‹ Traitâe de physiologie considâerâee comme science d'observationChapitre 104 sur 120 · TROISIÈME SUBDIVISION · texte numérisé non relu

TROISIÈME SUBDIVISION

RÉSUMÉ DES CONSIDÉEATIONS SDR LA SEXUALITÉ.

§ 203. Le moment est arrivé de nous former une idée nette de l'essence de la sexualité, eu reportant nos regards sur les phénomènes que présentent les organes sexuels (§ 47-140) et sur les rapports de ces organes les uns avec les autres (§141-202).

La considération des organes génitaux qui appartiennent aux deux sexes nous a appris qu'ils sont identiques quant à l'essence , et qu'ils ne diffèrent que sous le rapport de la forme. Partout ies organes mâles et femelles ont pour base la même sphère d'idées (§§85, 117, 136) et le même type fondamental de conformation ; mais l'idée et la forme sont diversement modifiées et suivenlune direction différente danslesuns etdans les autres. L'organe femelle, dans la fleur des végétaux, est un organe mâle renversé ; le pistil est une terminaison libre et une fusion de filets d'étamines, l'ovaire une immersion et une fusion

(1) Home, Lectures on compara lice a natom y, t. III, p. 317.

IDEE FONDAMENTALE DE LA SEXUALITÉ. Ùb'J

d'anthères. L1iiomme et la femme tendent à procréer denouï veaux individus, mais ni l'un ni l'autre ne procrée seul, aucun d'eux ne le fait qu'avec le concours de l'autre, et en contribuant au buta sa manière. Il n'est pas moins clair que, sous tous les autres rapports , la différence des sexes n'est point absolue, mais seulement relative , que chaque sexe n'a point de forces et d'organes qui lui soient propres , mais que tous deux ont les mêmes forces et les mêmes organes , seulement modifiés d'une manière particulière et affectant des formes propres (1). Les productions cutanées semblent bien foire exception à cet égard (§ 183); mais, d'un côté, ce ne sont que des développemens plus amples d'un organe commun, par exemple des poils et des plumes , sur une région du corps de l'un des sexes ; d'un autre côté, les parties qui se développent complètement chez l'un des sexes existent à l'état rudimentaire chez l'autre, les éperons , par exemple, sous la forme de verrues; enfin si la conformité n'a pas lieu dans l'espèce , elle se montre au moins dans le genre, car, par exemple, si le mâle seul a la tête ornée de bois dans les Cervus elaphus , dama, alces et capreolus , la femelle du Cervus taraudas en porte aussi , et les cornes qui n'appartiennent qu'au mâle dans les Antilope cervicapra , gutturosa et dorcas , sont communes aux deux sexes dans les Antilope rupicapra , oryx et dama. NOUS pouvons donc poser en principe que l'espèce et le genre sont l'être essentiel , celui qui se ressemble à lui-même , celui qui repose sur la même idée, et que la différence sexuelle n'est au contraire qu'un mode particulier de manifestation de l'idée commune , une différence de forme chez le même être.

A. Idée fondamentale de la sexualité.

§ 204. Lorsqu'on rencontre des organes particuliers pour la monogénie (§ 40), ils ressemblent à l'ovaire des femelles, quant à la structure et à la fonction , et n'en diffèrent que parce qu'ils sont doués d'une force suffisante pour opérer complètement la formation, que l'ovaire des femelles a seulement le pouvoir de commencer et de mettre en train. Ainsi chaque

(1) Meckel, Traité général.d'anatomie comp. , t. I , p. 316 , 323 , 346.

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