BUT DE LA. SEXUALITÉ
que ; il écoutait leurs conseils , en guerre comme en paix ; il voyait même en elles quelque chose de supérieur, reconnaissait la surprenante force naturelle qui s'y révèle^, et leur attribuait le don de l'inspiration. Pendant que le principe masculin pur régnait durement , rigoureusement et sans la moindre nuance de sentiment , chez le Grec , il ne pénétrait dans l'âme du Germain qu'adouci par le principe féminin. Le christianisme compléta cette alliance, et amena une tendance à l'idéalité , qui s'exprime sous la forme de romanlisme , tant dans la poésie que dans toutes les passes elles-mêmes de la vie. Chez les peuples les plus différens , les Juifs et les Grecs , les Perses et les Hottentots, etc., la répudiation et l'outrage ont été le lot assigné par la loi à une femme stérile ; la religion chrétienne seule a pris cette femme sous son égide; en apprenant aux hommes à connaître la dignité de leur espèce , elle les fit renoncer à l'usage de ne considérer les femmes que comme des organes de procréation. La femme ne fut plus méprisée que là où le principe masculin se manifestait dans des directions extrêmes, comme domination de l'intuition sensorielle ou comme entraînement parles plaisirs des sens, comme présomption de l'intelligence ou comme arrogance de la raison. Ce mépris a entraîné chez tous les peuples des désordres effrénés et de honteux égaremens. Effacer ce qu'il y a de végétal dans l'homme ne pouvait qu'accroître sa brutalité , et non éveiller l'humanité. Lorsque l'âme fit valoir ses droits et tira l'idéalité de sa stupeur, la femme marcha de pair avec l'homme, et contribua beaucoup à rendre l'humanité plus morale et plus parfaite.
Au reste , la tyrannie des hommes nous rappelle ce qui a lieu chez les animaux polygames , de même que le trop grand empire des femmes sur des hommes sensuels et dégénérés retrace ce qu'on voit chez les animaux polyandres.
D. But de la sexualité.
§ 220. Toutes les recherches auxquelles nous nous sommes livrés jusqu'ici , nous persuadent qu'il y a une différence de qualité entre les deux sexes , qu'aucun des deux ne possède rien qui manque à„ l'autre , mais seulement que ce qui est