IV. Glaires
On désigne vulgairement sous le nom de glaires, tes mucosités qui découlent des organes sexuels pendant le cours de l'accouchement. Leur écoulement est un des premiers phénomènes qui annoncent le travail. Quelquefois elles n'apparaissent qu'avec les contractions utérines; mais, dans la plupart des cas, elles les précèdent.
Divers auteurs ont fait dépendre cet écoulement de la transsudatiou du liquide amniotique à travers les membranes de l'œuf. Il est difficile de concevoir comment on a pu être amené à celte hypothèse; si elle était fondée, l'écoulement ne devrait apparaître que quand le travail a atteint son maximum d'intensité; il devrait être purement séreux, et se présenter sous forme de rosée, tandis qu'il consiste en un liquide épais et visqueux. Cet écoulement est dû à l'accroissement de la sécrétion folliculaire du col utérin et de la partie supérieure du vagin, sous l'influence du surcroît de vie et d'action que le début du travail communique à ces organes, et à la compression qu'éprouvent les follicules muqueux, de la part de la portion de 1 œuf qui s'engage à travers le col.
Dans le principe, les glaires sont incolores, épaisses,
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visqueuses, filantes eomme du blanc d'œuf ; elles adhèrent aux doigts quand on pratique le toucher. ÎMus tard elles perdent de leur transparence et acquièrent une teinte jaunâtre, rougeâtreou noirâtre, ce qui tient à la quantité et à la qualité de sang qui les colore. Ces gradations ressemblent assez bien à celles qu'éprouve la teinte des crachats expectorés dans certains cas de péripneumonie.
La coloration des glaires en rouge est produite par plusieurs causes La première dépend de la rupture des petits vaisseaux qui servent à établir une communication entre la membrane caduque et les parois de l'utérus près du col ; ces vaisseaux sont ténus, et ne contiennent que peu de sang, de sorte qu'en épanchant le liquide qu'ils renferment, ils ne peuvent guère qu'altérer la transparence des glaires. Plus tard , des vaisseaux d'un calibre très mince aussi , mais plus nombreux, se rompent dans l'épaisseur du col de l'utérus, qui cède difficilement à l'effort distensif. C'est alors qu'on remarque des stries sanguinolentes dans les mucosités. Quelquefois une véritable exhalation sanguine s'opère au col de l'utérus et au vagin, par suite de la surexcitation que le travail de l'enfantement y détermine; nous avons observé i\e^ femmes chez lesquelles le col laissait ainsi échapper le sang sous forme de rosée. Enfin il arrive, dans certains cas, que la coloration des mucosités est due au décollement partiel du placenta, et alors il n'y a pas seulement teinte rouge des mucosités, mais écoulement de sang , formation de caillots, ce qui constitue un commencement de perte ou d'hémorihagie.
Lorsque les mucosités sont teintes par du sang, le
vulgaire dit que les femmes marquent, et il pense que l'accouchement ne tardera pas à se terminer : ce signe a peu de valeur. Il y a des femmes qui marquent dès le début du travail, d'autres plusieurs jours , deux ou trois semaines avant d'accoucher, ce qui dépend souvent de l'insertion du placenta dans le voisinage du col ou sur le col même; il en est d'autres qui accouchent sans marquer. Nous croyons pouvoir dire que ce signe manque dans beaucoup de cas ; on ne l'observe guère que chez les primipares , ou chez les femmes dont le travail marche rapidement, ou quand le fœtus est très volumineux; dans les circonstances contraires, ordinairement il n'a point lieu.