VESTIBULE
§ 128. Le Vestibule est une de ces parties plus vivantes et extérieurement placées d'un système plastique qui, comme telles , font éminemment antagonisme avec la vie intérieure , et dans lesquelles on voit, par conséquent, s'établir un certain rapport avec les facultés morales. La membrane qui le tapisse est plus délicate, plus molle, plus riche en vais-
seaux, plus lisse et plus rouge que celle du vagin ; les lacunes muqueuses s'y convertissent en follicules sébacés , et le liquide sécrété par ces derniers acquiert l'odeur qui caractérise les sécrétions onctueuses. Des branches des nerfs rachidiens inférieurs se répandent, sans communiquer avec celles des nerfs ganglionnaires , dans le vestibule et le muscle qui l'entoure. Celui-ci, appelé sphincter de la vulve , est soumis à l'influence de la volonté. Kahleis (1) a remarqué , à la paroi inférieure du vestibule de la Vache , une couche musculaire , épaisse de quatre lignes , qui, pendant l'émission de l'urine, tire le col de la vessie en bas et l'orifice de l'urètre en dehors.
Autour de l'extrémité du vestibule se dessine un double demi-anneau , qui en forme le contour intérieur ( § 129 ) et le contour extérieur ( § 130 ).
a. Demi-anneau interne.
§ 129. Le demi-anneau intérieur est formé par le clitoris et les nymphes. Dans la Paludina vivipara , Treviranus a trouvé (2) , au côté inférieur de l'orifice de l'ovicanal , un cylindre charnu, terminé en pointe, qu'on peut comparer au clitoris. Cet organe conique et sensible , qui est en quelque sorte l'organe du toucher du système génital , apparaît d'une manière plus prononcée , parmi les Poissons, chez les Raies et les Squales , qui s'accouplent , parmi les Reptiles, chez les Tortues. Dans la classe des Oiseaux, les femelles des espèces dont les mâles possèdent un membre génital bien développé , ont un clitoris ; c'est ainsi que la Cane ^présente, à la face interne delà lèvre inférieure de la vulve, une très-petite saillie blanche, en forme de verrue , qui est embrassée par un repli de la peau, qui renferme un cartilage , et qui est redressée par un muscle (3). Le clitoris est plus développé dans l'Autruche et le Casoar. Parmi les Monotrèmes, il existe chez l'Ornithorhynque, et manque dans l'Échidné. Tous les Mammifères en sont pourvus. Moins un animal est élevé en organisation, plus son clitoris ressemble à la verge.
(1) Meckel , Deutsches Archiv fuer die Physiologie , t. ,VIII , p. 438.
(2) Zeitschrift fuer die Physiologie ,Fât. I, p. 30.
(3) Spangenberg , loc'cit,, p. 26.
1° Chez les Marsupiaux, lesTardigradesetl'Ornithorhynque, où la verge est fendue , le clitoris l'est également.
2° Dans la Loutre, l'Ours, le Raton, le Lion, le Chat et la plupart des Rongeurs , il renferme un os , comme la verge.
3° De même que cette dernière , il est situé dans le cloaque chez les Tortues et les Oiseaux; et comme le cloaque se ferme chez le Casoar et l'Autruche, le clitoris de ces anirfiaux doit, comme leur verge, faire saillie au dehors pendant l'expulsion de l'urine et des matières fécales. Chez l'Ours et le Loup', il est encore renfermé dans un cul-de-sac particulier (1). Mais, chez le Papion, le Rat, le Muscardin et le Hamster, on le trouve plus en devant et séparé de la vulve. Celui de la femme est caché en grande partie sous l'arcade pubienne , au dessus du vestibule , et couvert latéralement par les grandes lèvres.
4° Son volume proportionnel est plus considérable, et par cela même il a plus d'analogie avec la verge , dans le Squale (2) T les Cétacés (3) , la plupart des Marsupiaux , les Edentés , les Rongeurs , les Carnassiers et les Quadrumanes , où , par exemple chez le Lemur tardigradus , il a une grosseur et une longueur égales au moins à celles de la verge. On doit considérer comme un rapprochement de cette forme le volume con-
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Abyssiniennes , les Négresses, et surtout les femmes desMandingos(4), auxquelles il n'est pas rare qu'on soit obligé d'en pratiquer l'amputation. C'est ici également qu'il (àut ranger son développement anormal chez les androgynes (§155,6°). 5° Enfin le clitoris devient encore semblable à la verge en ce qu'il émet l'urine au dehors , soit qu'il ait l'orifice de l'urètre à sa base , comme dans l'Agouti (5) , soit qu'il forme un demi-canal pour ce liquide , comme dans l'Autruche , le Casoar (6) et le Fourmilier (7) , soit qu'il renferme l'urètre dans
(1) Cuvier , Anat. comp., t. V, p. 126.
(2) Home, Lect. on compar. anat., Lond. 4823, in-4°, fig., t. III, p. 386.
(3) Blumenbach , Handbucli der vergleichenden Anatomie , p. 455.
(4) Home , loc. cit., t. III, p. 317.
(5) Cuvier , A.nat. comp., t. V. p. 129. (6)Ibid., t. V, p. 135.
(7)Meckel, DaitschesJrchiv fuer die Physiologie, l. V, p. 66.
son intérieur , comme chez le Maki et le Lori (1) , et comme on le voit aussi dans certains cas d'hermaphrodisme ( § 155 , 6°).
Les nymphes, ou petites lèvres, qui sont en quelque sorte la corolle des animaux , n'existent que chez un petit nombre de Mammifères ,tels que l'Eléphant , la Lionne et le Porc-épic (2); car on ne peut nullement leur comparer , comme l'a fait Home (3), les plis qui se voient sur les côtés de l'anus du Squalus acanthias. Ce sont des replis cutanés , renfermant un tissu spongieux , vasculeux et susceptible de turgescence, particularité en raison de laquelle Graaf les avait déjà comparées à des crêtes de coq (4). Leur partie supérieure naît en arrière des deux côtés de l'orifice de l'urètre , et s'étend en devant jusqu'au clitoris. Elles sont souvent très-développées chez les Africaines, au point de faire saillie entre les grandes lèvres, de prendre, sous l'influence de l'air , une apparence qui les rapproche davantage de la peau , et d'obliger d'en faire l'excision , comme on le pratique en Egypte par exemple. On observe aussi, chez les femmes d'Afrique, notamment celles des Boschismans , un prolongement de la peau , qui pend du mont de Vénus , renferme le clitoris et couvre la vulve ; ce prolongement a trois pouces de long, suivant Péron
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lui donne le nom de tablier. Lapeauqui le constitue est lâche, plissée , extensible , brunâtre , et forme un triangle , qui a dix-huit lignes de large et six d'épaisseur en haut , et qui se termine par le bas en deux jambages descendant le long du bord interne des grandes lèvres (7). Virey (8) le compare aux pétales surnuméraires des fleurs doubles (*).
(1) Cuvier, loc. cit., t. V, p. 130.
(2) Dict. des se. méd., t. XXXVI, p. 554.
(3) Loc cit. , t. m , p. 386.
(4) Loc. cit. , p. 187.
(5) Bulletin de la Soc. philomat., 92= cahier, p. 247.
(6) Meckel, loc. cit., t V, p. 161.
(7) Ibid., t. V, p. 153.
(8) Hist. nat. du genre humain, Paris 1825, t. I, p.'2£<5.
(*) Comparez Muller, dans Arcliiv fuer Anatomie , t. I, p. 309; et Otto, ibid. > t. II, p. 190.