I. ÎO
l46 PARALLÈLE ENTRE l'oVAIRË ET LE TESTICULE.
dans l'organe mâle et plus de contraction dans l'organe femelle. Chez les Mammifères , la masse du testicule surpasse celle de l'ovaire , et chez l'homme elle est à cette dernière , en poids l °. 1 '. 2 (2 '. 4 gros ) ; en longueur '. lï *. 2,25 ( 8 ! 48 lignes ) ; en largeur II 1 • 4 ( 3 l 12 lignes ) ; en épaisseur X 114,50 (2°. 9 lignes).
B. Parallèle entre V ovaire et le testicule sous le rapport de la situation.
§ 88. L'organe générateur mâle et l'organe générateur femelle expriment, par ïeyr situation, la tendance prédominante de l'un à se concentrer en lui-même , et de l'autre à s'épanouir.
1° Dans la fleur, l'organe femelle occupe le centre, et l'organe mâle est à la périphérie. L'ovaire se trouve dans le milieu, et lesétamines, rejetées pour ainsi dire en dehors , s'étalent à la circonférence. L'ovaire repose immédiatement sur le pédoncule ; il est concentré en lui-même, se gonfle de dehors en dedans, et demeure absorbé dans la formation de la matrice d'une nouvelle plante, jusqu'à ce que l'action du pollen l'excite à élaborer des formations ultérieures. L'anthère , ordinairement vacillante au bout d'un filet grêle , et plus éloignée de la tige , avec laquelle elle est plus faiblement unie , représente l'autre extrême de la plante , qui tend à se détacher du tout. C'est ce qu'expriment les diverses comparaisons employées par les auteurs qui ont écrit sur la philosophie botanique. Linné considérait le pistil comme une production du corps médullaire , et les étamines comme un produit du corps ligneux. Suivant Dutrochet (1), l'ovaire doit être regardé comme un bourgeon et l'anthère comme une feuille métamorphosée. Meinecke (2) fait provenir l'ovaire du développement de la face supérieure et absorbante des feuilles , l'étamine de celui de leur face inférieure et exhalante ; il dit que quand , dans les roses semi-doubles , un pétale se rapproche
(1) Bulletin de la Soc. philomatique, 1820 , p. 188v
(2) Ueber die Zahlenverhceltmisse in den FnicHficationsorganen der Pflanzen , p, 38.
PARALLELE ENTRE L'OVAIRE ET LE TESTICULE. 1 4? de la forme d'une étamine , la face interne est contractée et l'externe étendue , tandis que , quand ce même pétale se rapproche d'un pistil , c'est son côté interne qui devient proéminent et l'externe qui se contracte; il ajoute que, dans les fleurs monstrueuses de capucine, les pétales qui ressemblent aux étamines ont leur face inférieure , et ceux qui ressemblent au pistil leur face supérieure tournée en dehors. Henschel (1) voit dans le pistil la répétition de la tige, dans le filet de l'étamine un pétale contracté , dans l'ovaire un onchidion, dans l'anthère , avec la corolle et le calice , un phyllome. L.-C. Treviranus (2) soutient que l'avaire est la substance centrale isolée , et l'anthère la substance périphérique isolée.
2° L'ovaire des animaux , envisagé d'une manière générale, demeure toujours un organe intérieur renfermé dans ia cavité abdominale ; c'est seulement dans un petit nombre de cas isolés , et lorsqu'il ne dépasse pas son premier degré de développement , qu'on le voit apparaître au dehors. Dans les Cypris strigata (3) et pubera (4) , les ovaires sont deux longs utricules situés à nu , sous l'écaillé, vers l'extrémité postérieure du dos , et s'ouvrant dans la cavité abdominale : comme les plus petits œufs sont ceux qu'on rencontre dans la partie libre et en cul-de-sac de ces utricules , et qu'ils vont toujours en grossissant à mesure qu'ils se rapprochent de l'insertion au ventre, les utricules ne peuvent point les recevoir delà cavité abdominale, et ils doivent, au contraire, s'y pro duire , puis passer de là dans cette dernière.
( Je doute beaucoup que les œufs soient conduits dans la cavité abdominale , chez les Cypris. Mais ce cas a lieu trèsprobablement chez les Néréides ; les ovaires , dont on compte presque autant de paires qu'il y a d'anneaux au corps , ver sent en très-grand nombre les œufs dans la cavité abdominale, où ils séjournent pendant un long espace de temps , et d'où ils sortent ensuite par de très-petites ouvertures , dont une
(1) Von der Sexualitœt der Pflanzen , p. 526 , 531.
(2) Vermischte Sclvriften , t. IV, p. 169.
(3) Ramdohr , Beitrœtje zur ISatur'jesclrichte einiyer deutschen Monocvlusarlen , p. 16.
(4) Treviranus, Vermischte Schriften , t. II , p. 57
l48 PARALLÈLE ENTRE l'oVAIRE ET LE TESTICULE.
existe dans l'angle formé par les deux branches de chaque branchie , à peu près. Les œufs semblent être versés aussi dans la cavité abdominale chez le Lombric terrestre) (1).
Dans les Pleuronectes, les ovaires sont d'abord perpendiculaires, ayant le cul-de-sac tourné vers le haut et l'orifice vers le bas; mais, en s'accroissant, comme ils ne trouvent pas déplace dans la cavité abdominale , qui est étroite et remplie par les organes digestifs , ils s'engagent dans un espace compris entre les apophyses épineuses inférieures des vertèbres caudales , les supports de la longue nageoire anale et les muscles de la queue , de manière que leur cul-de-sac se trouve alors re garder en arrière et leur orifice en devant. Les testicules sont situés dans la cavité abdominale, à l'endroit qu'occupent aussi les ovaires chez tous les animaux inférieurs, et, parmi les Mammifères , chez les Monotrèmes , les Cétacés , les Amphibies , lesEdentés , les Paresseux et quelques Pachydermes (Daman et Éléphant). Chez les Mammifères supérieurs, ils manifestent une tendance à se porter au dehors , sortent de la cavité abdominale , et se procurent des enveloppes particulières, qui représentent une répétition de la cavité du tronc.
3° Chez certains Mammifères, les testicules sont situés hors de l'abdomen ; mais ils y rentrent périodiquement. Rudolphi (2) dit avoir observé déjà , dans l'Echinorhynque , qu'ils se retirent quelquefois dans le petit sac situé à l'extrémité de la queue, et qu'à l'époque de leur plus grand développement, ils en sortent pour opérer la fécondation. Mais iLest vraisemblable que celte disposition n'appartient qu'aux conduits déférens. L'alternative périodique de rentrée et de sortie a lieu d'une manière plus prononcée chez quelques Mammifères qui touchent aux Oiseaux (Chauve-souris et Ecureuil) , ou qui vivent sous terre (Taupe, Souris, Musaraigne, Rat, Hamster, Cochon-d'Inde ) , ou qui portent des épines ( Hérisson et Porc-épic). Ici , où un viscère de l'abdomen abandonne cette cavité , on voit apparaître de nouvelles dispositions organi-
( i ) Addition de Kathke.
(2) Entozoorum hist. nat., 1. 1 , p. 292.
ques. Les muscles du bas-ventre forment une fente , l'anneau inguinal , analogue à la fente des Raies et autres Poissons (§ 124) , par laquelle sortent les œufs (1). Le sac péritonéal se divise en deux moitiés, Y une pariétale, c'est-à-dire extérieure et entourante, qui s'applique aux muscles et au tissu cellulaire, l'autre indusiale, c'est-à-dire intérieure, renversée sur ellemême ou plissée, qui revêt les viscères. Or le testicule entraîne avec lui sa portion indusiale à travers l'anneau inguinal, où cette partie se trouve , comme dans la cavité abdominale , fixée à l'albuginée par sa face garnie de tissu cellulaire , et forme , par sa face lisse et sécrétoire , la. surface extérieure de l'organe. Mais, en sortant delà cavité abdominale, le testicule doit repousser devant lui la portion pariétale du péritoine qui est située derrière l'anneau inguinal , ou la renverser de dedans en dehors , de manière à produire une sorte d'appendice en cul-de-sac de la cavité abdominale , une espèce de sac herniaire , dont la face celluleuse externe s'attache aux parties environnantes , tandis que l'interne s'applique contre la portion indusiale du testicule. En passant dans la cavité abdominale, sur la face interne de la paroi musculeuse de 'celle-ci , et se renversant sur elle-même , pour s'engager dans l'anneau, cette portion pariétale entraîne aussi avec elle des faisceaux fibreux des muscles transverse et oblique interne , qui , rapprochés les uns des autres à leur sommet, s'écartent par le bas et forment le muscle crémaster. D'après la remarque de Jordan (2) , ce muscle , chez l'homme , descend à la face externe et antérieure du testicule et remonte à la face interne , où il s'attache à l'épine du pubis et à la gaine du muscle droit, de sorte qu'il a la forme d'une fronde, et qu'en se contractant il soulève le testicule embrassé par lui , laissant un vide à la partie inférieure du scrotum. C'est là le seul exemple connu d'un viscère qui reçoive une enveloppe spéciale de muscles soumis à l'empire de la volonté , et comme le mouvement en général est une manifestation de la vie intérieure , comme aussi les muscles soumis
(1) Carus, Traité élément, d'anat. compar., t. II, p. 399<J
(2) Millier, Archiv fuer 4natomie , 1. 1 , p. 417.
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à la volonté représentent partout la périphérie , nous expliquons cette particularité du testicule en disant qu'il a pour caractère principal de se rattacher à l'extérieur, à la périphérie. Peut-être que , pendant le rut , ses vaisseaux sanguins deviennent plus fîexueux , et le ramènent dans la cavité abdominale en se raccourcissant ; mais cet effet tient principalement à la tension plus forte qu'éprouvent alors les muscles abdominaux , et au raccourcissement du crémaster, qui en est la conséquence. Le testicule ne devient donc organe de génération , chez ces animaux , que quand il rentre dans la cavité abdominale , qui est à proprement parler son foyer , et que quand il se trouve placé ainsi dans les mêmes conditions que l'ovaire.
4° A l'échelon le plus élevé , quand une fois le testicule a quitté la cavité abdominale , il demeure pendant toute la vie hors de celte excavation , logé tantôt sous la peau, à la région inguinale (Chameau, Loutre), et au; périnée (Cochon, Civette ) , tantôt dans une bourse particulière que revêtent les tégumens communs (Ruminans, Carnassiers, Quadrumanes).
5° Chez l'homme seul , cette situation du testicule hors de la cavité abdominale est tellement permanente et si parfaitement accomplie, que la portion du péritoine qui appartient à la cavité ventrale se sépare de celle qui appartient au scrotum , l'ouverture placée derrière l'anneau venant à s'oblitérer. Mais, depuis l'anneau jusqu'au testicule , les portions indusiale et pariétale du péritoine se soudent ensemble, de même qu'avec le tissu cellulaire environnant ( qui se continue avec celui dont le péritoine est entouré dans la cavité abdominale), et forment ainsi une enveloppe au cordon spermatique , de sorte qu'on est obligé de recourir à la dissection pour les séparer l'une de l'autre , pour les réduire en tunique vaginale commune ( portion pariétale )'et tunique vaginale propre (portion indusiale) du cordon. Mais l'antagonisme des deux moitiés du péritoine persiste sur le testicule, à la face postérieure duquel elles se confondent l'une avec l'autre, par reflexion , et forment un pli à travers lequel passent des nerfs et des vaisseaux. G" est ainsi que le testicule acquiert sa membrane séreuse propre, la tunique vaginale, qui le reçoit comme
PARALLÈLE ENTRE L'oVAIRE ET LE TESTICULE. l5l
ferait un sac renversé sur lui-même, et qui l'entoure d'une vapeur séreuse. Par là cet organe s'élève au dessus des viscères abdominaux , qui ne sont revêtus que d'une membrane séreuse commune , et il devient semblable à un organe supérieur , par exemple au cœur, autour duquel règne un sac séreux particulier.
6° Le crémaster, qui s'applique à la portion pariétale de la tunique vaginale , devient plus faible chez l'homme ; cependant il peut encore remonter et comprimer un peu le testicule, effets qui sont en partie déterminés immédiatement par l'exercice de la volonté (1) , et qui ont lieu pendant la génération, en commémoration pour ainsi dire du retour de l'organe dans la cavité abdominale ( 3° ).
7° Une membrane particulière , le dartos , s'applique sur le crémaster , dont un tissu cellulaire lâche la sépare , et elle enveloppe chaque testicule , de manière cependant que les faces des deux moitiés qui regardent la ligne médiane adhèrent l'une à l'autre et produisent ainsi une cloison commune. Le dartos est une modification spéciale du tissu cellulaire : il a une couleur rougeâtre , reçoit beaucoup de vaisseaux , ne contient pas de graisse , et se compose de fibres extensibles et contractiles qui , d'après Jordan (2) , sont entrelacées en un réseau serré, et adhérent aussi aux plis de la peau. Il rentre dans la classe des organes de transition , c'est-à-dire qu'il n'est point du tissu cellulaire ordinaire, mais ressemble jusqu'à un certain point au tissu musculaire. Aussi Wilson, par exemple, a-t-ilcru fréquemment y apercevoir des fibres musculaires bien distinctes (3). Mais, suivant Jordan (4), ses fibres demeurent insensibles à l'action du galvanisme , et elles ne se contractent que peu à peu sous l'influence du froid.
8° La peau extérieure forme le prolongement, ou l'espèce de bourse, qu'on nomme scrotum, et clans lequel la duplicité n'est indiquée que par un léger épaississement ( raphé ) le
(1) Haller , Elem. physiol., t. VII , p. 419,
(2) Jordan, loc. cit., p. 411.
(3) Lectures ow the structure and physiology of the maie urinary and génital or g ans , p. 78.
(4) Loc. cit., p. 417.
l52 PARALLÈLE ENTRE L'OVAIRE ET LE TESTICULE.
long de la ligne médiane. Cette peau est plus mince et de couleur plus foncée que le reste des tégumens communs. Elle forme , à la face antérieure du testicule , des plis transversaux , auxquels prennent attache les fibres du dartos , qui se croisent avec eux. Quand le dartos se contracte , par Faction du froid surtout , ou le crémaster par suite de la turgescence oui accompagne la génération, ces plis, rendus plusprononnés, deviennent des rides ou des fronces.
9° Ce qui prouve que la sortie des testicules hors de l'abdomen est un phénomène caractéristique de la force masculine, c'est que, chez les hommes dont ces organes sont restés engagés dans le ventre , la masculinité est généralement développée d'une manière incomplète et passe un peu à l'hermaphrodisme. Le cryptorchidisme accompagne fréquemment l'hermaphrodisme ; mais il n'a pas besoin d'y être joint pour annoncer une imperfection de la faculté procréatrice. Chez des hommes dont un seul testicule était resté dans la cavité abdominale , Hunter a'toujours trouvé cet organe plus petit et moins développé que celui qui était parvenu au dehors. Wilson a également observé un cryptorchide (1) qui, bien que trèssensuel, n'éprouvait aucun désir vénérien. L'homme est plus sujet aussi que la femme aux hernies , surtout inguinales , et la castration diminue cette prédisposition , de sorte que les hernies se voient moins fréquemment chez les sujets qui l'ont subie (2). Cependant il arrive quelquefois que ce n'est point un défaut de force expulsive, mais seulement un obstacle mécanique, notamment l'étroitesse de l'anneau, qui retient le testicule dans l'abdomen ; alors la virilité et la faculté procréatrice n'en reçoivent aucune atteinte (3), et l'on voit même parfois la descente de l'organe s'effectuer plus tard, par l'impulsion d'une cause mécanique, telle qu'un effort des muscles abdominaux , surtout en sautant.
Au contraire , la procidence de l'ovaire à travers l'anneau inguinal s'accompagne fréquemment du rétrécissement ou de
(1) Loc. cit, p. 408.
(2) Withof , De castratis commentationes , p. 52.
(3) Graaf , De virorum organis geherationi inservientihus , p. S.
l'oblitération du conduit excréteur et de la manifestation d'une habitude générale de corps qui rapproche la femme de l'homme (1), de sorte qu'une teinte d'hermaphrodisme, un mélange de caractère masculin et d'organisation masculine , semble être la cause essentielle de cette apparition de l'ovaire au dehors. Cependant elle peut aussi n'être qu'une simple hernie inguinale , provoquée par des causes mécaniques , et alors coïncider avec la manifestation, complète sous tous les autres rapports , du caractère propre à la femme.
G. Parallèle entre l'ovaire et le testicule sous le rapport du nombre.
§ 89. La duplicité, envisagée d'une manière générale, est la forme la plus ordinaire des deux organes générateurs ; mais elle caractérise particulièrement le testicule.
1° Le testicule est impair, chez les Arachnides , dans le Phalangium ; chez les Insectes , dans les Sphinx tithymali , Papilio brassicœ , Anthidium , Trombidium , etc ; chez les Crustacés, dans l'Écrevisse ; chez les Poissons, dans les Blennius viviparus , Perça fluviatilis, Ammodytes tobianus , Cobitis barbatula (2) ; chez les Oiseaux , dans les Colymbus cristatus etNumida meleager (3). Mais au moins est-il symétrique ; en effet , il fournit deux conduits déférens , il porte les traces d'une duplicité intérieure, qui seulement se prononce peu dans sa forme générale , et il peut être considéré comme représentant deux testicules soudés ensemble sur la ligne médiane du corps. On ne le trouve, impair et non symétrique que dans les Gastéropodes, où en général la symétrie des formes n'existe qu'à un degré fort^incomplet.
On rencontre un ovaire impair, placé sur la ligne médiane et symétrique, dans la Scolopendre , le Cobitis barbatula, le Blennius viviparus, les Petromyzon, les Écrevisses et les Sirènes, etc. ; mais on en observe aussi un non symétrique, et situé hors de la ligne médiane , au côté droit, dans Y Ammodytes tobianus et le Cobitis tcenia , au côté gauche , dans la
(1) Meckel, dans Reil , Archiv fuer die Physiologie , t. XI, p. 295.
(2) Rathke , Beitrœge sur Geschichte der Thierweltj t. I , p. 152.
(3) Tannenberg, De partibus genitalibus masculis avium , p. 12.
l54 PARALLÈLE ENTRE L'OVAIRE ET LE TESTICULE.
Perça fltwiatilis. ( J'ai trouvé, ce qui est assez remarquable , l'ovaire et le testicule doubles dans quelques espèces de Blennies de la mer Noire) (1). Dans les Saîmo eperlanus et eperlano-marinus , l'ovaire gauche est seul développé, celui du côté droit étant plus court, plus étroit et sans oviducte (2). La même chose a lieu chez les Oiseaux , où l'ovaire droit , primitivement plus petit que l'autre, disparaît pendant la croissance de l'individu , et ne persiste que chez plusieurs Rapaces, mais présente un volume fort inférieur à celui du côté gauche , et contient aussi moins de jaune. Cependant on remarque, chez les Oies et les Poules, que l'ovaire impair , situé à gauche , est partagé par une membrane , à l'époque de l'accouplement, en deux moiliés, l'une droite et l'autre gauche (3). La conformation de l'Ornitorhynque ressemble à celle des Oiseaux ; car il n'y a jamais que l'ovaire gauche qui contienne des vésicules (4).
Il arrive quelquefois , dans l'espèce humaine , que , par l'effet d'un état anormal , on ne rencontre qu'un seul testicule, qui presque toujours a un volume extraordinaire (5) , ou un seul ovaire (6).
2° La symétrie n'est pas toujours parfaite , lors même que les organes sont pairs ; mais nous ne connaissons pas bien la loi de cette différence. La moitié droite de l'ovaire impair des Poissons est ordinairement plus volumineuse que la gauche , et chez la plupart des hommes le testicule droit est un peu plus gros et situé un peu plus haut que l'àVtre , particularité qu'on voit même exprimée dans l'Apollon du Belvédère. Mais, chez les Oiseaux, le testicule gauche est toujours plus volumineux (7). Dans l'espèce humaine , le resserrement du pé-
(1) Addition de Rathke.
(2) Rathke , dans Meckel , Deutsches ArcMv fuer die Physiologie , t. VI , p. 594.
(3) Spangenberg , Disquisitio circa fartes génitales fœmineas avium , p. 64.
(4) Home , Lectures on comparative anatomy, t. III, p. 363.
(5) Haller, Elem. physiol., t. VII, p. 412.
(6) Voigtel , Hamdbuch der patJwloyischen Anatomie, t. III, p. 534.
(7) Tannenberg, loc. cit., p. 13. —Bulletin de la Soc. philomatique ; 1. 1, p, 57.
ritoine sur la tunique vaginale du cordon s'opère de meilleure heure à gauche qu'à droite , et cependant le testicule gauche ne paraît pas descendre plus tôt que le droit de la cavité abdominale (1) ; il semble que l'hydrocèle et le cirsocèle se voient plus fréquemment dans celui du côté gauche , et les maladies inflammatoires dans celui du côté droit (2). L'ovaire , chez les Poissons , est plus gros , tantôt à droite et tantôt à gauche. Il a été parlé déjà du développement plus complet de l'ovaire gauche chez tous les Oiseaux, dans quelques Poissons et dans l'Ornithorhynque. A ces divers phénomènes semblerait se rattacher la remarque faite parHeim etCzihak, qui disent la grossesse ovariennne beaucoup plus fréquente à gauche qu'à droite ; mais cette assertion ne s'accorde point avec les observations recueillies par Mehlis (3) , et desquelles il résulte que la formation de poils, de dents et d'os se voit plus souvent dans l'ovaire droit.
3° Les ovaires tubuliformes pairs s'unissent souvent ensemble , à leur origine , soit par un fdament , soit par un canal anastomotique, qui détruit jusqu'à un certain point la duplicité. Ainsi , dans les Carabiques , ils s'allongent en filamens, qui s'étendent fort loin en devant , et s'y unissent. Dans l'Ascaride lombricoïde et XAranen atrox , les ovaires tiennent ensemble à leur origine , et dans le Scorpion ils s'unissent en outre pendant leur trajet, au moyen de deux tubes transversaux, qui s'abouchent , sur la ligne médiane , dans un conduit longitudinal ; ce conduit médian ressemble bien, d'une manière complète , aux deux ovaires latéraux , mais on ne peut cependant le considérer que comme organe d'anastomose, puisqu'il ne dégénère point en un oviducte.
4° La règle générale qui veut que les organes pairs soient situés latéralement , paraît ne souffrir d'exception que dans les ovaires de YEchinorhynchus gigas, chez lequel on en trouve un à la surface ventrale et un autre plus court à la surface dorsale.
(1) Mehlis , Comment, de morlis hominis dextri et sinistri, p. 79. J
(2) Ibid., p. 81. . '
(3) Ibid., p. 85. ,
l56 PARALLÈLE ENTRE L'OVAIRE ET LE TESTICULE.
D. Parallèle entre l'ovaire et le testicule sous le rapport du produit.
§ 90. Si enfin nous comparons lesproduits des deux organes nous trouvons :
1° Que, dans l'un et l'autre, la formation du produit a pour condition un contact multiplié du liquide avec une paroi solide , qu'elle commence aux extrémités en cul-de-sac des conduits , et qu'elle se perfectionne par le séjour prolongé de la substance, soit dans des vésicules, soit dans des canaux étroits et longs.
2° Au plus bas degré de la formation organique , les deux produits ont beaucoup d'affinité l'un avec l'autre , de telle sorte que , chez les dernières plantes , on ne peut distinguer les spores ou œufs du pollen , si ce n'est par la faculté dont ils jouissent de produire de nouvelles plantes quand on les met en terre. Le sperme des animaux inférieurs a également une ressemblance frappante avec des œufs. Ce n'est que dans les organisations supérieures qu'on voit la différence se développer manifestement.
3° Ici l'ovaire a une texture vésiculeuse ; il produit en luimême , et tout-à-fait séparé du monde extérieur. Le testicule, au contraire , est tubuleux , et ses canaux producteurs se continuent sans interruption avec les conduits excréteurs qui aboutissent au dehors. C'est donc un organe d'excrétion ( § 86, 3° ). Il suit de là que le produit de l'ovaire ressemble aux sucs inhérens à l'organisme , à la substance plastique générale dont les différens organes sont formés ; c'est une eau organique , c'est-à-dire un suc végétal général , un sérum animal chargé dégraisse ( § 64 ). Mais , de même que le testicule s'annonce , dans sa structure , pour un organe d'excrétion , de même aussi son produit porte les caractères d'une matière excrémentitielle ; il est trop hétérogène pour pouvoir rester toujours dans l'intérieur de l'organisme et servir à son entretien.
4° Le pollen ( § 82) et le sperme ( § 83, 3°, 4°) sont des substances dans lesquelles prédominent les principes combustibles. L'eau organique ( suc végétal général et sérum animal) est pro-
PARALLÈLE ENTRE L'OVAIRE Et LE TESTICULE. l5^
portionnellement plus chargée d'oxygène , mais sans pour cela perdre sa neutralité , et c'est un caractère que nous devons assigner au produit de l'ovaire , comparé avec celui du testicule; car le jaune semble être partout de nature purement séreuse au moment de sa première formation , et n'admettre que peu à peu une quantité plus ou moins considérable de graisse ; la vésicule proligère paraît remplie d'une simple sérosité; la couche proligère se compose de grains albumineux , qu'on distingue fort bien des gouttelettes d'huile ; le liquide des vésicules ovariennes des Mammifères , comme milieu dans lequel nage l'œuf, et qui lui fournit continuellement de la matière plastique , appartient également aux sucs séreux , tels que ceux surtout qui sont sécrétés par les membranes séreuses en forme de sac ou de vésicules.
5° L'eau organique se montre partout la première substance organique , celle de laquelle se développe l'organisation tout entière ; les principes combustibles n'apparaissant que plus tard. De même , l'ovaire est l'organe producteur de ce qui existe d'abord, et le testicule de ce qui arrive ensuite à l'existence.
6° La substance organique se combine, dans l'eau de l'ovaire , pour produire des formes nouvelles. Elle se réduit en poussière dans le pollen , se volatilise et se réduit en Infusoires dans le sperme animal ; dissolution et décomposition sont le caractère du produit des testicules.
7° L'embryotrophe primaire est transparent et livre passage à la lumière ; le sperme réfracte la lumière, et il a une couleur blanche.
8° Nous reconnaissons dans le produit de l'ovaire un commencement de réalisation, une quantité déterminée d'embryotrophe , de laquelle peuvent se développer un nombre déterminé de fruits. Le sperme, au contraire, indique une possibilité vague et indéterminée ; ce liquide est produit en beaucoup plus grande quantité que ne l'exige la génération ; il se forme infiniment plus de pollen qu'il n'en faudrait pour féconder tous les œufs végétaux existans , et tandis que la Grenouille femelle pond plusieurs centaines d'œufs , le mâle a assez de semence pour en féconder plusieurs millions.
l58 PARALËLLE ENTRE t'ôVAIRE ET EE TESTICULE. E. Résumé du parallèle entre l'ovaire et le testicule.
§ 91. Si maintenant nous ramenons les divers parallèles qui précèdent à des propositions générales , nous reconnaissons que l'ovaire est la chose primordiale , celle qui embrasse tout, celle dans laquelle régnent l'indifférence , l'unité et la concentration, tandis que le testicule est la chose qui s'ajoute plus tard, et dans laquelle prédominent la différence, la pluralité et l'expansion. En effet :
1° L'ovaire se rencontre déjà dans la monogénie , et on doit le considérer comme l'organe générateur primordial. La forme organique primordiale générale est celle de sphère et de vésicule , d'où procède ensuite la forme fibreuse et tubuleuse. Or l'ovaire ne revêt la forme tubuleuse qu'à son plus bas degré, attendu qu'il est toujours un organe qui se développe tard chez l'individu ; aux échelons plus élevés de la vie , il revient à la forme primitive de vésicule , et la conserve. Ce caractère de primordialité et de fidélité à ses premiers débuts, à quelque hauteur de développement qu'il s'élève , fait que l'ovaire s'éloigne^ peu de sa forme fondamentale , et que, dans sa forme totale ou d'ensemble , il répète le type de sa texture ( § 87, 5° ) , de même qu'il ne produit immédiatement qu'une eau organique ( § 90, 5° ). Le testicule, au contraire , n'apparaît qu'à un échelon plus élevé de la série des êtres organisés , et par cela même il se montre , à peu d'exceptions près, sous la forme tubuleuse , depuis sa première apparition jusqu'à son développement le plus parfait. Venant plus tard, il peut aussi être considéré comme le produit ; et réellement il ressemble moins , sous certains rapports , à l'ovaire qu'à l'œuf; sa forme la plus complète estovalaire; ses membranes ressemblent à celles de l'œuf, la tunique vaginale à l'amnios, le dartos au chorion , le cordon spermatique au cordon ombilical; sa descente hors de la cavité abdominale a déjà été comparée par Carus(l) à la ponte d'un œuf. De même aussi, les grains ( § 78, 1° ) qui constituent la substance du testicule chez les Poissons , sont analogues aux œufs (2).
(1) Traité élém. d'anat. comp., t. II, p. 425.
(2) Rathke , Beitrçeye sur Geschichte der Thierwelt , t. II, p. 43-46.
2° Ce qui est primordial doit porter en soi la pleine force de l'existence, contenir toutes les substances et forces diverses en équilibre les unes avec les autres, être en conséquence à l'état d'indifférence ou de neutralité , tandis que ce qui se développe plus tard doit, par cela même , offrir le caractère de la diversité , et représenter une direction spéciale et isolée. L'ovaire engendre de lui-même et par sa propre force , dans la monogénie ; il est organe de génération , d'une manière absolue , et l'individu qui le porte est un être organique apte à maintenir son espèce par propagation ; aussi son produit immédiat est-il de l'eau organique , telle qu'il s'en trouve par tout le corps, et de laquelle naissent tous les tissus organiques. C'est à l'apparition seulement du testicule que la différence sexuelle entre dans la sphère de la vie , et le testicule est à proprement parler l'expression de cette différence, attendu qu'il n'engendre jamais d'une manière absolue et par lui-même, mais seulement dans une seule direction déterminée, et sous la condition d'un certain antagonisme , d'un certain contraste. Mais son produit, le pollen et le sperme, est absolument particulier et différent de tous les autres produits animaux, de sorte qu'il ne peut non plus devenir rien autre chose (§ 90, 4°).
3° Ce qui est indifférent , ce qui existe par sa! force propre, doit avoir une vie intérieure , tandis que ce qui est différent, ce qui résulte d'un développement, se rattache toujours à quelque manifestation extérieure. Voilà pourquoi l'ovaire a pour caractère la concentration, et le testicule l'expansion. Cette différence se révèle dans l'antagonisme entre des vésicules closes et des canaux ouverts ( § 86, 2° ), une production interne et un mouvement évacuatif (§ 86, 3°), une formation sécrémentitiejle et une sécrétion excrémentitielle (§90, 3°), une situation centraleet une situation périphérique (§88, 1° ) , une position externe et une position interne ( §88, 2°), une contraction plus énergique et une expansion plus forte ( § 87, 4° ), une métamorphose plus riche de la structure intime ( § 86, 1° )oude la forme extérieure ( § 87, 3° ) , un développement plus considérable dans l'intérieur ou dans les alentours (§ 86, 4°, 88, 3°, 7°, 8°), l'isolement ou la connexion avec la périphérie (§88,2°, 6°, 8°),
l6o PARALLÈLE ENTRE L'OVAIRE ET LE TESTICULE.
l'accord avec l'ingestion et la sensibilité ou avec l'éjection et l'irritabilité (§87, 1°).
4° La vie intérieure repose sur l'association et l'unité, la vie extérieure sur le déploiement '^en une pluralité. Cet antagonisme d'unité et de pluralité s'exprime, dans l'ovaire et le testicule , par le plus ou moins de prédominance de la duplicité ( § 89, 1° ) , par l'union ou la séparation des organes pairs (§89,3°), par le nombre simple ou multiple de ces mêmes organes ( § 87, 3° ), par la continuité ou le défaut de continuité des degrés de développement (§ 87 , l°),par la fixité ou la promptitude des substances à se décomposer (§ 90, 6» ), par par l'état incolore ou coloré ( § 90, 7° ), par celte circonstance enfin que la masse est réduite à une réalité déterminée , ou que la formation de substance est capable de suffire à une possibilité indéterminée (§ 90, 8°).
3° Si nous comparons les deux substances élémentaires les plus générales du monde matériel , ou celles dans lesquelles l'antagonisme chimique et la différence qui fait la base de toute matière s'expriment de la manière la plus saillante , si nous réfléchissons que comme chaque loi de la nature est modifiée d'une manière spéciale dans chaque circonstance particulière , de même l'acidification et la désacidification produisent des propriétés différentes à raison des proportions et combinaisons diverses dans chaque substance, nous trouvons qu'en général l'oxygène procure plus de contraction , de resserrement, de densité, de fixité, et l'hydrogène, au contraire, davantage d'expansion, de dilatation, de volatilité et d'aptitude à se décomposer. Voilà pourquoi l'ovaire , dans lequel prédominent l'unité et la contraction, doit donner un produit plus chargé d'oxygène, et le testicule ,- dans lequel prédominent la pluralité et la disjonction, en fournir un plus riche d'hydrogène ( § 90, 4°). Si maintenant nous venons à comparer ensemble deux corps qui exercent l'un sur l'autre une action galvanique déterminée, nous remarquons que celui dans lequel se développe la polarité appelée positive , s'oxide toujours plus facilement et avec plus d'énergie que l'autre, qu'il a par conséquent plus d'affinité pour l'oxygène, qu'il est en antagonisme plus prononcé avec ce dernier, en un mot qu'il
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est proportionnellement plus combustible , et que , par cela même , il enlève de l'oxygène à l'eau. Le corps , au contraire, qui représente le pôle appelé négatif, a , proportion gardée , moins d'affinité pour l'oxygène , dégage plus tôt l'hydrogène de l'eau, contracte aussi en partie une combinaison avec lui, de sorte que comme , d'après les lois de la polarité , les contraires seuls se recherchent et s'attirent mutuellement, il contient plus d'oxygène proportionnellement au corps animé de l'électricité positive , absolument tout comme l'oxygène lui-même ne se comporte jamais que négativement , sous le point de vue électrique, et forme, par conséquent, le plus grand des contrastes avec tous les autres corps. Enfin lorsque l'électricité exerce de l'influence tsur la conformation , la forme concentrée ou sphérique est déterminée par la polarité négative , et la forme divergente ou rayonnante par la polarité positive. Si donc nous voulons mettre le rapport mutuel des deux organes générateurs en parallèle avec les phénomènes généraux de l'univers , nous devons attribuer la polarité négative à l'ovaire , qui a une forme sphérique , qui est concentré sur lui-même , et dans lequel l'oxygène prédomine , et la polarité positive au testicule , qui est tubuleux et rayonné , dans lequel l'expansion prédomine , et qui est riche en principes combustibles.
Nous ferons remarquer au reste :
1° Que cette différence est purement relative ; que , comme le cuivre est négatif par rapport au zinc et positif eu égard à l'or, ou l'alcali combustible relativement à l'acide , et oxide par rapport au fer et au charbon, sous l'influence de la chaleur rouge , de même l'ovaire et son produit se comportent négativement, ou comme chargés d'oxygène, non point en eux-mêmes, ou eu égard à tous les organes et à tous les produits organiques sans exception, mais seulement par rapport au testicule et au sperme.
2° Que la polarité positive etlapolarité négative n'expriment ni une affirmation absolue ni une négation réelle , mais sim plement un rapport d'antagonisme entre deux êtres qui s'ac cordent l'un avec l'autre sous le point de vue de leurs caractères généraux. La malencontreuse application des mathématiques à la science de la nature a introduit ce langage , derrière l. il