TERMINAISON SIMPLE DES OVIDUCTES
Les extrémités simples des oviductes , ou s'ouvrent immédiatement à la surface extérieure , ou s'unissent auparavant avec un organe consacré à la conservation de l'individu luimême (§124).
Dans le premier cas ,
1° Elles s'ouvrent au voisinage de l'orifice des organes digestifs ;
a. Tantôt près de l'ouverture alimentaire commune , par exemple chez les Rolifères , où elles aboutissent à son côté droit ; chez les Gorgonia, verrucosa , JCetiia et Renilla ameri-
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cana, parmi les Polypes , où elles se terminent tout autour de cette ouverture , entre les tentacules ; enfin , chez les Lucernaires , parmi les Acalèphes.
b. Tantôt au voisinage de la bouche, par un trou impair; par exemple , à droite , chez les Holothuries , parmi les animaux monogènes ; et parmi les hermaphrodites , ou séparément des conduits séminaux , dans quelques Entozoaires , tels que leDistoma hepaticum , chez lequel elles aboutissent entre la bouche et la ventouse, et dans plusieurs Gastéropodes > comme les Pleurobranches , qui ont leur orifice au cou, sur le côté droit , et le Planorhus corneus , qui Ta au côté gauche ; ou plus près de ces conduits, et en partie par un orifice commun , comme chez plusieurs Gastéropodes, la Boris argo ,. r Onchidium , etc.
c. Tantôt enfin au voisinage de l'anus , soit chez les animaux monogènes , par plusieurs orifices placés autour de l'anus, dans YEchinus, ou par un seul, dans les Botryllus et Pyrosoma , parmi les Acéphales , dans les Girripèdes , les Cyclobranches et les Scutibranches , parmi les Gastéropodes ; soit chez les animaux à sexes séparés , dans les Pectinibranches , parmi les Gastéropodes , et dans la plupart des Poissons. Chez ces derniers , l'orifice est ou impair , et placé sur la ligne médiane , immédiatement dernière l'anus et au devant de l'urètre , ordinairement dans une fossette , rarement au sommet d'une verrue , ou pair et situé à côté de l'anus.
2° Chez d'autres animaux , les orifices sont à la face inférieure ou ventrale , plus ou moins rapprochés soit de la bouche , soit de l'anus , et en partie aussi dans le voisinage des ouvertures respiratoires. Parmi les animaux hermaphrodites, il y a deux orifices au seizième anneau du corps, dans le Ver de terre, et un entre le vingt-neuvième et le trentième dans la Sangsue. Parmi les animaux digènes , l'ouverture est unique , au tiers antérieur du corps dans Y Ascaris , au tiers postérieur dans l' Oxyuris , plus près encore de la queue dans le Strongylus , et' plus voisine du milieu du corps dans le Cucullanus ; ou paire, et située à la base de la troisième paire de pattes , dans les Décapodes. ( Dans YIdotea entomon et le Bopyrus squillarum , elle est impaire et placée à la première ceinture branchiale ; c'est-là
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aussi , ou du moins immédiatement au devant, qu'on la trouve dans d'autres Isopodes et chez les Amphipodes) (1). Elle se voit également à la partie antérieure de l'abdomen chez les Arachnides , attendu que les deux oviductes se terminent dans une cavité commune; elle est située, chez les Scorpions, audevant du premier anneau ventral , entre la troisième et la quatrième paires de pattes; chez les Araignées, entre les deux entrées des branchies ; chez les Phalangium , immédiatement derrière les organes de la mastication ; chez les Jules , parmi les Myriapodes , au troisième anneau du corps. C'est aussi la position qu'elle occupe dans les Ophidiens. (Dans les Perothis, nouveau genre de Céphalopodes, l'oviducte impair s'ouvre au côté ventral, immédiatement au devant de l'extrémité du corps) (2).
2. TERMINAISON COMMtTRE ATIX OVIDUCT^ ET A D' AUTRES ORGANES.
§ 124. Il est d'autres animaux encore chez lesquels les oviductes , à leur extrémité , contractent des connexions avec d'autres systèmes.
1° On les voit s'unir avec les organes de la digestion. Chez la plupart des animaux monogènes, l'oviducte se termine dans la partie supérieure du canal alimentaire , ou dans l'estomac, 'comme chez les Lobularia, parmi les Polypes, chez les Actinies , et quelquefois , d'après Jasger , chez les Holothuries. Louis (3) a ouvert le corps d'une femme chez laquelle le vagin souvrait dans le rectum , en sorte que la menstruation , la fécondation etla parturition s'opéraient par cet intestin. Fournier parle (4) d'une autre femme qu'il accoucha, et chez laquelle le rectum s'ouvrait dans le vagin.
2° Une connexion entre les oviductes et les organes respiratoires a lieu , parmi les animaux monogènes , chez les Acéphales : les oviductes des Ascidies se rendent dans le sac branchial ; Bojanus et Baër ont démontré que ceux des Moules
(3) De partium externarum, generationi inservientiuttl in mulieïihus dispositione. Paris 1754 , in-4°.
(4) Dict. des se. raçdic, t. IV, p, 155.
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aboutissent entre le pied et la branchie interne. Cette connexion a lieu aussi chez quelques animaux à sexes distincts ; ainsi , chez le Buccinum et le Murex, les oviductes s'ouvrent en dedans du bord de la cavité pulmonaire , et, chez les Céphalopodes , ils aboutissent dans le sac respiratoire par deux orifices , dont chacun est placé au voisinage d'une branchie.
3° La connexion avec les voies urinaires est telle d'abord que les oviductes s'ouvrent dans ces voies. Chez la Testudo europœa , ils s'abouchent dans le col de la vessie urinaire par un bourrelet annulaire, et les œufs passent par l'urètre dans le cloaque , qui reçoit aussi le rectum et les vésicules anales. Dans l'Esturgeon, un entonnoir formé en grande partie par le péritoine se rend à chaque uretère , où son orifice est garni d'une valvule disposée de manière à permettre le passage de la cavité abdominale dans l'urètre , mais à s'opposer au mouvement en sens inverse. ( Cette observation a été faite par moi pour la première fois (1) ; depuis je l'ai trouvée confirmée dans d'autres espèces d'Esturgeons ; les entonnoirs qui s'ouvrent dans le large uretère , à peu près vers la partie moyenne de la cavité abdominale , se tuméfient considérablement, vers l'époque du frai, ainsi que les moitiés des uretères situées derrière eux, et reçoivent alors les œufs qui sont tombés des ovaires dans la cavité abdominale. Baër a bien fait remarquer que , chez l'Esturgeon mâle, les deux uretères présentent deux entonnoirs (2) -, mais ce n'est point là une objection , puisque les mâles des Mammifères ont aussi des mamelles. J'ai trouvé ce renflement , au temps du frai , dans un Acipenser hamensis de la Russie méridionale , et je me suis convaincu que, ni dans cette espèce , ni dans Y Acipenser ruthenus , la cavité abdominale ne présente d'ouvertures au voisinage de l'anus ) (3). L'oviducte reçoit l'urètre chez plusieurs Gastéropodes, si toutefois l'organe appelé par S wammerdam sac de la chaux et par Cuvier sac de la glu , est réellement le rein, et si la vésicule qui a des connexions avec lui est la vessie uri-
(1) Beitrœge Sur Geschîchte der TTiierwelt, t. II , p. 123.
(2) Burdach , Anatomische Unterauchumjeiift. II , p. 40.
(3) Addition de Rathke.
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naire (1) ; de cette dernière part effectivement un canal'qui se rend soit dans l'oviducte seul, comme chez le Planorbe (2) et le Lymnée (3) , soit dans le sac génital commun , comme dans la Limace (4) et le Limaçon.
4° Les oviductes s'abouchent enfin , conjointement avec l'extrémité des organes digestifs et urinaires, dans une cavité qu'on appelle cloaque. Ce cas a lieu chez la plupart des Insectes , par exemple chez tous les Coléoptères. L'orifice de l'ovicanal , tenu béant par des plaques cornées , se trouve au devant et au dessous de l'anus, dans le cloaque, dont l'ouverture est pourvue de plaques cornées analogues. On voit paraître le commencement d'un cloaque chez les Poissons cartilagineux ; la cloison qui , dans les Poissons osseux , s'étend entre l'anus et l'ouverture génitale , jusqu'à la surface du corps , mais sans ressembler au reste de la surface cutanée et sans avoir d'écaillés , ne va point aussi loin ici , de sorte qu'il reste, au dessous de la peau, un petit espace dans lequel le rectum et l'oviducte se réunissent ensemble. Chez les Uro • dèles, l'orifice de l'oviducte est entouré d'un bourrelet, de manière qu'il peut se clore quand des matières fécales arrivent dans le cloaque (5). Chez les Oiseaux, l'orifice est garni d'un sphincter au côté gauche du rectum. Suivant Geoffroy Saint-Hilaire (6), le cloaque est partagé , par les orifices des trois systèmes , en autant de poches, qui se succèdent de telle sorte que la poche anale s'ouvre dans l'urinaire , et celle-ci dans la génitale; mais il ne parvient ni urine ni matière fécale dans cette dernière , parce qu'au moment de l'évacuation l'anus sort en dehors , et la poche urinaire se renverse sur elle-même. Mais Barkow (7) a fait voir que, des trois espaces du cloaque , l'antérieur reçoit le rectum , le moyen les uretères et les oviductes ( ou les conduits déférens ) , et que le
(1) Zeitschrift fuer die Physiologie , 1. 1, p»10.
(2) lbid. , p. 15.
(3) lbid. , p. 25.
(4) lbid. , p. 10.
(5) Rathke , Beitrœge zur Geschichte der Thierwelt , 1. 1, p. 67. ,
(6) Bulletin delà Soc. philoraat., 1822, p. 71.
(7) Meckel, Arehiv fuer Anatomie , 1S30, p. 41.