ont pas tendance à s'éliminer; ils se gonflent par imbibition et peuvent produire de l'infection. Ainsi la kératite des moissonneurs est souvent suivie d'ulcération perforante ou hypopyon.

RHINOCONIOSES.

La rhinite perforante s'observe sous l'influence de certaines poussières, et on la voit chez les ouvriers exposés aux poussières arsenicales, chez ceux des fabriques de bichromate de potasse, chez les éjarreurs de poils (fabrication des chapeaux de feutre), chez les soudeurs de boîtes de conserves, les chaufourniers et les brasseurs de tuyaux de cuivre, les ouvriers en ciment. Cette rhinite est constituée par une inflammation chronique de la muqueuse du nez et par l'ulcération de la cloison du nez pouvant aller à la perforation. Cette perforation siège au point de la cloison répondant à la dépression du sillon nasal. Elle est due au dépôt de pous-

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