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III. Les formations cornées méritent aussi qu'on les étudie

5° La femme a des ongles plus délicats et plus translucides.

6° Dans les espèces du Coq domestique , de la Perdrix, du Paon , etc., le mâle porte des éperons aux pattes, où les femelles n'ont que de simples tubercules. Bechstein a vu un éperon mousse dans le cas de conformation hermaphrodite. L'Ornithorhynque mâle a ordinairement des éperons.

7° Lorsque les deux sexes sont pourvus de saillies cornées et osseuses, celles des femelles sont ou plus courtes, plus petites et en partie moins courbées , par exemple , dans le Rhinocéros, le Renne, le Bouquetin , le Chamois et la plupart

(1) Eble, Die Lelire von don Haaron in dcr orgariischen ISahir, Vienne 1831, t. II, p. 222.

(2) Ibid., p. 79.

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des Antilopes > ou plus longues , contournées , mais en même temps plus faibles et plus cassantes , tandis que celles des mâles sont plus propres au combat par leur brièveté , leur épaisseur et leur solidité, comme chez les Ruminans, par exemple. Les cornes les plus longues , mais les moins dures et les plus cassantes , sont celles des Bœufs qu'on a châtrés de bonne heure ; la même chose à peu près arrive chez les Vaches hermaphrodites (1).

8° Les Brebis et les Chèvres n'ont point , en général , de cornes , et , quand elles en portent , ces excroissances sont plus courtes et plus faibles.

9° Le mâle seul porte des cornes dans les espèces du Cerf domestique, du Daim, du Chevreuil, de l'Élan, de la Gazelle et des Antilope gutturosa et cervicapra. Lorsque le Cerf subit très-jeune la castration , sa tête ne s'orne pas de bois , et il y pousse seulement des tubercules informes , qui ne durcissent jamais entièrement. Lorsqu'on le châtre après qu'il a jeté son bois, il n'en reprend plus, et l'on assure que, quand le bois vient à être blessé avant l'époque du rut , l'animal demeure'toute l'année incapable de se reproduire. Les Chevreuils femelles poussent quelquefois un bois très-court pendant la captivité , lorsqu'elles sont privées du mâle à l'époque de la chaleur, et quand on leur fournit une abondante nourriture. Valmont de Bomare a trouvé , chez une Biche qui avait des bois , de gros ovaires semblables à des testicules et un clitoris volumineux; chez une autre, qui n'avait qu'un seul bois, l'ovaire du même côté était dégénéré et squirrheux.

Parmi les Insectes , les mâles du Scarabée nasicorne et du Cerf Volant ont seuls des excroissances en forme de cornes. § 184. Le volume du corps présente des différences qui méritent d'être notées.

1° Toutes les classes du règne animal nous offrent des exemples de femelles dont la taille surpasse celle des mâles. Tels sont , parmi les Entozoaires , l'Ascaride et l'Échinorhynque , chez lesquels la femelle est à la fois plus grosse et plus longue; parmi les Insectes, plusieurs Lépidoptères , notamtd) J. Hunter, loc, cit., p. 49.

ment crépusculaires et nocturnes , chez lesquels la différence est déjà sensible dans les chrysalides ; certains Coléoptères et la plupart des Hyménoptères et Diptères; les Arachnides; parmi les Crustacés, les Cijclops, Baphnia et Lygius , chez lesquels la femelle est trois ou quatre fois plus grosse que le mâle; les Bopijrus , chez lesquels sa longueur surpasse à peu près six fois celle du mâle , d'après Rathke ; parmi les Poissons, le Lutjanus venosus , mais surtout les Squales; parmi les Reptiles , le plus grand nombre , notamment les Anoures et les Chéloniens ; parmi les Oiseaux , les Rapaces diurnes principalement, et sinon tous les monogames (1) , du moins la plupart d'entre eux (2); parmi les Mammifères, enfin , la Baleine , le Fourmilier et l'Aurochs , chez lesquels cependant la femelle est plus débile que le mâle.

2°? En général , la longueur prédomine dans la forme des mâles , et la largeur dans celle des femelles. Cette différence s'aperçoit déjà chez les végétaux dioïques ; les individus mâles croissent plus en hauteur, ils deviennent plus élancés , et leurs feuilles aussi s'allongent davantage ; les individus femelles croissent plus en longueur, sont plus ramassés et moins hauts de taille (3). Quoique la femelle de l'Élan ait beaucoup plus de masse que le mâle , puisque , suivant Wangenheim , elle pèse cent livres de plus, cependant elle est un peu plus petite en arrière , plus petite encore en avant , et surtout beaucoup plus courte que lui. Il en est de même chez certains Insectes , par exemple dans les Hylotoma , où la femelle est épaisse et ronde , et le mâle effilé.

3° C'est surtout l'abdomen des animaux femelles qui se développe davantage.

a. Il est plus large , comme dans les genres Tarpa , Tenthredo , Lijda , etc., chez les Insectes.

b. Ou bien il est plus épais , comme chez les Sirex et les

(1) Rudolphi, Beitrcege sur Anthropologie , p. 484.

(2) Tiedemann, Zoologie , t. II, p. 693.

(3) Meinecke , Ueber die Zahlcnverliœltnisse in den Fructificationsor ganen der Pflanzen , p. 40. — Mauz , dans Sprengel, Neue Entdeckungen, t. III , p. 343.

Xiphyria, où les femelles l'ont cylindrique et les mâles aplati.

c. Ou il est plus gros et plus long, par exemple, dans le Chlorion.

d. Chez plusieurs Insectes, tels quelesXarra, Bembex , Liris . Bethylus , Scolia, Hellus , Vespa , Polistes , Prosopis , Mellinus , Apis et Formica , l'abdomen a sept anneaux dans les mâles , et n'en a que six dans les femelles (1).

e. Dans certains Mammifères , tels que le Lièvre , la Loutre, il est seulement plus long et plus effilé chez les femelles , tandis que les mâles l'ont plus court et plus resserré.

4° Le mâle est plus gros et a un corps plus volumineux chez plusieurs Insectes; chez les Oiseaux, non-seulement dans les espèces polygames , telles que le Coq domestique, la Gelinotte , l'Outarde, le Coq de Bruyère, où la femelle pèse huit livres et le mâle douze à quatorze ; le petit Tétras, où la femelle pèse deux livres trois quarts et le mâle quatre livres ; le Faisan, où le mâle pèse près de deux livres et la femelle deux et demie à trois livres, le Mergus Merganser,où le mâle est d'un tiers environ plus gros ; mais aussi dans quelques espèces monogames , comme les Pigeons, les Cigognes, les Grues et certains Passereaux ; chez les Mammifères , où les mâles ont surtout la tête et les membres beaucoup plus gros , notamment parmi les Carnassiers , dans les Lions , les Loups , les Renards , les Blaireaux , les Martes, les Lynx, etc. ; parmi les Ruminans, dans les Chevreuils et les Cerfs , la Biche pesant à peu près deux cents et le mâle trois cents livres ; dans les Phoques , par exemple , le Phoca proboscidea , dont le mâle est une fois aussi gros que la femelle, etc. De même , la femme est plus petite que l'homme ; la virago est ordinairement de grande taille , et l'homme efféminé de petite stature. En général, les grandes femmes sont moins fécondes que les autres.

§ 185. Chez la femme, la cohésion se rapproche en général davantage de l'indifférence et du liquide, de sorte que le corps entier est plus mou ; chez l'homme , les antagonismes déforme solide et de forme vaporeuse sont plus développés , ce qui

(1) Klug , dans Mwjazin fzier die neuesten Entdeckttngén , t. I . p. GS,

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fait que le corps est plus ferme, plus élastique, plus rebondissant. On remarque déjà, dans les plantes dioïques, que les individus maies sont plus secs. La solidification prend aisément le dessus dans le corps masculin : de là vient que les indurations , les ankyloses , les ossifications de cartilages et d'artères, les concrétions pierreuses, les tophus arthritiques et la lèpre , sont des affections plus communes chez l'homme que chez la femme. Chez celle-ci , au contraire , la fluidification est très-encline à dépasser ses limites normales , ce qui rend les personnes du sexe plus exposées aux ramollissemens des os , aux flux muqueux et à la leucophlegmatie. L'eunuque est exempt de la goutte et moins sujet à la lèpre ; ses os conservent leur mollesse pendant plus long-temps (1) ; il est fréquemment atteint d'hydropisie et de chlorose , rarerement de rhumatismes et d'inflammations.

§ 186. On a souvent essayé d'exprimer le caractère sexuel par une formule chimique. Comme, d'un côté, on attribuait à l'oxygène en général le rôle de principe actif, et que, d'un autre Côté , on avait toujours sous les yeux la respiration plus faible aes femmes , on donnait pour caractère au sexe masculin d'être riche en oxygène, et au sexe féminin d'abonder en principes combustibles (2)J; c'est-à-dire , qu'on regardait le premier comme de l'hydrogène oxygéné, avec un excès d'oxygène libre, et le second comme de l'hydrogène oxygéné avec un excès d'hydrogène (3) , ou , pour employer une formule plus courte, l'un comme acideet l'autre comme alcali (Mitchill). Mais d'abord on allait beaucoup trop loin quand on s'imaginait trouver dans celte différence chimique la cause de toute la sexualité. Les partisans de la physiologie chimique ne connaissaient d'autres dieux que l'oxygène et l'hydrogène ; cependant ce ne sont là en réalité que des DU minorum gen— tium; il s'en faut de beaucoup que la sphère chimique soit la première de toutes , celle de laquelle tout dépend , et bien loin de là , elle n'est elle-même qu'une expression du rapport mutuel des forces. Il faut donc, quand on veut caractériser

(4) Mojon, loc. cit., p. 42.

(2) Wagner, Von der Natur der Dirige , % 323 et 329.

(3) Ackeimanji, Infqntis androgyni Mstofia > p. 58.

un être , avoir égard à sa composition chimique , mais celle-ci doit être envisagée elle-même sous] un point de vue plus élevé. Alors on reconnaît que tout ce qui a été dit sur le rapport ou la proportion des élémens , est entièrement dénué de fondement.

1° La respiration, l'inhalation de l'air atmosphérique, est plus faible chez la femme. Une respiration vive et forte, chimiquement parlant , est égale à une combustion plus active, et dépend par conséquent d'une plus grande combustibilité. Mais une grande combustibilité tient elle-même à la prédominance des matériaux combustibles et au défaut d'oxygène. Donc le corps masculin doit être plus combustible que le corps féminin.

2° De même que le caractère sexuel en général , la nature chimique des sexes doit s'exprimer aussi de la manière la plus précise dans les substances qui servent à la génération. Mais la substance du testicule est la plus volatile de celles qu'on trouve dans le corps entier ( § 83 , 1° ) , et la substance génitale masculine est plus combustible, la féminine plus aqueuse et plus riche en oxygène ( § 91. 5° ).

3° Il arrive souvent , dans les plantes diclines , que la fleur femelle est sans odeur, et que la fleur mâle seule en répand une (1). De même, les Putois mâles exhalent une odeur beaucoup plus forte que les femelles. Le mâle seul du Moschus moschiferus donne du musc , et la femelle n'en fournit point. On ne retire ordinairement que deux gros de castoréum de la femelle du Castor, tandis que le mâle en donne quelquefois une livre. La glande temporale de l'Eléphant mâle sécrète beaucoup plus de matière odorante que celle de la femelle. La transpiration cutanée est plus abondante et plus chargée d'odeur , la sécrétion bilieuse plus copieuse , la fièvre bilieuse beaucoup plus commune , ainsi que la fièvre putride , chez l'homme que chez la femme. L'oxygène est le principe qui produit les combinaisons , et le combustible ce qui les détruit ; or comme la combinaison prédomine chez la femme et la décomposition chez l'homme (§ 191, 4°, § 179), la proportion des élémens se trouve en harmonie aussi avec ces caractères.

(J) Henschel, Van der Sexualitœt der Pflansen, p, 353.

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4° Mais , parmi les formes du combustible , nous distinguons encore le carbone , qui désigne particulièrement la composition végétale, et l'azote, qui prédomine dans le corps des animaux. Les parties les plus développées dans l'organisme masculin sont le muscle, riche en azote (§ 190 , 3° ) et l'os ( § 190, 40 ) ; dans celui de la femme , on trouve davantage de tissu cellulaire, qui abonde en carbone ( § 187, 5° ) , et une plus grande quantité aussi de graisse (§ 181). La composition se rapproche donc davantage du caractère animal dans le premier^, et du caractère végétal dans la seconde. Ainsi, même dans le pollen, on voit déjà paraître une composition animale ( § 82 ) , pendant que le produit de l'ovaire est purement végétal. Il est prouvé que le carbone ne détermine point l'inhalation de l'oxygène dans la respiration , puisqu'il est déjà oxygéné dans le sang veineux lui-même ; mais il peut fort bien , dans certaines combinaisons avec l'hydrogène , arriver jusqu'à la véritable combustion, et c'est ainsi qu'il paraît dépendre de sa prédominance que les combustions spontanées soient infiniment plus fréquentes chez les femmes que chez les hommes. Peut-être aussi est-ce à la même cause qu'il faut rapporter l'éclat supérieur à celui des mâles que jettent les femelles des Lampyres.

§ 187. La plasticité est plus forte dans le corps de la femme. 1° La nutrition et la conservation de soi-même s'opèrent sans avoir besoin d'une aussi grande quantité de substances et d'excitans venant du dehors (§ 179 ).

2° Le plus haut degré de la formation , la génération, prédomine chez la femme ( § 157 ).

3° Toutes les périodes de la vie, développement, accroissement , puberté et décaissement , se succèdent avec plus de rapidité. On observe même un accroissement plus rapide chez les eunuques.

4° Le tronc de la femme, le bas-ventre surtout, est plus long que celui de l'homme ( § 158 , 178 , 184 , 3° ). Quand les mâles des Mammifères ne se distinguent point par leur grosseur en général , ils le font au moins par le volume de leur tête , de leur poitrine et de leurs membres ; et chez les animaux inférieurs, la grosseur de la fenlelle ( § 184, 1° ) tient

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en partie, d'un côté à ce qu'il faut mettre le corps entier en balance avec la cavité abdominale , d'un autre côté à ce qu'on ne fait point assez d'attention aux membres.

5° Le tissu cellulaire , comme le premier et le plus général des tissus organiques , est plus abondant , plus lâche et plus répandu chez la femme.

§ 188. Le pollen doit être considéré comme une substance végétale disgrégée et manquant de liaison organique ; on peut , jusqu'à un certain point , dire que sa formation est une décomposition qui se rapproche de la putréfaction (1). De même aussi le sperme est une matière purement excrémentitielle ( § 90, 3° ) , et le testicule un organe excrétoire ( § 91, 3° ). Conformément à ces idées , la plasticité masculine se montre active principalement dans les rapports avec le monde extérieur ( dans la digestion , la respiration et la transpiration cutanée), comme prédominance de la décomposition et de l'excrétion , comme activité plus grande du renouvellement des matériaux , de la consommation et de la destruction de soimême , tandis que celle de la femme a pour effet de retenir davantage les matériaux, de les moins détacher, de les mieux enchaîner, et par conséquent d'avoir moins besoin des substances du dehors (§ 179). Aussi, les maladies putrides sont-elles beaucoup plus communes et plus violentes chez l'homme que chez la femme. Le Cerf perd son bois tous les ans ; le réduit-on , avant qu'il l'ait jeté , à la condition féminine , en le soumettant à la castration, il le conserve pendant toute sa vie ; le châtre-t-on avant que sa tête se développe, au lieu de bois , il lui pousse quelquefois des tubercules informes, qui ne tombent jamais. De même, le bois que les femelles poussent parfois lorsque la fonction génitale est entravée chez elles, ne se détache point, mais augmente continuellement de force et de dimensions (2). :Les^ mâles des Insectes changent plus souvent de peau que leurs femelles ; les Ephémères mâles , par exemple , muent trois fois , selon Swammerdam , tandis que les femelles n'éprouvent que deux

(1) Henschel , loc cit., p. 431-439.

(2) Neujalirsyesclierik fucr Jayd-und Forstliehhaber , 1799, p. 17.

mues. Les femmes perdent leurs cheveux plus tard , et, en général deviennent bien plus rarement chauves que les hommes; ce n'est qu'après les fièvres aiguës qu'elles semblent perdre plus fréquemment cette parure de la tête , qui ordinairement néanmoins repousse un peu plus tard. On remarque aussi que les cheveux des eunuques tombent plus tard et en moins grande quantité (1). Cette prédominance de la décomposition ou de la composition se manifeste également dans la durée plus oumoins longue de la vie. La vie desfemmes court plus de dangers à l'époque de la puberté , pendant la grossesse , la parturition , les couches , et à l'extinction de la faculté procréatrice , ce qui ne l'empêche pas de durer plus long-temps que celle des hommes. (§ 630, 4°-9°). Mauz a remarqué (2) , dans les plantes dioïques , que les femelles résistent bien plus aux blessures que les mâles.

b. Expression du caractère sexuel dans les fonctions animales.

§ 189. La femme a moins de réceptivité pour les impressions, qui l'affectent d'une manière plus légère. Sa sensibilité est plus active et prédomine davantage sur la force musculaire. Ainsi , elle a un sommeil plus léger et plus court ; elle souffre plus souvent de maladies nerveuses et de spasmes , qui dépendent d'une prédominance anormale des nerfs sur les muscles. L'homme a davantage de force physique ; chez lui , les maladies aiguës , notamment sthéniques , celles qui tiennent à un excès d'irritabilité, sont plus fréquentes et plus intenses. L'homme efféminé et l'eunuque ont peu de force musculaire. Déjà , dans la fleur des végétaux], l'étamine est le véritable prototype de la force motrice animale libre et dégagée de toutes entraves. On prétend aussi que l'électricité des Poissons engourdissans, qui tient immédiatement à la sensibilité, est plus considérable chez les femelles que chez les mâles (3). Et comme nul autre viscère n'est plus immédiatement embrassé par des muscles soumis à la volonté que le testicule ( § 88 , 3° , 8° ) , de même , dans la génération, l'homme agit

(1) Withof , De castratis commentaiioncs , p. 52.

(2) Sprengcl , Ncxie Entdeckungen , t. III, p. 350.

(3) Virey, Hist. des mœurs des animaux , t. I.

plus par sa force musculaire et la femme davantage par sa réceptivité : sous ce rapport , les deux sexes se comportent jusqu'à un certain point l'un à l'égard de l'autre comme le muscle et le nerf.

§ 190. La vie animale extérieure , ou le mouvement volontaire , a plus d'énergie dans le sexe masculin. Tandis que le Puceron mâle se montre vif et alerte , la femelle , semblable à une excroissance galliforme de la plante , reste immobile et pelotonnée en une] masse globuleuse sur la branche d'un arbuste , attire à elle le suc de cette plante, se laisse féconder, pond et meurt , laissant son cadavre collé à la même place. La femelle de certaines Lernées s'insinue , d'après Nordmann , dans la chair des Poissons, et y demeure immobile jusqu'à la mort , perdant peu à peu ses membres , qui disparaissent, pendant que le mâle continue à se mouvoir librement sur elle.

1° Chez certains Insectes , la femelle a des membres d'une forme particulière. Ainsi , tantôt les pattes en général sont plus courtes et plus fortes , comme dans les Fourmis, ou plus velues, comme dans les Andrènes et les Eriops; tantôt celles de devant diffèrent des autres pour la forme , comme dans YOryssus, sont plus garnies de poils comme dans la Pepsis, ou ont en même temps plus de volume , comme dans les Sphex ; tantôt enfin celles de derrière sont plus grosses, comme dans plusieurs Hyménoptères. Chez d'autres, ce sont les membres des mâles qui présentent une configuration spéciale ; tantôt les pattes antérieures sont parsemées de poils épais, comme dans les Nymphales , ou arquées , et garnies de soies , comme dans les Nomades, ou munies d'un tibia fortement renflé', comme dans le Gryllus clavimanus , ou enfin pourvues de trois premiers articles larges et spongieux à leur face inférieure , comme dans la plupart des Hydrophiles ; tantôt les pattes de derrière sont plus volumineuses , comme dans les Cimbex , ou munies d'un tibia et d'un tarse longs et larges, comme dans les Pepsis (1). Dans les Crustacés mâles, les pattes de devant, spé-

(1) Meckel, Traité gén. d'anat. comp., t. I, p. 305. — Klug, dans Magasin fuer die jieaesten Enfdeckungen , t. I, p. 68.

cialementles serres, acquièrent un plus grand développement, Chez quelques Oiseaux , le mâle a des tarses plus robustes.

2° Dans le Gryllus Laxmanni , la femelle n'a point d'ailes du tout, mais le mâle en a des rudimens. La femelle est sans ailes et la mâle ailé dans le Bombyx antiqua , les Mutilles , les Lampyres et quelques autreséColéoptères. La femelle de l'Abeille a des ailes fort courtes, et celle de la Phalœna dispar vole peu. Dans le mâle des Locusta , les deux ailes se touchent et ont l'air de s'articuler ensemble. Les ailes des Papillons mâles sont plus grandes et plus larges. Chez plusieurs Oiseaux, le mâle a des ailes plus développées que celles de la femelle ; par exemple , dans le Phasianus argus, les rémiges sont deux fois plus longues, et tandis que l'envergure de la femelle ne s'élève qu'à deux pieds, celle du mâle est de deux pieds dix pouces.

3° La queue est plus forte chez plusieurs Mammifères mâles, le Loup par exemple , ou plus mobile, comme chez le Lièvre, qui^se distingue parce qu'en fuyant il la redresse fréquemment.

Chez la femme , tout le système locomoteur est plus faiblement développé.

4° Les muscles des femmes ont une teinte plus claire et plus pâle ; ils sont plus mous , plus minces et plus faibles , ce qui tient en partie à ce que la faiblesse de la respiration ne permet point que la fibrine acquière un aussi haut degré de perfection. Chez les eunuques les muscles sont plus faibles et plus relâchés que chez l'homme (1). La différence chimique des muscles dans les deux sexes se manifeste aussi , chez les animaux, "par leur saveur ; quand la chair est très-molle , elle est plus savoureuse chez les mâles, par exemple dans la Tanche et plusieurs autres Poissons ; au contraire , la chair des femelles des Mammifères a plus de goût , parce qu'elle est plus délicate , plus fine , plus facile à déchirer, et celle des mâles acquiert les mêmes propriétés après la castration.

Les muscles de la femme ne font point saillie à la surface , comme ceux de l'homme, parce qu'ils sont d'une part plusïninces, d'un autre côté plus entourés de graisse et de tissu cellu-

(1) Mojon, loc. cit., p. 13/

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laire. Les muscles de la virago sont mieux dessinés. Toutes les manifestations d'irritabilité qui exigent de la force , tous les travaux mécaniques grossiers et continus, ont donc été assignés à l'homme par la nature , qui a voulu pour cela que ses muscles fussent plus robustes.

5° Les tissus tendineux sont moins serrés chez la femme , et renferment davantage de tissu cellulaire ; les cartilages sont plus mous , plus minces et plus flexibles ; les os plus minces , plus lisses, moins solides , moins garnis de saillies et d'enfoncemens , comme on le voit aussi dans les eunuques (1), tandis que la virago a des os plus forts. La diaphyse des os longs est plus faible et plus arrondie chez la femme , et le corps des os courts plus petit , tandis que les surfaces articulaires ont à peu près la même étendue que chez l'homme; de là il suit que la mobilité est plus grande. En général donc , la femme a moins de masse osseuse ; chez un homme et une femme d'un poids égal , et pesant chacun cent trente livres environ , le poids du squelette est , suivant Autenrieth, de dix centièmes dans le premier et de huit dans la seconde (2).

6° La colonne vertébrale de la femme est plus longue, parce que les corps des vertèbres ont plus de hauteur et les cartilages intervertébraux plus d'épaisseur. Les apophyses transverses se dirigent un peu plus en arrière , comme les côtes (§ 178), de sorte qu'il se forme un enfoncement plus considérable entre elles et les apophyses épineuses. Le canal vertébral est plus ample, et les trous intervertébraux pour le passage des nerfs sont plus grands. Gomme , par cela même , la moelle épinière est proportionnellement plus grosse , et qu'ainsi le centre de la sensibilité prédomine davantage sur la masse périphérique , les muscles sont plus dominés par la sensibilité : les mouvemens s'exécutent avec plus de facilité et d'aisance ; ils sont plus agréables , plus expressifs et moins fatigans ; la femme en est plus maîtresse , parce que la masse qu'elle doit mouvoir oppose moins de résistance.

7° Ses membres sont plus courts en proportion du tronc. Ils

(1) Mojon, loc. cit., p. 43.

(2) Reil , Arcldv, t. VII, p. 3.

se rapprochent davantage de la forme féminine dans les hermaphrodites femelles et de la forme masculine dans les hermaphrodites mâles.

§ 191. Les membres fournissent aussi quelques traits au caractère des sexes.

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