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I. Sphère médiane des organes sexuels femelles

§93. Les organes femelles de la sphère médiane se rencontrent déjà aux degrés inférieurs de la formation animale , notamment chez les animaux qui se propagent par des spores. C'est pourquoi, en étudiant les oviductes , nous aurons aussi à considérer les conduits qui livrent passage aux spores. Cependant nous embrassons ces conduits sous le nom collectif d'oviductes , parce que, chez beaucoup d'animaux inférieurs, on ne peut point déterminer en. toute assurance si le produit de l'organe p-énital femelle est un œuf ou une spore. Certains sporanges et même quelques uns des ovaires réduits à leur forme la plus simple, n'ont point encore d'organes particuliers pour le transport de leurs produits, ou en d'autres termes sont dépourvus d'oviductes.

1° Ainsi ces organes n'existent pas chez les Méduses. On

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n'a point encore aperçu de conduits excréteurs aux sporanges des Astéries. Dans les Bivalves et les Oniscides , où l'on avait cru d'abord qu'il n'y en a point (1), on en a découvert depuis.

2° Ils manquent chez quelques Annéiides, notamment les Aphrodites et les Néréides.

3° L'ovaire en forme de plaque des Poissons (§ 60) laisse tomber les œufs dans la cavité abdominale , après quoi, tantôt ils parviennent dans le cloaque ou dans l'uretère ( § 124, 3° ) , tantôt ils sont expulsés , à travers une ouverture de la cavité ventrale, qui existe ou chez les femelles seulement , ou dans les deux sexes, et qui sert peut-être à l'introduction de l'eau. L'analogue d'un oviducte se trouve, dans le premier cas, chez la Lamproie , où l'on découvre un tube particulier et conoide qui aboutit au cloaque (2) -, dans le second cas , chez les Saumons, où l'extrémité postérieure de l'ovaire se convertit en un ligament étroit, le long duquel les œufs glissent vers l'ouverture abdominale (3).

4° Parmi les Reptiles, la Sirène est dépourvue d'oviductes.

5° D'après la description donnée par Cuvier, les spores des Cirripèdes se formeraient d'une manière éparse , sans sporanges , et seraient reçues ensuite dans un conduit dont les racines , partagées en branches nombreuses, se répandraient au milieu d'elles, puis donneraient naissance , par leur réunion, à un tronc qui se renflerait en manière d'utricule. Il y aurait donc là un oviducte sans ovaire (4).

(Cette disposition ne peut être admise. On doit présumer ou que Cuvier n'est point parvenu à séparer l'ovaire proprement dit du foie , ou que les ramifications qu'il a figurées sont l'ovaire lui-même. Cet ovaire correspondrait parfaitement au type des Mollusques ( forme glandulaire ) ; seulement les branches ne seraient point réunies ici par un tissu cellulaire particulier , et, au lieu d'être isolées des ramifications des conduits biliaires , elles se trouveraient liées avec elles) (5).

(1) Treviranus , Vermisclitc Schriften , t. I , p 60. — Zeitschrift fuer die Physiologie , 1. 1 , p. 36, 42.

(2) Rathke, Bemerkungen ueber den innern Bau der Prielie , p. 57.

(3) Rathke , Bcitrœye zur GescHchte der Thierwelt , t. II, p. 122.

(4) V. PI. III , première forme.

(5) Addition de Raër.

1Ô4 SPHÈRE MlblANE CES ORGANES SEXUELS FEMELLES.

§ 94. Chez tous les animaux inférieurs , l'oviducte est la continuation immédiate de l'ovaire , et se comporte comme le canal excréteur d'un organe sécrétoire.

1° Quand l'ovaire est simple et tubuleux ( § 55 , 1°, 3°) , l'oviducte ne peut point en être distingué avec précision , les deux organes se confondant l'un avec l'autre par des nuances insensibles. En effet, l'ovaire tubuleux ne produit la substance de l'œuf qu'à [son extrémité en cul-de-sac ; le reste de sa longueur ne sert qu'à la progression et au perfectionnement des œufs, et remplit par conséquent les fonctions d'oviducte. 2° Lorsque l'ovaire est composé de plusieurs tubes (§ 53,11), dont les orifices se confondent ensemble, le même étatde choses a bien lieu encore, quant au fond; mais l'oviducte est déjà plus facile à distinguer, parce qu'on en place l'origine à l'endroit où les différens canaux se réunissent pour n'en former qu'un seul.

3° Quand il y a des cavités principales d'où partent des sinuosités ou des plis (§ 54) , le Caractère de l'ovaire et celui de l'oviducte continuent bien encore à être confondus ensemble ; cependant l'oviducte se distingue déjà parce qu'il représente un canal simple et à parois lisses , sans plis ni sinus ; la bandelette lisse , dans l'ovaire plissé des Poissons (§ 57) , doit être considérée comme la route que suivent les œufs , comme un oviducte en forme de gouttière , renfermé dans l'ovaire lui-même.

4° Les canaux producteurs de l'ovaire glanduleux ([§ 54 , II) sont encore en continuité parfaite avec l'oviducte , et celui-ci ne se reconnaît que parce qu'il sort, sous la forme d'un conduit , de la masse constituée par les canaux enroulés sur euxmêmes et réunis par du tissu cellulaire ; il présente donc ici tout-à-fait le caractère de conduit excréteur d'une glande de forme supérieure.

5° Enfin le plus haut degré de cette série est celui où la cavité de l'ovaire , quoique séparée du lieu où l'organe élabore son produit , continue cependant d'être le commencement de l'oviducte (§ 57) , en sorte que nous pouvons la comparer au bassinet des reins , qui est à la fois l'aboutissant des calices et le commencement de l'uretère.

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