SPORES AGGLOMÉRÉES
que' des limites bien tranchées distinguent du reste de la masse du corps , et dont l'activité vitale est consacrée tout entière à la formation des corpuscules reproducteurs.
Cet organe revêt la forme d'une sporocyste (§ 41), ou d'un sporange (§ 42).
a. Sporocystes;
§ 41. La Sporocyste est une poche membraneuse , renfermant plusieurs spores , que l'organisme-souche rejette hors de lui , et qui , après avoir retenu ensemble et protégé les germes jusqu'à leur développement, se déchire et se détruit. En sa qualité de premier rudiment d'un organe de génération, elle est le type à la fois des œufs , de l'ovaire et de la matrice. Elle ressemble à l'œuf, sous ce point de vue qu'elle renferme en elle-même un antagonisme d'enveloppe et de germe ; mais elle n'est point un œuf, parce qu'elle contient les germes de plusieurs individus. À ce dernier égard elle se rapproche davantage d'un ovaire ou d'une matrice , mais en tant que cet ovaire ou cette matrice , au lieu d'être un organe permanent de l'organisme-souche , serait un produit passager de la génération , et sortirait du corps de la mère avec les germes. Elle ressemble à l'ovaire, parce que les germes se forment en elle , et à la matrice , parce qu'ils se développent dans son intérieur.
1° Les Vibrions , qui produisent des gemmes intérieures pendant l'été (§ 29 , 1°X, donnent en automne des spores qui sont serrées les unes contre les autres dans une membrane commune. Gœze s'est trompé , sans doute , quand il a cru voir, en outre , une enveloppe particulière pour chaque germe (1).
2° Wagler a" observé la ponte de la sporocyste chez une Hydre (2). Chez les Tubulaires , les germes qui paraissent au mois d'août sont renfermés dans des tubes , qui finissent par se crever.
3° Les Biphores naissent dans des sporocystes communes , mais se propagent elles-mêmes par des gemmes internes ,
(1) Der Naturforscher , t. I , p. 43.
(2) Smellie^ Philosophie der Naturgeschichte , t. I, p. 26.
^o SPORES AGGLOMEREES.
qui, après s'être développées, procréent à leur tour des~sporocystes , et ainsi de suite , en sorte que , dans les générations qui se succèdent , la propagation a lieu alternativement par des gemmes et par des sporocystes. C'est ainsi du moins qu'on peut interpréter le phénomène observé par Chamisso , quoiqu'il en donne une autre explication.
4° Baer a découvert , dans différentes parties de Bivalves (1), des filamens muqueux , qui sont des sporocystes provenant d'une génération spontanée , dans lesquelles se développent des Entozoaires d'une espèce particulière , les Bucéphales; il pousse à ces animaux deux bras , qui paraissent se détacher plus tard et devenir les sporocystes pour de jeunes Bucéphales.
5° Enfin , on doit encore ranger ici les sporocystes de certaines Algues , par exemple des Fucus, dans lesquels ces productions sortent par des pores, et fixent les spores au sol par le moyen d'un liquide visqueux qu'elles renferment.
b. Sporanges.
§ 42. Le Sporange est un organe de l'individu-souche dans lequel se forment ensemble plusieurs germes , qui en sortent ensuite. Comparé à la sporocyste, il constitue donc un organe permanent , puisque , bien qu'il se forme en partie de nouveau à chaque génération , il conserve des connexions organiques avec l'individu-souche , pendant quelque temps au moins après la séparation des germes.
I. Les sporanges sont ordinairement appelés ovaires chez les animaux. Mais ils ne méritent pas ce nom tant qu'on n'y peut apercevoir une enveloppe embryonnaire , un embryotrophe et un fruit , constituant autant de parties distinctes.
1° Dans les Méduses , les sporanges consistent , d'après Ehrenberg (2) , en des sacs simples et plissés ; ils sont situés dans des cavités particulières , qui s'ouvrent à l'extérieur ; on les rencontre au dessous des cavités digestives, situation qu'ils occupent aussi chez les autres Acalèphes Discophores ,
(1) Nov. Act. Nat. Cur., t. XIII, P. II , p. 570.
(2) Millier, ArcJiiv fuer Anato?nie, t. I, p. 569.