‹ Traitâe de physiologie considâerâee comme science d'observationChapitre 13 sur 120 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

De la Monogênie.

§ 20. La Mono génie, ou génération solitaire , asexuelle (generatio monogenea), est la propagation qu'accomplit un seul individu. Elle consiste en ce qu'une partie de cet individu se développe de manière à devenir un autre individu. Mais un être organisé produit deux sortes de parties ( § 778 ) , celles qui se rattachent à lui par des liens organiques, et celles qu'il sépare ou détache de son être. Les premières font corps avec lui ; les autres ne font pas partie de sa substance , et sont seulement en contact avec lui , que d'ailleurs elles affectent ou la forme liquide ou la forme solide. La production des premières s'appelle nutrition quand elle ne se manifeste que comme conservation de ce qui existe, et accroissement lorsqu'elle augmente la masse déjà existante ; celle des autres se nomme sécrétion ou déposition. La monogénie revêt donc aussi deux formes principales , qui la constituent génération accrémentitielle ( § 21-34 ), ou génération sécrémentitielle (§35-45).

ARTICLE I

De la génération accrémentitielle.

§21. La Génération accrémentitielle , ou par accroissement ( gêner atio accrementitia ), consiste en ce qu'une partie organique brise les liens qui l'unissaient à l'individu par lequel elle a été formée , et avec lequel elle ne faisait primordialement qu'un, pour se développer en un tout à part et semblable à l'organisme dont elle procède. Mais l'accroissement est une augmentation tantôt de la masse des parties, qui fait qu'elles deviennent plus longues ou plus grosses par suite d'une nutrition plus active , tantôt du nombre de ces mêmes parties , auxquelles s'en ajoutent d'autres , par exemple de nouvelles dents, de nouveaux poils, etc. Nous devons donc distinguer encore la génération accrémentitielle en celle qui dépend d'une augmentation de masse ( § 22-25 ) et en celle qui tient à une multiplication de parties (§26-34. ) f

48 PROPAGATION PAR ACCROISSEMENT DE MASSE. I. Génération accrémentitieîie par augmentation de masse •

§ 22. La propagation qui se rattache à l'augmentation de la masse s'offre à nous sous la forme de Fissiparité , ou génération fissipare ( generatio fissipara ), attendu qu'elle a pour résultat de faire qu'un individu composé de parties homogènes se divise ou se fende en deux. Elle tient de près à la nutrition, et n'est même à proprement parler que la nutrition ayant acquis trop d'énergie pour demeurer concentrée dans la sphère d'une seule individualité.

1° Elle peut avoir lieu naturellement , c'est-à-dire par un travail organique intérieur et indépendant des circonstances du dehors; ou accidentellement, par une séparation due à l'action d'une force extérieure. Les effets sont les mêmes dans l'un et l'autre cas.

La fissiparité naturelle s'observe chez les êtres organisés les plus inférieurs et les plus imparfaits. Tantôt elle est le seul mode possible de propagation , comme chez les Bacillaires et la plupart des autres Infusoires. Tantôt elle marche de concert avec d'autres modes plus relevés , notamment avec la gemmiparité, comme chez les Conferves et les Polypes. Dans les organismes placés un peu plus haut , par exemple les plantes phanérogames et quelques Vers, elle est purement accidentelle , le maintien de l'organisme étant mis à l'abri des coups du hasard par la faculté qui lui a été accordée de pouvoir revivre dans toutes ses parties.

2° Cette forme de génération consiste en ce que la partie devient égale au tout. Sa condition la plus essentielle doit donc être que la partie ait primordialement une texture semblable à celle du tout, qu'elle contienne les mêmes tissus que ceux qui appartiennent à l'organisme en général , que par conséquent elle ait en elle-même la prédisposition à jouir d'une existence indépendante.

3° La seconde condition , conséquence de la première , est que les parties ne soient liées en un tout organique que par de faibles moyens d'union. Car quand toutes les parties se ressemblent, chacune trouve en elle-même les conditions de sa propre existence, et par conséquent dépend moins des autres,

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