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EXCÈS DE VOLUME DE LA TÊTE

De toutes les maladies dont le fœtus peut être attaqué pendant le cours de la vie intra-utérine, la plus grave est l'accumulation d'un liquide séreux dans l'intérieur du crâne, ou l'hydrocéphale. C'est par abus de mois que l'infiltration d'une sérosité pure ou sanguinolente dans le tissu cellulaire des tégumens crâniens a été également désignée sous ce nom, toutefois avec l'épithète d'externe ; elle tient le plus souvent à un état d'infiltration générale, qui cause la mort du fœtus à

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une époque plus ou moins éloignée du terme de la grossesse ; et jusqu'à présent , bien qu'on l'ait vue quelquefois accroître beaucoup l'épaisseur du cuir chevelu, on n'a jamais remarqué qu'elle rendît l'accouchement difficile.

L'hydrocéphale interne, ou proprement dite, est heureusement assez peu fréquente pour qu'au rapport de madame Lachapelle, on ne l'ait observée que quinze fois sur plus de quarante-trois mille accouchemens. Sous le point de vue des difficultés qu'elle peut apporter à la sortie du fœtus , on en distingue trois degrés.

1° La tête a peu grossi , et les sutures sont susceptibles de se rapprocher assez pour lui permettre de passer à travers la filière des organes génitaux.

1° Elle a acquis assez de volume pour qu'il ne lui soit pas possible de sortir; mais elle ne contient cependant qu'une médiocre quantité de liquide.

3° La sérosité qu'elle renferme est assez abondante pour rendre son volume hors de toutes proportions avec celles des détroits qu'elle doit franchir; mais les pièces osseuses qui la constituent sont si peu adhérentes qu'elles jouent pour ainsi dire les unes sur les autres.

A moins que le fœtus ne se présente par l'extrémité pelvienne, jamais un praticien exercé ne se méprendra sur l'existence de l'hydrocéphale. A la vérité, dans le cas même d'une présentation de la tête , on pourrait hésiter, si , comme il arrive souvent, après la rupture de la poche des eaux, on apercevait une seconde poche, c'est-à-dire une surface plus ou moins étendue, qui, dure et résistante pendant les douleurs, deviendrait molle et fluctuante après la cessation des contrac-

tions utérines; mais, en explorant cette surface avec le doigt , on constate la présence des fontanelles et des sutures , et l'on reconnaît que les premières ont une grande' largeur, que les secondes laissent, entre les pièces osseuses, un intervalle membraneux, compressible , dont l'étendue peut dépasser la largeur du doigt.

Si la tête du fœtus n'avait point acquis trop de volume, qu'elle fût molle et réductible, et que, les contractions utérines étant énergiques, on la vît se rapprocher de plus en plus du détroit inférieur, il faudrait se borner à favoriser la terminaison spontanée du travail par l'emploi des moyens convenables.

Si , au contraire , la tête était devenue assez grosse pour ne plus pouvoir franchir les détroits du bassin , il y aurait nécessité d'en diminuer le volume. Pour cela , il suffit de pratiquer une simple ponction avec un bistouri, un trois-quarts ou le premier instrument aigu qui tombe sous la main. Nous avons été plusieurs fois appelé dans des cas semblables, et toujours nous avons réussi par ce moyen.

Une femme était en travail depuis soixante-douze heures ; son accoucheur , ne sachant plus quel parti prendre , proposait l'application du forceps ; l'écoulement des eaux avait eu lieu depuis quarante-huit heures, et il s'était formé, disait -on, une seconde poche, qu'on avait essayé, mais en vain, de déchirer avec l'ongle. Nous reconnûmes aussitôt un cas d'hydrocéphale, et nous proposâmes de recourir à la ponction; mais cet avis effraya , et Ton voulut tenter d'abord l'emploi du forceps. Nous cédâmes, tout en prédisant que le volume de la tête produirait un écartement des

branches trop considérable pour permettre de la saisir, ce qui eut lieu en effet. Ayant la certitude de la mort du fœtus, d'après l'absence de ses mouvemens actifs et d'après la longue durée du travail , nous pratiquâmes la ponction : l'accouchement, se termina de lui-même après l'écoulement du liquide.

Un autre enfant hydrocéphale avait été amené par les pieds, sur lesquels on exerçait en vain des tractions. Nous fûmes appelé pour appliquer le forceps. Mais, en introduisant la main dans l'intérieur c^es organes, nous reconnûmes que la tête ne descendait pas , quoique le bassin offrît de bonnes proportions. La face du fœtus était plongée dans l'excavation et tourné evers la fosse iliaque gauche; l'occiput se trouvait encore au-dessus du détroit abdominal. Convaincu que l'obstacle qui s'opposait à la progression de la tête ne dépendait pas de ce détroit, puisque la base du crâne l'avait franchi, nous l'attribuâmes à l'exubérance de la partie supérieure. Nous portâmes le doigt vers la racine du nez , et, remarquant là un écartement des os, à travers lequel se faisait sentir une certaine fluctuation, nous conclûmes qu'il y avait hydrocéphale. On voulut encore appliquer le forceps, et deux fois on tenta d'entraîner la tête , mais tous les efforts furent inutiles. Alors nous introduisîmes un crochet aigu dans la fosse zygomatique du côté droit, et aussitôt il se fit un écoulement de liquide qui permit de dégager la tête. Malheureusement la mère fut prise d'accidens graves , auxquels elle succomba, et qui dépendaient, suivant toutes les apparences , d'une déchirure du col utérin produite par les tractions qu'on avait exercées sur l'enfant.

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ARTICLE IL

EICÈS DE VOLUME DU TIIORAX.

Les auteurs parlent d'hyelropisies de poitrine assez développées pour avoir mis obstacle à l'accouchement. Ce cas est fort rare. La difficulté d'introduire la main dans les organes, et de constater, à travers les interstices des côtes, un mouvement de fluctuation aussi vague que celui qui dépendrait d'une accumulation de sérosité dans la cavité thoracique , ferait qu'on serait réduit à établir son diagnostic par voie d'induction, à moins cependant que l'enfant ne se présentât par les pieds; car alors, en glissant la main le long des cuisses, on aurait la facilité d'explorer le tronc, et de s'assurer du lieu et de la nature de l'obstacle. L'hydrothorax s'annoncerait par l'ampleur insolite de la poitrine. Après l'avoir reconnue, il faudrait plonger un troisquarts dans un espace intercostal , puis placer deux doigts écartés sur les côtés de la plaie , pour comprimer la poitrine et favoriser 1 écoulemeut du liquide, précaution sans laquelle les parties molles de la mère, venant à s'appliquer immédiatement sur la surface du fœtus, pourraient boucher l'ouverture.

ARTICLE III

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