TUMEURS DÉVELOPPÉES SUR DIVERS POINTS DE LA SURFACE DU CORPS
Des obstacles à l'accouchement peuvent provenir de tumeurs développées à la surface du corps du fœtus. On a vu de ces tumeurs au sacrum, aux fesses, à la partie inférieure du dos, au périnée , au col, à la nuque, à l'apophyse mastoïde, à la clavicule. On en cite dont le volume égalait celui de la tête d'un enfant, et qui pesaient jusqu'à deux et trois livres. Les unes sont portées sur un pédicule et les autres reposent sur une large base; quelques unes sont lobulées; en un mot, elles varient a l'infini. Aucune règle générale ne peut être tracée à leur égard : la conduite à tenir varie
suivant les circonstances. Les tumeurs pédiculées se rompent quelquefois par l'effet des contraction:; utérines et des tractions qu'on exerce sur le fœtus, et celles qui n'ont pas trop de consistance s'affaissent parfois assez pour permettre à la nature d'achever seule le travail. Si elles s'opposaient à la sortie du fœtus, et qu'on pût agir surelles. il faudrait ou les enlever quand elles sont accessibles, ou les vider par la ponction lorsqu'elles contiennent un liquide. Malheureusement on ne les découvre guère que quand , le travail étant déjà fort avancé , il n'y a plus moyen de porter les instrumens sur elles , en sorte que, si elles ont beaucoup de volume, la mort de l'enfant est le résultat des lenteurs et des difficultés qu'elles apportent à sa sortie.
ARTICLE v.
MONSTRUOSITÉS PAR ACCOLLKMENT.
Les monstruosités par accollement sont les seules qui puissent offrir des particularités dignes d'intérêt sous le point de vue de l'accouchement. Tantôt il y a deux têtes pour un seul tronc, et tantôt une seule tête pour deux troncs séparés , ou réunis , soit par la face antérieure, soit par la face postérieure, ou l'une des parties latérales du corps. Très souvent l'accouchement a lieu de lui-même en pareil cas, ce qui ne doit point surprendre lorsqu'on réfléchit que la plupart de ces êtres monstrueux sont expulsés prématurément , à l'état de mort, ou même ayant déjà subi un commencement de putréfaction. Cependant des cas célèbres, comme ceux de Ritta-Christina et des jumeaux siamois, prouvent qu'ils peuvent venir au monde vivans et fournir ensuite une carrière plus ou moins longue.
Il n'y a point ici de règles à tracer. Si la nature ne peut suffire à débarrasser la mère, l'homme de l'art appelé au secours de cette dernière s'y prend du mieux qu'il peut, en se laissant guider par les circonstances. Le pi usou moins de facilité de l'accouchement dépend du rapport entre le volume du fœtus et les dimensions du bassin. Nous avons reçu un jour deux fœtus qui étaient réunis par la partie inférieure du tronc, et qui vinrent morts, à sept mois , se présentant par les fesses. Quand les deux troncs furent dégagés , l'une des têtes descendit dans l'excavation pelvienne, et l'autre vint immédiatement après. Nous avons présenté ce monstre à l'Académie royale de médecine. Il offrait des particularités très remarquables; les deux troncs n'avaient qu'un seul cœur, logé dans le corps gauche; l'autre corps n'avait qu'une cavité à laquelle arrivait le sang noir; il n'existait ni vessie, ni organes de la génération , et l'anus était imperforé.
Lorsque de semblables fœtus ont peu de volume , ils peuvent franchir sans obstacle la filière des organes génitaux; mais s'ils sont volumineux, on est obligé de les mutiler, car il serait insensé de recourir à une opération pour les sauver, au risque de faire périr la mère.